A linstar de Dustin Hoffman dans Macadam Cow Boy, Cavale claudique
mais pour la junkie, dans sa chambre du Chelsea Hôtel à New
York City, le « garçon vacher », cest Slim
sur lequel elle vient de mettre le grappin afin den faire une star
du Rock ou plus exactement un Sauveur de lhumanité à
la mode des seventies, réactualisée au vingt & unième
siècle.
Le défi est particulièrement fantasque et, pour le
réaliser, Sam Sheppard et Patti Smith ont écrit à deux
mains cette « Gueule de cow boy » quils ne joueront
sur scène quune seule et unique fois !
Pour la muse des concerts pop generation, le modèle transcendantal,
cétait Mick Jagger symbolisant aisément ce fantasme
messianique mais qui, sans doute, en frôlant de si près la
mythification avait, peut-être, quelque peu brûlé les
ailes du désir !
Aussi, quand récemment Marie Barraud tombe sur ce texte en provenance
dun temps où le Flower Power sétait emparé
des esprits pour en façonner limaginaire psychédélique,
la comédienne comprend immédiatement quelle vient de
trouver son « Graal » mais il lui faudra pas moins de
cinq années pour parvenir à en réaliser le projet
théâtral.
Entre autres, il lui fallait se choisir un partenaire qui fût à
la hauteur dambitions idéologiques, musicales et physiques
adéquates avec lincarnation scénographique revival dont
précisément Cali allait savoir faire preuve, soir après
soir, sur les planches de la Gaîté-Montparnasse.
Le couple est totalement « raccord » et, pour peu,
semblerait sortir directement dun trip aphrodisiaque où la
pensée serait en orbite avec le cosmos.
A chaque instant, tout est possible mais tout pourrait, pareillement,
basculer de leffusion à la violence, de la méditation
des âmes à lexplosion des sens ainsi que de la
dénégation des valeurs à laffirmation du
Surhomme.
Les deux comédiens, autant impliqués dans leurs tripes que
dans leur cogito, vivent leur interprétation dans linstant
présent, en se regardant intensément, que ce soit à
la dérobée comme dans le fond des yeux.
Marie Barraud effectue un véritable numéro dactrice
passant par tous les états sensibles sans avoir à les composer
alors que Cali, très à lécoute du temps
théâtral, sinstalle dans son rôle de comédien
quil semble avoir toujours habité.
Une création essentielle de la saison en cours 2014-2015 qui
nécessiterait, à elle seule, le retour des Molières.
Theothea le 27/03/14