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18ème
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Chroniques 18.086
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LE SONGE D'UNE NUIT
D'ETE
de
William Shakespeare
mise en scène
Muriel Mayette
|
****
Comédie
Française
Tel
|
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photo © © Christophe Raynaud de
Lage
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prochainement
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LA VISITE DE LA VIEILLE
DAME
de
Friedrich Dürrenmatt
mise en scène
Christophe Lidon
|
****
Théâtre
du Vieux Colombier
Tel 01
44 39 87 00/ 01
|
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photo © Cosimo Mirco Magliocca
|
Qui penserait que la vraie motivation dune vieille dame puisse
être, au soir de sa vie, la volonté de vengeance, nourrie, sans
relâche, depuis que jeune fille de 17 ans, elle dut quitter le havre
de ses amours, congédiée enceinte, à la fois par son
fiancé et toute la communauté du bourg ?
Cest ainsi quà 62 ans, revenant sur les lieux de sa
répudiation, Claire Zahanassian arrive, au toupet, en gare de
Güllen, accueillie par lensemble des notabilités comme
une véritable impératrice annonciatrice de temps meilleurs
pour le village en pleine récession.
Ceci dit, cest en jouant délibérément cartes
sur table, que Claire (Danièle Lebrun) demblée posera
les termes de lenjeu, à prendre ou à laisser :
Le don dun « milliard » à se partager
a parité entre les institutions et la population, serait le prix pour
« acheter » la Justice et par voie de conséquence
la tête dAlfred (Samuel Labarthe) quelle avait tant
aimé
au point de vouloir le faire trucider quarante cinq
années plus tard.
Cela, néanmoins, nempêchera point les deux anciens
amants de revisiter les lieux du bonheur de leur jeunesse, en
sépanchant sur la nostalgie de ces moments heureux.
Par ailleurs, telle une main de fer dans un gant de velours, la vieille
Dame est aussi venue avec lidée de célébrer ses
énièmes noces nuptiales, avec son prétendant du moment,
qui garantiront ainsi une couleur festive, en toile de fond, à
lassassinat programmé de lhomme qui, jadis, a brisé
ses rêves.
La trame conductrice de cette tragi-comédie repose principalement
sur lévolution par étapes du revirement psychologique
des concitoyens, dabord totalement voués à la cause
dAlfred pour ensuite rejeter celle-ci radicalement en fin de processus
vénal.
Cette stratégie des alliances, se modifiant au prorata des
intérêts collectifs et individuels à moyen terme, se
constituera en paradigme de la fable de Friedrich Dürrenmatt que la
mise en scène de Christophe Lidon préférera, elle, assimiler
à un conte.
Évacuant ainsi la problématique de léthique
au profit dun esthétisme imaginaire, cette création au
Vieux-Colombier ne convainc quà moitié, en loccurrence
celle par laquelle le jeu des acteurs se marie au sein dun expressionnisme
emphatique en prise avec labsurdité comportementale.
En revanche lintensité dramatique nétant pas
relayée par une ambition civique et sociale, les tensions
émotionnelles et vitales se dissolvent nécessairement dans
une tonalité dindifférenciation.
Ce parti pris damoralité appliqué en prisme
scénographique par Christophe Lidon permet aux comédiens
du Français ( y compris les nouveaux pensionnaires Didier Sandre &
Pauline Méreuze ) détalonner leurs jeux sans
arrière-pensée inhibitrice de mauvaise conscience mais ôtent
quelque peu limpact didentification du spectateur en neutralisant
tout processus, pourtant sain, dantipathie.
Theothea le 04/03/14
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LA TRAHISON
D'EINSTEIN
de
Eric-Emmanuel Schmitt
mise en scène
Steve Suissa
|
****
Théâtre
Rive Gauche
Tel
01 43 35 32 31
|
Sil fallait appliquer la théorie de la relativité
au cas de conscience qui, durant la seconde guerre mondiale, sest peu
à peu emparé de lillustre physicien, ce serait sans doute
devenir adepte du cynisme éclairé prévoyant que
léquilibre de la terreur, à la suite dHiroshima
& Nagasaki, serait le modus vivendi planétaire de la seconde
moitié du Xxème siècle et peut-être du suivant.
Cependant à ce moment du nazisme triomphant, tel nétait
pas lenjeu immédiat pouvant alors se résumer à
- Qui de lAllemagne ou des USA serait à même de tirer
profit des découvertes sur luranium effectuées par le
scientifique Albert Einstein, paradoxalement « pacifiste »
avéré ? -
Cest à un véritable exercice platonicien que sest
livré Eric-Emmanuel Schmitt, en construisant ainsi une suite
dentretiens dialectiques entre le savant juif réfugié
politique sur les rives dun lac du New Jersey et un marginal
rencontré fortuitement avec lequel il lia confiance et amitié,
au fil du temps et de leurs discussions assidues.
Aussi, cette véritable torture morale qui consiste à observer
un système de valeurs se renverser en son contraire par la force des
évènements et des hommes les conduisant, constituera la
matière même de cette réflexion philosophique à
deux voix tentant lanalyse et la synthèse par affinités
et affectivité complémentaires.
Un troisième personnage, estampillé FBI, jouera auprès
de ce duo, lempêcheur de tourner en rond, essayant de découvrir
à quel niveau de traîtrise caractérisée pouvait
se situer le mystère entourant laura du grand homme universel.
