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19ème
Saison
Chroniques 19.31
à
19.35 Page
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BOLLYWOOD
Express
du 27 au 30 novembre 14
|
****
Palais des
Congrès
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photo © Theothea.com
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MISTINGUETT
de
Jacques
Pessis
mise en scène
François Chouquet
|
****
Casino de
Paris
Tel 01 49
95 22 22
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Quelle belle époque que la nôtre !.. En effet, à
lapproche des fêtes de fin dannée, face au Square
de La Trinité voilà, à sa droite, la rue Blanche avec
Isabelle Adjani rayonnante en son bain de jouvence au Théâtre
de Paris et voici, à sa gauche, la rue de Clichy avec Carmen Maria
Vega, endiablée en son interprétation dune Mistinguett
revival au Casino de Paris !
Incontournables, les deux stars daujourdhui et forcément
de demain, se renvoient virtuellement la réplique par-delà
léglise éponyme qui a vu naître, également
à la légende de son square, soixante années auparavant,
celle des vieilles canailles jouant déjà aux idoles à
savoir Johnny Hallyday, Eddy Mitchell & Jacques Dutronc !
Que du beau monde en cours de « mythification
décalée » auquel, précisément, Jeanne
Bourgeois aurait pu donner le coup denvoi à lorée
des « années folles » en compagnie de Maurice
Chevalier, sous son nom de scène définitif
« Mistinguett » et dont, dernière en date, la
fameuse Carmen Maria Vega reprend actuellement au Casino de Paris le flambeau
de la première meneuse de revue au monde, cette Miss Tinguett ayant
suscité par ricochets lavènement des shows de Broadway
!
Dix années de folie entre 1920 et 1930 qui donneront ses lettres
de noblesse au Music Hall moderne et inscriront en lettres de feu au fronton
de la célèbre institution parisienne, maintes fois
ressuscitée de ses aléas financiers voire de ses cendres et
aussi dun bombardement destructeur, cette volonté perspicace
den descendre le grand escalier sous les vivats en étincelante
compagnie parée de plumes, strass et autres dorures !
En cette fin dannée 2014, voici donc revenu le temps des
fastes réjouissants sous la détermination du producteur Albert
Cohen, multirécidiviste en comédies musicales à succès
mais aussi soucieux de supplanter définitivement la fatalité
accidentelle survenue pour 1789 au Palais des Sports.
Jacques Pessis, aux commandes du livret, se pose en garant dune
reconstitution souriante à laide de bons mots et autres
croustillantes anecdotes signifiantes.
Un trio de compositeurs émérites, Jean-Pierre Pilot, William
Rousseau & Vincent Baguian, signe des textes, des rythmes, des mélodies
entrant en adéquation aux charismes de la formidable troupe de
danseurs-chanteurs sélectionnés sur casting ciblant le meilleur
afin de porter haut et fort le caractère forgé hors du commun
et néanmoins classieux de Mistinguett !
Carmen Maria Vega sest donc imposée à
lévidence après une recherche tout azimut, tant par son
énergie que par sa polyvalence artistique talentueuse, notamment en
matière de comédie !
Une bombe que cette jeune femme à la carrière artistique
déjà affirmée et demeurant saltimbanque en lâme
! Un trésor pour son producteur la voyant prendre sa place au sommet
de laffiche tel un oiseau de la lignée des déesses battant
des ailes à ravir, celles du désir du public face à
lenvol vers la renommée !
Ce spectacle, prolongé actuellement sur le premier semestre 2015
au Casino de Paris, partira ensuite pour une tournée des Zénith
et devrait aussi donner lieu ultérieurement à un film
dédié !
Theothea le 30/10/14
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LA MOUETTE
de
Anton
Tchekhov
mise
en scène
Yann-Joël
Collin
|
****
Théâtre
d'Ivry
Tel 01 43 90 11 11
|
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photo © Christian Berthelot
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Question de Perspective :
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L'INATTENDU
de Fabrice Melquiot
mise
en scène
Arnaud Benaiche
|
****
Théâtre
Douze
Tel 01 44 75 60 31
|
Au Théâtre Douze, dans une belle salle en sous-sol, la solitude
vécue par une femme en deuil s'invite sur la scène pendant
1 heure 15. L'amant de Liane est mort une nuit sur le fleuve, noyé
? Elle vit, désormais, terrée dans sa maison.
