Magazine du Spectacle vivant ...

   

 

   

Les    Chroniques    de

  

14ème  Saison     Chroniques   14.51   à   14.55    Page  238

 

   

SYLVIE   VARTAN

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UNE PASSION

   

de & mise en scène  Delphine de Malherbe

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Petit Théâtre Marigny

Tel:  01 53 96 70 20 

 

  photo ©  Theothea.com 

   

La création au Petit Marigny de « Une Passion » est quasiment le fruit d’une oeuvre de commande puisque l’acceptation de Pierre Lescure s’est effectuée sur proposition de Delphine de Malherbe, autour d’un projet de spectacle inspiré par le Journal d’Anaïs Nin dont Evelyne Bouix serait sur scène, l’interprète.

A ce feu vert directorial, pouvait succéder le temps de l’écriture en charge d’extraire une substantifique moelle à partir de cette référence phare de la littérature, tout en projetant la scénographie sur un rôle féminin, d’emblée incarnée.

Dans cette perspective artistique, le comédien qui jouerait le personnage d’Henry Miller, sera choisi, a posteriori, sur des critères de conformité avec l’idée conjointe que les trois protagonistes initiaux auront pu se forger durant cette phase de conceptualisation.

Sans conteste, Laurent Grévill va s’avérer comme le partenaire fédérateur du point de vue relaté par Anaïs Nin, sur ses vingt années de passion épistolaire, partagée avec H. Miller.

Cependant sur les planches, la dramaturgie semble découper leur relation amoureuse au scalpel de séquences où la distanciation intellectuelle, pour ne pas dire cérébrale, va prendre le pas sur le vécu.

En quête de quintessence, l’auteur enferme dans le huis-clos de la fusion amoureuse, les motivations internes, voire antagonistes des deux amants.

S’il paraît cohérent de s’en remettre à la subjectivité légitime d’Anaïs Nin pour représenter, sur scène, le scénario crédible des apports mutuels à la plénitude plus ou moins contrariée de leur tandem amoureux, le portrait d’Henry Miller y apparaît davantage instrumentalisé pour la démonstration d’une thèse auto-émancipatrice que dans la complexité aventurière, le caractère bon vivant et jouisseur de cet écrivain hors normes.

Où est donc passé le chroniqueur, en butte avec l’idéologie américaine du modernisme triomphant, déversant son trop-plein d’énergie onirique et érotique sur la médiocrité contemporaine à travers ses « Tropiques du Cancer », le fameux « Colosse de Maroussi » ou autres « Sexus », « Nexus » & « Plexus »... ?

A quand donc, une véritable parité théâtrale entre Anaïs Nin et Henry Miller qui soit l’exaltation d’un combat pour un affranchissement de la vie, sans retenues ?

Theothea le 10/12/09

LA VIE PARISIENNE

de  Jacques Offenbach

mise en scène  Alain Sachs

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Théâtre Antoine

Tel:  01 42 08 77 71

 

  photo ©  Sébastien Delrue 

   

Entre l’arrêt prématuré de « Vie Privée » avec Anne Brochet et l’attente du retour triomphal après tournée de « César, Fanny, Marius » avec Francis Huster & Jacques Weber, le Théâtre Antoine opte pour un passage festif d’une année sur l’autre, en programmant « La Vie parisienne » repensée et conçue par Alain Sachs qui en propose une version d’école.

En effet, dans un clin d’œil aux sortilèges de la télé réalité, le metteur en scène introduit un casting de jeunes gens qui, en direct sur le plateau, vont prendre connaissance de la partition afin d’en répéter et façonner les quatre actes, en une parodie de joyeuse fortune.

Le plateau nu du Théâtre Antoine s’offre en décor de rusticité à une imagination d’amateurs d’Opéras-Bouffes qui ferait de l’initiation artistique, un délire fantasque où la discipline se conjuguerait avec tous les métiers de la scène.

Tout en voulant « s’en fourrer jusque-là » à l’instar du Baron de Gondemar (David Alexis) en séjour à Paris, les élèves de la Sachs-académie profitent des réjouissances qu’organise le vicomte Raoul de Gardefeu (Hervé Devolder) dans sa conquête amoureuse de La Baronne scandinave (Sarah Tullamore), pour faire preuve d’un savoir-faire à hauteur égale du faire savoir que le talent peut s’associer aux plus belles fêtes en trompe-l’œil, même si, à la clef des roublardises, se pavane une brillante compagnie d’invités factices.

Alain Sachs, en maître de la comédie fantasque, installe, donc, ses onze « personnages en quête d’apprentissage » sous les directives pirandelliennes d’un régisseur (Thomas Dalle) et d’une habilleuse (Noémie Delavennat) en charge de les mener à la révélation d’eux-mêmes et pourquoi pas au ravissement du spectateur ?

Theothea le 15/12/09

DESIRE

de  Sacha Guitry

mise en scène  Serge Lipszyc

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Théâtre de La Michodière

Tel: 01 47 42 95 22

 

  photo ©  Lot 

   

« Good bye Charlie » et donc, Bienvenue « Désiré » !…

L’une chassant l’autre à La Michodière, faute d’avoir pu rencontrer son public, la pièce de Sacha Guitry prenant le relais de Marie-Anne Chazel, en perspective des fêtes de fin d’année, impose d’emblée un style « chic » et « classieux », très ciblé « années cinquante ».

De plain-pied en maison bourgeoise et rien qu’au premier contact avec Madeleine, la femme de chambre (Marion Posta) et Adèle, la cuisinière (Alycia), le spectateur pressent qu’il va y passer une bonne soirée.

