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19ème
Saison
Chroniques 19.01
à
19.05 Page
357
ci-dessous Photos & vidéo
répétitions LE BAL DES
VAMPIRES
photo © Theothea.com /
répétitions LE BAL DES VAMPIRES
photo © Theothea.com /
répétitions LE BAL DES VAMPIRES
photo © Theothea.com / répétitions LE BAL DES VAMPIRES
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TRAHISONS
de
Harold
Pinter
mise en scène
Frédéric
Bélier-Garcia
|
****
Théâtre
du Vieux-Colombier
Tel
01
44 39 87
00
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photo © Cosimo Mirco Magliocca / collection
Comédie-Française
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Il y aurait quelque chose de Rohmer & de Truffaut dans ces Trahisons
projetées, en profondeur de champ scénographique depuis la
chambre noire du public, sur le plateau du Vieux-Colombier.
Jouant avec les rideaux de scène, à la manière
dobturateurs photogéniques, le diaphragme sajuste en faisant
le point du cadrage introduisant chaque nouvelle séquence à
rebours chronologique.
Il y aurait du « Jules et Jim » revisité
façon « Contes des quatre saisons »
de lAmour bien entendu mais tout autant de lAmitié, sentiments
qui vont se confondre allègrement dans des malentendus successifs
à remonter le temps contre lui-même dans les ravages que celui-ci
peut engendrer à linsu du plein gré des protagonistes:
En effet, Léonie Simaga, Laurent Stocker et Denis Podalydès
sont embarqués à reculons, dans une histoire, celle de leurs
personnages dapparence ironiquement vaudevillesque, à savoir
la maîtresse, lamant et le mari, alors même que
linquiétude, les non-dits et le désarroi vont sinviter
au rythme inverse de ce quils ont vécu contradictoirement mais
passionnément, tous trois ensemble.
Ainsi, du crépuscule des seventies jusquau début des
sixties, cest une lente descente en apnée vers livresse
des profondeurs libidinales quils vont effectuer en neuf paliers de
récupération et despoir qui, précisément
à chaque fois, les happeront vers la séquence
précédente, toujours plus heureuse que celle en cours.
Ainsi, le bonheur serait toujours à rechercher dans les origines
du commencement, là où la véracité, la
spontanéité, linnocence des sentiments prévalent
à tous les calculs avant que ne se dégrade, immanquablement,
laimantation polyvalente entre les êtres attirés, malgré
eux, par le doute et la lassitude veillant en embuscade.
La mise en scène, délicieusement tactile, de
Frédéric Bélier-Garcia épouse ces méandres
à venir en les retro-projetant dans un passé, sans cesse
immédiat, celui que Harold Pinter dépeint avec la nostalgie
non feinte du réalisme affectif.
Ensuite, cest la subtile direction actoriale qui accrochera
linterprétation à des moments de grâce en suspension,
ceux dont il naurait jamais fallu cesser de vouloir le meilleur de
la pulsion amoureuse.
Theothea le 25/09/14
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photo © Cosimo
Mirco Magliocca / collection Comédie-Française
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TARTUFFE
de Molière
mise
en scène Galin
Stoev
|
****
Comédie Française
Tel
08
25 10 16 80 (0,15e/m)
|
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photo © Christophe Raynaud de Lage
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Alors que sur le trombinoscope actualisé de la troupe, Muriel Mayette
la 477ème sociétaire de La Comédie Française
y apparaît en compagnie dune poupée de chiffon cajolée
« bouche cousue », débute salle Richelieu le
« Tartuffe » de Galin Stoev, première création,
sous lère du nouvel administrateur Eric Ruf, nécessairement
programmée par sa prédécesseure !
Cest donc la continuité artistique dans sa splendeur classieuse
qui prévaut, en cette rentrée 14-15 au Français, avec
tout le tact qui sied aux familles de bon aloi.
A ceci près que le metteur en scène bulgare a
délibérement ciblé la famille dOrgon comme étant
le véritable champ de bataille originel, peut-être
métaphorique, des infortunes dont, précisément, celle-ci
va être la victime théâtralisée.
Bien sûr, là comme ailleurs, Tartuffe ce dévot
jusquau-boutiste ny est point un personnage modèle ni
donc recommandable, il nempêche que cest bien la
naïveté, la fatuité, la mégalomanie dOrgon
qui vont susciter lopportunité des vilenies dont Tartuffe profitera,
au mieux de ses intérêts, sans avoir à forcer ses scrupules
!
Ainsi, cette mise en perspective collective où le pater familias
Orgon et sa mère Madame Pernelle sont les artisans objectifs
derreurs dappréciations sur les déviances patentes
de la nature humaine, est fort intéressante car elles font du fameux
imposteur habituellement caricaturé, davantage un fantoche voire
même une création ex nihilo qui concentrerait, à elle
seule, tout le mal de la société alors que cest cette
dernière qui se laurait forgé contre elle-même
par manque de clairvoyance !