Pieds nus, une femme repasse des chemises d'homme, elle les plie
méticuleusement, quand la lumière s'éteint, elle s'approche,
à pas feutrés, vers une chaise, s'empare d'un manteau et amorce
une danse en fredonnant une rengaine, elle valse avec un compagnon fantôme,
Elle fait corps avec ce manteau, l'enlasse, s'y blottit, comme si elle sentait
la peau de l'absent. Elle le renifle comme un animal, "mon tigre" dira-elle
souvent au cours de ce monologue-dialogue. Car elle va entamer un manifeste
verbal avec celui qui l'a abandonnée.
Au gré de flacons de verre qu'elle respire comme des fleurs et
qu'elle dépose délicatement sur les branches d'un arbre mort,
elle égrène des souvenirs de lui, d'elle et de lui. A une couleur,
bleu, gris, rouge, surgit une émotion (soulignons ici la beauté
de ces flacons, pièces uniques du souffleur de verre Stéphane
Rivoal), huit couleurs, huit tableaux dans lesquels les sentiments se bousculent,
elle passe de la tendresse au rudoiement, se roule au sol, se calme puis
lance une diatribe, s'emporte de manière irascible contre l'injustice
du monde, se livre à une guerre intérieure qui répond
à celle que mènent les miliciens à l'extérieur.
Aux coups de fusils et au grondement tumultueux du fleuve résonnent
ses éclats de voix brisés par la douleur.
À eux deux, lui, le Noir, et elle, la Blanche, ils avaient su
se protéger, s'isoler en se coupant d'un monde raciste "dehors c'est
bien crade" où la milice impose le règne de la peur. En affrontant
le vide de l'absence, Liane sera tantôt désemparée,
tantôt en colère. Elle allumera une bougie pour marquer la
première année de deuil, s'aspergera fréquemment des
parfums des flacons qui lui permettront, au fur et à mesure, de surmonter
le doute et l'angoisse. Au bout de 5 ans, valise en main, elle sortira pour
s'apercevoir que le pont qui menait à sa maison est détruit.
Un milicien lui proposera de traverser la rivière. En suivant le cours
du fleuve qui avait emporté son amant, elle renaît et se
réconcilie avec la vie. Au final, ce sont ses chemisiers qu'elle repasse
et non plus les chemises d'un homme disparu dont elle attendait le retour.
Dans une mise en scène épurée d'Arnaud Beunaiche,
la comédienne Lucilla Sebastiani tisse la toile d'un monologue
bouleversant. D'une voix douce, parfois presque inaudible car contenue ou
étouffée, elle casse la linéarité du ton en proie
à une rage soudaine "c'est quoi cette histoire de garçon boucher,
j'ai horreur de la viande !" crie-t-elle fougueusement, "fais pas ton malin
!" vocifère-t-elle, pleine d'amertume. Propos murmurés ou
envolées lyriques modulent ses états d'âme, soulignés
par des notes de piano lancinantes renforçant son déchirement
et sa douleur.
Fabrice Melquiot joue sur la parole comme moyen de s'adresser à
l'autre. Pièce monologue, elle est en fait un dialogue avec l'homme
absent-présent donc avec le spectateur. L'auteur en destructure
l'énonciation pour mieux illustrer le chaos interne de Liane
submergée dans un espace extérieur fait de bruit et de
fureur.
CatS / Theothea.com le 05/12/14
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LOVE PROJECT
Musique Lewis Furey
de & mise
en scène Carole
Laure
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****
Forum des
Images |
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Dans le cadre de la 18ème édition du Cinéma du
Québec à Paris, Carole Laure, qui en est la Présidente
d'honneur, a présenté, en ouverture de cette semaine de festival
qui s'est déroulée du 21 au 26 novembre au Forum des images
aux Halles, son 4ème film avec de jeunes artistes "Love projet".
Cette nouvelle édition se place sous le signe de la jeunesse dont
chaque cinéaste fait un portrait singulier à travers quatorze
longs et huit courts métrages.
En Première internationale, "Love projet" était rediffusé
le 25 novembre, séance précédée par une Leçon
de musique en présence de la réalisatrice et celle de Lewis
Furey qui a composé la musique de son film.
Pendant une heure et demie, ils ont rendu compte avec simplicité
et chaleur de leur travail en commun. Leur fils Tomas, comédien et
musicien, jouant dans son film, était aussi présent.
/...
