Magazine du Spectacle vivant ...

   

 

   

Les    Chroniques   de

  

19ème  Saison     Chroniques   19.31   à   19.35    Page  363

 

     

 

     

 

             

  LOVE PROJECT    photo © Theothea.com

   

     

           

  LOVE PROJECT    photo © Theothea.com

 

                  

       

  photo © Theothea.com

                

   

       

  BOLLYWOOD Express - photo © Theothea.com

   

     

     

  BOLLYWOOD Express - photo © Theothea.com

   

     

       

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BOLLYWOOD  Express

   

du 27 au 30 novembre 14

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Palais des Congrès

                    

    photo © Theothea.com

         

     

   

       

     

     

     

      photo © Theothea.com

       

   

            

     

    photo © Theothea.com

         

MISTINGUETT

de Jacques Pessis

mise en scène  François Chouquet   

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Casino de Paris

Tel   01 49 95 22 22

                    

       photo © David Arous

           

Quelle belle époque que la nôtre !.. En effet, à l’approche des fêtes de fin d’année, face au Square de La Trinité voilà, à sa droite, la rue Blanche avec Isabelle Adjani rayonnante en son bain de jouvence au Théâtre de Paris et voici, à sa gauche, la rue de Clichy avec Carmen Maria Vega, endiablée en son interprétation d’une Mistinguett revival au Casino de Paris !

Incontournables, les deux stars d’aujourd’hui et forcément de demain, se renvoient virtuellement la réplique par-delà l’église éponyme qui a vu naître, également à la légende de son square, soixante années auparavant, celle des vieilles canailles jouant déjà aux idoles à savoir Johnny Hallyday, Eddy Mitchell & Jacques Dutronc !

Que du beau monde en cours de « mythification décalée » auquel, précisément, Jeanne Bourgeois aurait pu donner le coup d’envoi à l’orée des « années folles » en compagnie de Maurice Chevalier, sous son nom de scène définitif « Mistinguett » et dont, dernière en date, la fameuse Carmen Maria Vega reprend actuellement au Casino de Paris le flambeau de la première meneuse de revue au monde, cette Miss Tinguett ayant suscité par ricochets l’avènement des shows de Broadway !

Dix années de folie entre 1920 et 1930 qui donneront ses lettres de noblesse au Music Hall moderne et inscriront en lettres de feu au fronton de la célèbre institution parisienne, maintes fois ressuscitée de ses aléas financiers voire de ses cendres et aussi d’un bombardement destructeur, cette volonté perspicace d’en descendre le grand escalier sous les vivats en étincelante compagnie parée de plumes, strass et autres dorures !

En cette fin d’année 2014, voici donc revenu le temps des fastes réjouissants sous la détermination du producteur Albert Cohen, multirécidiviste en comédies musicales à succès mais aussi soucieux de supplanter définitivement la fatalité accidentelle survenue pour 1789 au Palais des Sports.

Jacques Pessis, aux commandes du livret, se pose en garant d’une reconstitution souriante à l’aide de bons mots et autres croustillantes anecdotes signifiantes.

Un trio de compositeurs émérites, Jean-Pierre Pilot, William Rousseau & Vincent Baguian, signe des textes, des rythmes, des mélodies entrant en adéquation aux charismes de la formidable troupe de danseurs-chanteurs sélectionnés sur casting ciblant le meilleur afin de porter haut et fort le caractère forgé hors du commun et néanmoins classieux de Mistinguett !

Carmen Maria Vega s’est donc imposée à l’évidence après une recherche tout azimut, tant par son énergie que par sa polyvalence artistique talentueuse, notamment en matière de comédie !

Une bombe que cette jeune femme à la carrière artistique déjà affirmée et demeurant saltimbanque en l’âme ! Un trésor pour son producteur la voyant prendre sa place au sommet de l’affiche tel un oiseau de la lignée des déesses battant des ailes à ravir, celles du désir du public face à l’envol vers la renommée !

Ce spectacle, prolongé actuellement sur le premier semestre 2015 au Casino de Paris, partira ensuite pour une tournée des Zénith et devrait aussi donner lieu ultérieurement à un film dédié !

Theothea le 30/10/14            

       

     

       photo © David Arous

         

LA MOUETTE

de   Anton Tchekhov

mise en scène     Yann-Joël Collin

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Théâtre d'Ivry

Tel   01 43 90 11 11    

                    

    photo © Christian Berthelot

       

Question de Perspective :

     photo © Theothea.com

         

L'INATTENDU 

de  Fabrice Melquiot

mise en scène  Arnaud Benaiche

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Théâtre Douze

Tel    01 44 75 60 31

                    

    photo © Yves Mernier  

           

Au Théâtre Douze, dans une belle salle en sous-sol, la solitude vécue par une femme en deuil s'invite sur la scène pendant 1 heure 15. L'amant de Liane est mort une nuit sur le fleuve, noyé ? Elle vit, désormais, terrée dans sa maison.

Pieds nus, une femme repasse des chemises d'homme, elle les plie méticuleusement, quand la lumière s'éteint, elle s'approche, à pas feutrés, vers une chaise, s'empare d'un manteau et amorce une danse en fredonnant une rengaine, elle valse avec un compagnon fantôme, Elle fait corps avec ce manteau, l'enlasse, s'y blottit, comme si elle sentait la peau de l'absent. Elle le renifle comme un animal, "mon tigre" dira-elle souvent au cours de ce monologue-dialogue. Car elle va entamer un manifeste verbal avec celui qui l'a abandonnée.

