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HISTOIRES D'HOMMES
de
Xavier
DURRINGER
mise
en scène Christophe LUTHRINGER
|
****
Théâtre
du Lucernaire
Tel 01 45 44 57 34
|
Si la puissance dune dramaturgie pouvait sévaluer selon
la multiplicité de ses mises en scène potentielles, nul doute
que le texte de Xavier Durringer inspiré, en 2002, par un souhait
fort opportun de Judith Magre emportant, quatre années plus tard,
le Molière de la comédienne grâce à son
interprétation ingénieuse de toutes ces destinées
féminines, dabord en lutte avec elles-mêmes et, par ricochet,
avec leurs partenaires masculins, ce texte donc pourrait certainement servir
de valeur étalon appréciatif.
Ainsi, que La Femme soit multiple, quelle puisse être
conjuguée à travers ses variantes et que, par trois incarnations,
elle puisse être synthétisée en modèle éternel,
voilà une thématique relativement classique, mais en revanche
quun seul et même texte soit, à lui seul capable den
exprimer tous ces contrastes, subtilités et autres contradictions,
cela pourrait ressembler à un tour de force à laquelle la
musicalité ne serait pas forcément étrangère.
En effet, si en 2006, une contrebasse accompagnait de ses modulations
Judith Magre dans ces élans enthousiastes et contrariés sur
la scène de La Pépinière Opéra, en 2014 au
Théâtre de Poche Montparnasse et présentement cet
été, au Lucernaire, ce sont des chansons qui viennent ponctuer
les tentatives dapproche de cette problématique conjugale.
Cest bel et bien dans ces flux et reflux que le genre humain adapte
ses états dâme et cest pourquoi ce texte
« enchanté » nous parle dhistoires
dhommes qui, en fait, sont aussi celles de femmes et vice
versa!
Ainsi, elles sont donc trois jeunes comédiennes Magali Bros, Pauline
Devinat & Aude Kerivel à se glisser dans la scénographie
de Christophe Luthringer en pratiquant alternativement losmose et la
différenciation, le renoncement et lengouement mais toujours
en chur palpitant et donc très souvent, chantant.
Les voix, elles, se marient avec effusion et gaiement jusquau point
de se muer quasiment en comédie musicale, en certains moments de
grâce collective !
De ce texte où Judith Magre auparavant auscultait le rétroviseur
pour mieux comprendre ce quétait devenu ce personnage féminin
insaisissable toujours en devenir, elles font, à trois, une sorte
de terrain de jeu générationnel où notre époque
se manifeste en surf permanent sur la vie rêvée autant que sur
la désillusion.
Quil soit flottant ou en berne, cest en porte-drapeau dans
le vent que ces égéries hystérisent quelque peu le rapport
à lautre
se présentant, bien souvent, en miroir
caché de soi-même !
Cependant, d « histoires dHommes » à
« histoire dO », il ny aurait quun
pas, consonance oblige, cest peut-être celui-là
quà lavenir, il faudrait franchir, cest peut-être
celle-là quil faudrait désormais chanter
avec Durringer
!
Theothea le 27/07/14
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LE MONDE DU SEXE
d'après Henry Miller
mise en
scène Thierry Atlan
|
****
Théâtre
du Lucernaire
Tel 01 45 44 57 34
|
Serait-ce cette porte du « Paradis », entrouverte
au sommet de lescalier en colimaçon menant à cette
élégante petite salle éponyme sise dans les combles
du Lucernaire, qui autoriserait la transgression des tabous à labri
de toutes les conventions bien pensantes ?
Serait-ce laffiche du spectacle mis en scène par Thierry
Atlan, érotisée par un dessin de Rodin par lequel tous les
sens en émoi pourraient espérer quelques ouvertures
éclairées par tant de mystère enivrant ?
Serait-ce le texte dHenry Miller, écrit à Paris en
1940, qui parviendrait à justifier son point de vue philosophique
face au symbolisme du sexe, en justifiant à rebours, à la veille
de son retour à New York, la sensualité jugée
« obscène » de ses romans condamnés
outre-atlantique par la censure de lépoque ?
Cest dans ce contexte que Roger Miremont et Agathe de la Boulaye
se présentent, sous le coup de 21h, à ce rendez-vous estival
quotidien censé explorer la dynamique interne de notre univers ainsi
perçue par Henry.
Mais attention, ici dans ce pigeonnier parisien perché à
hauteur des toits du quartier Montparnasse tant prisé, avant guerre,
par lécrivain américain, point décarts
impudiques, point de postures voyeuristes, point de fantasmagories torrides
mais a contrario une grande sérénité dans la recherche
conceptuelle des tenants et aboutissants de la vie artistique, intellectuelle
et éthique, par lêtre humain en proie aux grandes
interrogations métaphysiques!