De là à dire quil pourrait y avoir de la pédagogie
subliminale dans lair, nous noserions franchir le pas dune
telle observation mais néanmoins lagencement scénographique
sur plusieurs plans, alors que la mauvaise conscience y apparaît en
miroir dune vacuité générale, est comme la
signification donnée par Galin Stoev de responsabilités mal
assumées en raison dun climat de confiance bafouée voire
usurpée.
Cette dialectique du double semparant du partenaire pour tenter
de le retourner en son contraire va constituer le miel du duo Didier Sandre
- Michel Vuillermoz qui, en contrepartie, sera régalé par un
superbe essaim de comédiennes en plein jeu dinfluences
contradictoires, Claude Mathieu, Cécile Brune, Elsa Lepoivre et Anna
Cervinka.
Oui, décidément, nous apprécions cette mise en
scène à sa haute valeur pertinente car, fort des distorsions
dune « réalité » se dédoublant
en des diablotins projetés, ce Tartuffe ne saurait, en aucun cas,
être manichéen !
Theothea le 27/09/14
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photo © Christophe Raynaud de Lage
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INTERIEUR
de Maurice Maeterlinck
mise en scène
Claude Régy
|
****
Théâtre
MCJP
Tel Festival d'automne 01
53 45 17 17
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photo Shizuoka, juin 2013© Koichi Mura
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De la dualité psychique inconscient / conscient Maeterlinck a
conçu le projet formel d Intérieur / Extérieur
dont Claude Regy sest emparé pour construire sa structure
théâtrale réalisée en dégradé de
lumière.
Au centre du halo règne donc létat de méconnaissance
et à sa périphérie, cest, bien au contraire, le
savoir qui motive laspiration à passer de lautre
côté de la virtualité lumineuse !
En effet, ces deux pôles, réunis par labstraction de
la pensée, celle qui sait, lautre qui ne connaît pas
« La Nouvelle », vont servir de cadre à un
étrange ballet alternatif où lart cinétique,
poussé à lextrême de son ralenti, dessinera dans
lespace un au-delà du contingent !
Telle une marche lunaire orchestrée par lapesanteur
sidérale, ce tango de la lenteur, initié dès
lentrée du premier personnage, perdurera jusquà
la phase ultime de la représentation, à peine troublée
quelques secondes en fin de parcours initiatique par une course poursuite
dégagée immédiatement hors champ !
Commentée voire murmurée en japonais par lun des
récitants, lhistoire de lenfant qui dort sur le plateau,
à poings fermés, pendant que les membres de sa famille ne cessent
de sinterroger sur les tenants et aboutissants de leurs propres
comportements et alors que, hors les murs, lautre groupe sagite
dans des allers-retours indécis mais persistants, cette histoire donc
na pas dautre issue que dêtre métaphorique
dun savoir des limites sans cesse repoussées ou déjà
dépassées de lExistence ( humaine ) !
Bien sûr, sa traduction apparaît en langue française
sous forme daffichage discret, mais Claude Regy aurait
préféré que ces sous-titres soient abandonnés
à limagination et à la compréhension intuitive
des spectateurs, par ailleurs très respectueux des consignes
recommandées dès lentrée dans la salle de la
MCJP.
Au demeurant, cette représentation procure une indéfinissable
sensation dapaisement et de sérénité pouvant
paradoxalement mener à un manque dénergie pour applaudir
des acteurs concentrés, durant une heure et demie, sur
lautocontrôle de toutes leurs fonctions mobiles, gestuelles et
nécessairement psychiques.
Au fronton du Festival dautomne 14, ce superbe spectacle de Claude
Regy à nul autre pareil !
Theothea le 02/10/14
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photo Shizuoka, juin 2013© Koichi
Mura
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LA MOUETTE
de Anton Tchekhov
mise en scène
Frédéric
Bélier-Garcia
|
****
Théâtre
des Amandiers
Tel
01
46 14 70 00
|
En confiant le rôle dArkadina à sa propre mère,
Frédéric Bélier-Garcia a choisi
délibérément de poser lenjeu de sa mise en scène
dans une perspective générationnelle.
A linstar de la légendaire jeunesse de 68 qui, au fur et
à mesure des étapes de sa maturité, aura eu les pires
difficultés à faire de la place à ses successeurs, le
metteur en scène développe, ici, la thématique dun
égocentrisme parental quil est pertinent de superposer au
mal-être généralisé se dégageant du texte
de Tchekhov.