En véritable cheville ouvrière du nouveau Théâtre
Rive Gauche dirigé par lauteur depuis quelques années,
Francis Huster y enchaîne les pièces à succès,
en composant donc présentement cette posture tourmentée du
découvreur de la formule e=MC2 !
Face à lui, Jean-Claude Dreyfus y incarne avec un plaisir non
dissimulé, une sorte de confident tout azimut, libre dans sa tête
et son art de vivre décalé.
La mise en scène de Steve Suissa, elle, balance à la
Gaîté, entre super production hollywoodienne et intimisme
écologique, sans que lon sache vraiment où devrait se
situer lentendement cohérent du spectateur.
Mais quimporte ces atours, puisque la problématique exposée
y est parfaitement explicite; à chacun donc den faire ou non
son agrément spéculatif.
Theothea le 20/02/14
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LES DIABLOGUES
de
Roland Dubillard
mise en scène
Anne Bourgeois
|
****
Théâtre
du Palais Rpyal
Tel
01 42 97 40 00
|
En reprenant la réalisation théâtrale de ces causeries,
dans le poste de radio, sous forme de feuilleton écrit au quotidien
dans les années cinquante par Roland Dubillard, Anne Bourgeois
débute un nouveau cycle de ces Diablogues avec Michel Galabru et Martin
Lamotte en tant que duo de référence pouvant se succéder
ultérieurement par dautres binômes tout aussi séduisants
à 19h00 au Théâtre du Palais Royal.
En ayant déjà créé une scénographie
fort réussie sept années auparavant avec François Morel
& Jacques Gamblin au Rond-Point, la metteuse en scène sappuie
cette fois-ci sur le concept de lecture-spectacle permettant plus aisément
le renouvellement des tandems de comédiens dans cet exercice se
rapprochant davantage du contexte radiophonique initial.
Chacun des deux partenaires face à un pupitre ou assis à
un bureau se trouve en situation vintage de chansonnier devant son micro;
ainsi celui-ci et celui-là peuvent-ils se donner la réplique,
en suivant du regard le texte conducteur, tout en pouvant à loisir
agrémenter de gestes emphatiques et dexpressions facétieuses
à légard du public venu se régaler de labsurde
décliné au mieux par ces deux têtes daffiche.
La recette est excellente; elle remplit la jauge des salles de
théâtre en appel du spectacle à 21h00. Présentement
au Palais Royal, il sagit de Joyeuses Pâques avec Roland Giraud
& Maaike Jansen sous mise en scène de Jean-Luc Moreau dont nous
pourrions rendre compte
En attendant Michel Galabru en smoking et Martin Lamotte idem mais lui,
ce soir là, le nud papillon dégrafé et la chemise
blanche déboutonnée, se mettent sur orbite, dès le lever
de rideau, avec un leitmotiv prise de tête au sujet dun
compte-gouttes qui, à bien y réfléchir, pourrait fort
bien constituer le spectacle à lui tout seul, tant sa portée
métaphysique restera insoluble jusquau bout du sketch
et ainsi de suite !
De digressions sous esprit descalier en mimiques à
sesclaffer au diapason des numéros dacteurs, le spectateur
ne voit pas le temps passer : Pour peu, il naurait décidément
quune envie: venir se rasseoir à la même place pour assister
au spectacle du soir !
Theothea le 21/02/14
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CROISIERE D'ENFER
de
Eric Carrière
mise en scène
Les Chevaliers du fiel
|
****
Théâtre
des Variétés
Tel
01 42 33 09 92
|
Si la croisière samuse tant, cest que les chevaliers
du fiel ont la faculté de mettre la pantomime au centre du délire
collectif.
Transformistes sans en revendiquer la spécificité, voilà
les deux compères prêts à en découdre avec la
distanciation idéologique de façon à rendre aux multiples
personnages quils interprètent durant cent minutes de
croisière « Claude François », la part
de vérité comportementale quil est nécessaire
dapprécier au énième degré de
lhumour.
Dans cette cabine 2 places, avec vue sur mer, surmontée dun
pont promenade, Martine & Christian, heureux gagnants dun jeu concours,
vont pouvoir sadonner au culte de lidole dAlexandra
Alexandrie
tout en touchant terre dEgypte plus radicalement que
prévu sur le dépliant touristique.
Du Capitaine aux murs incertaines au groom service sourd et muet
en passant par le plombier déjanté, ce sont sans doute la
belle-mère et la maîtresse rivalisant en quiproquos tueurs de
couple qui mèneront ce bal du boulevard à la sauce Titanic
aux confins dun village people global.
Au gré des mimiques et des costumes de travestissement
appropriés, la salle rit par convulsions continues aux répliques
tellement détournées du bon sens que celui-ci en deviendrait,
pour le moins, illégitime.
Bref, Francis Ginibre & Eric Carrière possèdent à
fond de commerce artistique, cet art alternatif de surjouer la mythomanie
sur le registre du souffre-douleur que cette croisière denfer
en deviendrait aisément le lupanar du spectacle vivant.
Autrement dit, ces deux comédiens ont, peu à peu, réussi
à se rendre indispensables à la scène théâtrale,
alors même quà lheure actuelle, lécriture
dEric Carrière na fait queffleurer le quatrième
fiel, celui qui se contenterait dun paradis sur mer !
Theothea le 19/02/14
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