Dans cette quête existentielle, lhomme et la femme se
complètent en des points de vue modulables tendant à
labstraction jusquà pratiquer lart du taôisme
à vue, en guise de pratique concrète illustrative.
Du couple de comédiens aux spectateurs, ladaptation
rétro(active) de Thierry Atlan permet de faire circuler des vibrations
vintage incitant à une rêverie éveillée sur la
créativité en tant quemblème dun monde où
le sexe serait à lorigine de toutes motivations humaines.
Au demeurant, cest avec respect et grande attention que le spectateur
entre en lévitation conjointe au-dessus des contingences prosaïques
pour assumer, avec Roger et Agathe, cette
« tension magnétique » conditionnant lensemble
de nos pensées, de nos actes, bref de notre vie.
Theothea le 27/07/14
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LUCRECE BORGIA de
jour
d'après Victor
Hugo
mise en
scène David Bobée
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****
Château
de Grignan
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LUCRECE
BORGIA de nuit
d'après Victor
Hugo
mise en
scène David Bobée
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****
Château
de Grignan
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Partir à Grignan avec l'idée de voir Béatrice Dalle
incarner une Lucrèce Borgia démoniaque grâce à
son tempérament de feu, c'est d'abord suivre une intuition artistique,
c'est aussi se recommander des commentaires critiques rédigés
à la suite des premières représentations.
Force est néanmoins d'observer que lors de la 26ème
programmée début août 14, son interprétation de
la célèbre empoisonneuse machiavélique est beaucoup
plus marquée par l'affliction d'une mère terrorisée
par la destinée de son fils en pleine rébellion et que, selon
ce parti pris, la comédienne apparaît davantage en « mater
dolorosa » qu'en tyran assoiffé de meurtres, fût-elle en
jupons, dissimulée sous sa très stricte robe noire de
tragédie monstrueuse.
C'est donc ainsi que la virtuelle carnassière geint de douleurs
tout au long d'un véritable chemin de croix qu'elle pratique souvent
à genoux, implorant les voix de la rédemption pour sauvegarder
ce qui lui reste de plus cher, à savoir le fruit de ses entrailles,
d'autant plus qu'il est illégitime et même incestueux.
Sous la direction sensitive de son metteur en scène, l'énergie
spontanée de Béatrice semble alors se diluer quelque peu en
une acceptation disciplinaire à cette direction d'actrice
personnalisée, teintée d'une éventuelle lassitude qui
prendrait peu à peu conscience de n'avoir pas nécessairement
hérité du plus « beau rôle » objectif de cette
création.
Car, il faut le dire, ce spectacle de David Bobée est, avant tout,
un véritable show en sons et lumières au pied de la façade
du splendide château de Grignan et, ainsi, toute l'équipe de
jeunes interprètes s'adonne à une surenchère savoureuse
d'invectives hugoliennes psalmodiées, de danses de rue, de performances
délirantes au sein d'un espace aquatique modulable sous pontons
vénitiens à ravir « ORGIA » !
Çà éclabousse à tout-va, avec un entrain
joyeux tentant d'épargner, au passage, le premier de rang de spectateurs
réunis côte à côte en gradins dans un
amphithéâtre provisoire relativement exigu, au vu du plan d'eau
scénographique et surtout des dimensions respectables de ce magnifique
château Renaissance en pleines fêtes nocturnes.
Ainsi, la jauge affiche systématiquement complet à toutes
les représentations, confirmant que l'association d'un metteur en
scène renommé, d'une tête d'affiche cinématographique
consacrée bien que débutant sur les planches et d'une troupe
survitaminée aux multiples savoir-faire est en mesure de
fédérer l'ensemble des publics venant, chaque soir, de toute
la France en vacances.
Avec leur expérience d'artistes aguerris, Catherine Dewitt (La
Negroni) et Alain d'Haeyer (Don Alfonse d'Este) emmènent ce bal
d'emblée démasqué par l'énergie d'une jeunesse
irradiante à la vitesse de l'éclair que les langoureuses
compositions musicales de Butch McKay viennent zébrer d'abîme
sidérale.
Constituant, sans l'ombre d'un doute, un réel marche- pied de
notoriété pour beaucoup d'entre eux, à commencer par
Pierre Cartonnet interprétant Gennaro ou encore Radouan Leflahi pour
Jeppo, ce spectacle vivant est en soi une véritable réussite
qui devra s'adapter, au mieux, en trouvant d'autres repères
spatio-temporels au sein des salles artistiques closes, durant la prochaine
tournée hexagonale s'annonçant conséquente en dates.
Theothea le 10/08/14
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