Tous croqués jusqu’à la plus signifiante caricature par un metteur en scène (Serge Lipszyc) soucieux du moindre détail comportemental, les sept personnages vont s’animer, tels les pantins d’une boîte à musique remontés sur ressort amoureux.

« Désiré… ou la comédie du désir… et de son refoulement » 

Voilà bien, tout un programme freudien dans la note d’intention que la direction d’acteurs va conforter dans un jeu subtil, rarement atteint par les aficionados de Guitry.

En effet, souvent copié dans ses outrances et ses arrogances spécifiques, le maître du vaudeville a souvent inspiré à ses émules, un mimétisme, quelque peu désuet.

A contrario, ici, Robin Renucci, davantage gentleman cambrioleur des sentiments que valet de chambre dans l’âme, va composer au mieux avec l’exaspération du désir.

Face à lui, Marianne Basler, la maîtresse de maison et conséquemment du ministre des P&T (Jean-Philippe Puymartin), est en proie avec des démons érotiques dont même, en songes, les convenances sociales ne pourraient assumer les troublantes et coupables attirances.

Un couple (Nathalie Krebs & Jean-Christophe Barc), handicapé au propre comme au figuré, viendra compléter ce tableau de mœurs flirtant jusqu’aux lisières de la transgression des bonnes manières.

Tout ce beau monde évolue dans un parfum d’érotisme latent, quasiment proustien, imprégnant les relations des protagonistes, selon des entrecroisements passionnels tacites et sous des avances masquées mais sans que les fantasmes puissent se satisfaire du moindre passage à l’acte.

Ce serait donc, dans un plébiscite non dissimulé, que les salves d’applaudissements pourraient saluer les acteurs, d’un nostalgique Good Bye «  Désiré » venu droit du chœur des spectateurs.

Theothea le 18/12/09

CHANTAL LADESOU  J'ai l'impression que je vous plais...

de  Chantal Ladeous

mise en scène  Xavier Brouard

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Petit Gymnase

Tel:    01 42 46 79 79

 

  photo affiche  DR.

   

Chantal Ladesou cartonne au Petit Gymnase avant que de rejoindre le Théâtre Rive Gauche en janvier 2010.

Ce passage d’un bord à l’autre de la « scène » sera son véritable baptême de one-woman-show, puisque remisée, depuis octobre, à « la cave » du grand Gymnase où elle est en rodage « full up », la comédienne s’y félicite, néanmoins, à voix haute, lors des rappels: « J’ai l’impression que je vous plais.... »

Ayant écumé les nombreuses salles de spectacle alentour, plus connues sous le nom de « Théâtres de Boulevard », la Ladesou se lance, donc actuellement, dans le stand up, en comique solo.

Véritable patrimoine national édifié grâce aux « Oscar », «  Ma femme est folle » et autres « Amazones » époques 1, 2 et 3, la vamp, toujours souple de l’échine, effectue le parcours inverse d’une Amanda Lear qui, elle concomitamment, débarque dans la « panique » orchestrée sur ce même boulevard.

En se croisant au carrefour du succès, l’une pique à l’autre et sans doute vice versa, ce mimétisme d’un démon de midi au féminin, qui donne, aux aficionados, la plaisante sensation atavique de ne pas se situer en « terrain vierge ».

D’ailleurs, revenant des grands magasins situés près de là, notre, marrie, Chantal y retourne sans cesse, en un sketch récurrent où elle épuise un style de parisienne excentrique sortie d’une bande dessinée à la Brétécher.

En pilote automatique, l’écriture semble la guider là où ses escarpins ne se prennent pas dans le tapis du n’importe quoi pourvu qu’il n’y ait rien d’autre à comprendre qu’une volonté d’exister, ici et maintenant, dans la séduction de l’(auto)dérision.

En effet, quoi de mieux, en sortie de crise, que de suivre Chantal Ladesou, de décembre 09 à janvier 10 et de droite à gauche, pour un pari à l’autre Paris, forcement gagné d’avance?

Theothea le 16/12/09

GREASE

de  Jim Jacobs & Warren Casey

mise en scène  Jeanne Deschaux & Olivier Benezech

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Palais des Congrès

Tel: 01 40 68 00 05

 

  photo ©  Theothea.com 

   

En passant du Théâtre Comédia au Palais des Congrès, la Comédie musicale « Grease » prend ses allures de fêtes de fin d’année 2009 alors que les vacances scolaires sont, bel et bien, dans toutes ces têtes d'ados des années cinquante, chantant et dansant sur l’immense scène parisienne, synchrones avec la « nostalge » d’aujourd’hui.

Temps libre, amourettes, découverte de soi, relation au groupe sont au programme d’un parcours initiatique que la rock music ponctue de ses assauts d’adrénaline, rouge boutonneux.

Âge tendre et tête de bois reviennent, donc, à la burger sauce « fifties » par la grande porte d’un music-hall, bigarré et kitsch à souhait.

En quadruplant l’accueil des spectateurs, cette reprise du spectacle, créé en 2008 dans sa version « live » francophone, offre l’opportunité festive de l’éternel retour sur une époque avec laquelle les moins de vingt ans ont l’agréable sensation d’être en résonance harmonique.

Cette empathie « revival » à l’égard d’un « American graffitti », de « La fureur de vivre » et autre « West side story », commune à toutes les tranches d’âge, fédère, ainsi, un enthousiasme spontané que la susceptibilité naïve des teen-agers, d’alors, réveille en bouffées de candeur, fort bienvenue en ces temps actuels si normatifs.

Ainsi, sur le registre d'une récurrence bénéfique, sollicitons la relecture de notre chronique 2008, en la dégustant comme un bonbon qui voudrait n’en jamais finir avec les délices acidulés et teintés au travers des bulles pétillantes d'un soda d'antan.

Theothea le 14/12/09

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