La complicité de Carole Laure et de Lewis Furey remonte à
près de quarante ans. Ils se sont rencontrés en 1976 sur un
film de Gilles Carle dont elle est l'égérie, "la tête
de Normande St-Onge" pour lequel il compose la musique. L'année suivante,
L. Furey tient son 1er rôle sous la direction de Gilles Carle dans
"l'ange et la femme" dont il compose également la musique. Ils se
retrouvent tous les deux dans le 6ème film de Gilles Carle, "Fantastica",
comédie musicale dont L. Furey a écrit la trame sonore et,
enfin, dans le 7ème et dernier film du cinéaste
québécois "Maria Chapdelaine".
Indissociables, Carole Laure, également chanteuse, est devenue
sa muse. Il compose et devient arrangeur de ses albums. Citons "western shadows",
album country, musique qu'elle nous dit adorer ou "sentiments naturels".
En 1985, Lewis Furey réalise son 1er film "Night magic", comédie
musicale co-écrite avec Léonard Cohen et dans lequel elle
joue.
Ils ont aussi, ensemble, accompli un certain nombre de spectacles musicaux.
Richesse d'une collaboration prolifique qui, aujourd'hui, aboutit au 4ème
film de Carole Laure - les 3 précédents étant "Les fils
de Marie" - "CQ2" - "La capture". /...
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photo ©
Theothea.com
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Dans tous ses films, le langage des corps à une importance primordiale.
Dans ce dernier, elle s'attache à une petite troupe de jeunes adultes
d'âge moyen 25-30 ans qui, sous la houlette d'une metteuse en scène,
vont pouvoir s'exprimer par la danse, le chant et diverses techniques
corporelles. Elle va cependant opposer le cocon artistique dans lequel ils
baignent quand ils répètent la nouvelle création de
la meneuse de revue portant fine moustache Touga (Céline Bonnier)
et leur vie extérieure souvent compliquée et parfois dure à
supporter.
Alex (Benoît McGinnis) est obligé de prendre soin d'un père
malade et dépressif, Louise (Magalie Lépine-Blondeau) s'occupe
avec beaucoup de difficultés d'une très jeune toxicomane Eve
(Alice Morel-Michaud) qui fleurte avec la prostitution, Julie (Natacha
Filiatrault), mère monoparentale, irresponsable, mal dans sa peau,
fréquentant psy (Louise Latraverse) délaisse son gamin Diamond
(Charles-William Ross), qui se fantasme une vie de cow-boy et se réfugie
de temps à autre chez un couple adepte de country, en manque d'enfant,
Marc (Éric Robidoux) vit des sexualités instables, courant
après un amour impossible, celui pour Eliott (Tomas Furey).
Angoisses, blessures diverses, les portraits restent parfois en suspension,
on suit des pistes qui semblent nous égarer comme si Carole Laure
entraînait le spectateur dans les méandres d'une réalité
douteuse et le faisait s'interroger sur les risques de dériver dans
un monde extérieur à l'art. Il existe un danger potentiel de
sombrer dans le sordide et seule la création artistique permettra
à ces jeunes de trouver une voie et d'exprimer leur vie
intérieure.
"Love projet" est un film mosaïque où la danse contemporaine,
la musique et le chant font oeuvre de salvation face à la
réalité à la fois floue et brutale. Bien entendu, il
s'agit aussi d'un besoin intense d'aimer et d'être aimé et c'est
sur scène que tous ces jeunes parviendront à mieux croquer
la vie et révéler leurs sentiments. C'est par la gestuelle
que Louise répondra à l'amour que lui porte Alex, en s'abandonnant
durant un tango qu'ils dansent ensemble, c'est aussi dans ce spectacle
multidisciplinaire finalement abouti que Julie semblera trouver une sortie
apaisée, s'accepter et ouvrir enfin les yeux sur son fils esseulé.
Carole Laure pose un regard aimant sur une jeunesse tourmentée
vivant un quotidien pas toujours facile, mais, tournée vers la
création artistique, celle-là peut se sublimer. Avec des
comédiens et des danseurs lumineux, son film est éclairé
d'une belle note d'espoir. Film très personnel, l' implication familiale
est évidente, son compagnon ayant signé la musique et les chansons
qui servent de trame dramatique au récit et son fils Tomas jouant
le compositeur de musique du groupe. Et n'oublions pas, en toile de fond,
au début de l'automne, la ville de Montréal, ville énergique
et cinématographique à souhait.
CatS / Theothea.com le 01/12/14
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