Toutefois, loin dun règlement de compte privé entre
mère et fils se reprochant de ne pas avoir su être à
lécoute lun de lautre, cest au contraire en
sappuyant sur le savoir-faire artistique de Nicole que Frédéric
lui demande de composer ce personnage maternel envahi par une ambition
professionnelle dévorante dactrice.
Tout à son art, la comédienne met donc un point dhonneur
à se mettre à la hauteur de ce quattend son metteur en
scène de fils pour le rôle dArkadina, mais il est à
noter que, précisément en cette phase, Nicole met, de facto
entre parenthèses, son propre talent de metteuse en scène.
Voici donc en quelque sorte lenjeu générationnel induit
par Tchekhov, synthétisé en un rôle emblématique
dactrice soucieuse de sa carrière et par conséquent,
la mise en veille des compétences de Nicole Garcia en tant que
réalisatrice, va faire exemple et inciter subtilement toute
léquipe à saligner sur lhumilité totale
quil sied pour interpréter lensemble des personnages de
La Mouette.
Cest, intuitivement, ce qui se dégage de cette direction
dacteurs respirant latmosphère tchekhovienne dans une
sorte datavisme encore plus vrai que nature.
Dailleurs Michel Hermon, interprétant le personnage de Sorine
devenu âgé et handicapé, se trouve dans une posture quasiment
similaire puisque, lui aussi, doit faire, présentement, totalement
abstraction de son aura avérée de metteur en scène.
Ainsi, à légard de Sa Mouette, Frédéric
Bélier-Garcia a, effectivement, opté pour un
« vécu relationnel objectif » avec la chose
artistique.
Grâce à cette ligne directrice métaphorique, sa
créativité lui permet de diriger ses comédiens là
où il est dur de faire abnégation de ses propres aspirations,
là où linsatisfaction de son sort personnel est à
mettre en balance avec celui de ses partenaires, là où enfin
il est héroïque de se résigner à renoncer.
Theothea le 05/10/14
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DEUX HOMMES TOUT NUS
de Sébastien
Thiéry
mise en scène
Ladislas Chollat
|
****
Théâtre de
La Madeleine
Tel
01
42 65 07 09
|
En véritable successeur de Michel Serrault, François
Berléand est en train doccuper lespace laissé vacant
par le sublime interprète de « La cage aux folles ».
Il faut dire que Sébastien Thiéry qui, lui, nous a
habitués à lâcher les chevaux du rationnel afin de permettre
à labsurde de galoper de tout son saoul dans les chausse-trappes
du réalisme formaté, pousse présentement le bouchon
fantasmatique de la sexualité, tellement hors des convenances, que
Berléand na plus quà endosser la toge romaine pour
faire penser que le « Roi est nu ! »
Il suffira alors à Isabelle Gélinas et à Marie Parouty
dadopter, dans leurs fonctions respectives dépouse et
de maîtresse, les postures outrées de celles qui ne veulent
pas être prises pour des « billes », pour que,
par contraste, linterprétation nécessairement
« schizophrénique » de Sébastien Thiéry
devienne à son tour emblématique ! .
Comment en effet, lauteur a-t-il pu sécrire
délibérément un rôle de « Tête
de Turc » qui, du début à la fin de la pièce,
ne comprend rien à ce qui lui arrive ?
Cette « coucherie de con » pour parodier un autre
dîner célèbre autorisera tous les débordements,
tous les écarts, tous les sauts de côté que
limaginaire libidinal est en mesure dinventer, au prorata de
la libération des moeurs que lépoque ne cesse de
secréter !
Sébastien lauteur ne cesse alors de flirter avec les multiples
lignes jaunes balisant ce que lhumour du moment est apte à assumer
à laune des critères du bon goût, lui-même
toujours en évolution alors que Sébastien lacteur, lui,
se forge une tête dahuri de service qui ne sait quel record de
transgression, il va être contraint de franchir à la séquence
suivante.
Bref, ce duo Berléand - Thiéry atteint demblée
le pinacle de ces moments danthologie dont le spectacle vivant est
si friand en contribuant ainsi au patrimoine vaudevillesque tellement bien
français !
Que la pérennité du couple hétéro traditionnel
puisse être ébranlée par des fulgurances trahissant
lengagement de ne jamais se mentir est déjà en soi une
entorse au contrat de confiance, mais que dun quatuor (composé
sur les bases du trio mari-épouse-amant
« amélioré » ) puisse surgir un
pataquès dont personne ne détient la clef, cest bel et
bien un cataclysme psychique généralisé auquel nous
convie le metteur en scène Ladislas Chollat qui, fort heureusement,
nous en ouvre demblée des perspectives scénographiques
oniriques !
Une pièce dont on ne peut sortir indemne, à moins de la
prendre au premier degré; ce qui est franchement hors datteinte
!
Theothea le 5 oct 14
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