Au gré de flacons de verre qu'elle respire comme des fleurs et qu'elle dépose délicatement sur les branches d'un arbre mort, elle égrène des souvenirs de lui, d'elle et de lui. A une couleur, bleu, gris, rouge, surgit une émotion (soulignons ici la beauté de ces flacons, pièces uniques du souffleur de verre Stéphane Rivoal), huit couleurs, huit tableaux dans lesquels les sentiments se bousculent, elle passe de la tendresse au rudoiement, se roule au sol, se calme puis lance une diatribe, s'emporte de manière irascible contre l'injustice du monde, se livre à une guerre intérieure qui répond à celle que mènent les miliciens à l'extérieur. Aux coups de fusils et au grondement tumultueux du fleuve résonnent ses éclats de voix brisés par la douleur.

À eux deux, lui, le Noir, et elle, la Blanche, ils avaient su se protéger, s'isoler en se coupant d'un monde raciste "dehors c'est bien crade" où la milice impose le règne de la peur. En affrontant le vide de l'absence, Liane sera tantôt désemparée, tantôt en colère. Elle allumera une bougie pour marquer la première année de deuil, s'aspergera fréquemment des parfums des flacons qui lui permettront, au fur et à mesure, de surmonter le doute et l'angoisse. Au bout de 5 ans, valise en main, elle sortira pour s'apercevoir que le pont qui menait à sa maison est détruit. Un milicien lui proposera de traverser la rivière. En suivant le cours du fleuve qui avait emporté son amant, elle renaît et se réconcilie avec la vie. Au final, ce sont ses chemisiers qu'elle repasse et non plus les chemises d'un homme disparu dont elle attendait le retour.

Dans une mise en scène épurée d'Arnaud Beunaiche, la comédienne Lucilla Sebastiani tisse la toile d'un monologue bouleversant. D'une voix douce, parfois presque inaudible car contenue ou étouffée, elle casse la linéarité du ton en proie à une rage soudaine "c'est quoi cette histoire de garçon boucher, j'ai horreur de la viande !" crie-t-elle fougueusement, "fais pas ton malin !" vocifère-t-elle, pleine d'amertume. Propos murmurés ou envolées lyriques modulent ses états d'âme, soulignés par des notes de piano lancinantes renforçant son déchirement et sa douleur.

Fabrice Melquiot joue sur la parole comme moyen de s'adresser à l'autre. Pièce monologue, elle est en fait un dialogue avec l'homme absent-présent donc avec le spectateur. L'auteur en destructure l'énonciation pour mieux illustrer le chaos interne de Liane submergée dans un espace extérieur fait de bruit et de fureur.

Cat’S / Theothea.com le 05/12/14                 

     

     

        photo ©

         

LOVE PROJECT

Musique Lewis Furey

de & mise en scène  Carole Laure

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Forum des Images

                    

       

           

Dans le cadre de la 18ème édition du Cinéma du Québec à Paris, Carole Laure, qui en est la Présidente d'honneur, a présenté, en ouverture de cette semaine de festival qui s'est déroulée du 21 au 26 novembre au Forum des images aux Halles, son 4ème film avec de jeunes artistes "Love projet".

Cette nouvelle édition se place sous le signe de la jeunesse dont chaque cinéaste fait un portrait singulier à travers quatorze longs et huit courts métrages.

En Première internationale, "Love projet" était rediffusé le 25 novembre, séance précédée par une Leçon de musique en présence de la réalisatrice et celle de Lewis Furey qui a composé la musique de son film.

Pendant une heure et demie, ils ont rendu compte avec simplicité et chaleur de leur travail en commun. Leur fils Tomas, comédien et musicien, jouant dans son film, était aussi présent.   /...

          

        

     photo © Theothea.com

           

La complicité de Carole Laure et de Lewis Furey remonte à près de quarante ans. Ils se sont rencontrés en 1976 sur un film de Gilles Carle dont elle est l'égérie, "la tête de Normande St-Onge" pour lequel il compose la musique. L'année suivante, L. Furey tient son 1er rôle sous la direction de Gilles Carle dans "l'ange et la femme" dont il compose également la musique. Ils se retrouvent tous les deux dans le 6ème film de Gilles Carle, "Fantastica", comédie musicale dont L. Furey a écrit la trame sonore et, enfin, dans le 7ème et dernier film du cinéaste québécois "Maria Chapdelaine".

Indissociables, Carole Laure, également chanteuse, est devenue sa muse. Il compose et devient arrangeur de ses albums. Citons "western shadows", album country, musique qu'elle nous dit adorer ou "sentiments naturels".

En 1985, Lewis Furey réalise son 1er film "Night magic", comédie musicale co-écrite avec Léonard Cohen et dans lequel elle joue.

Ils ont aussi, ensemble, accompli un certain nombre de spectacles musicaux. Richesse d'une collaboration prolifique qui, aujourd'hui, aboutit au 4ème film de Carole Laure - les 3 précédents étant "Les fils de Marie" - "CQ2" - "La capture".   /...

   

     

               photo © Theothea.com
     

     

Dans tous ses films, le langage des corps à une importance primordiale. Dans ce dernier, elle s'attache à une petite troupe de jeunes adultes d'âge moyen 25-30 ans qui, sous la houlette d'une metteuse en scène, vont pouvoir s'exprimer par la danse, le chant et diverses techniques corporelles. Elle va cependant opposer le cocon artistique dans lequel ils baignent quand ils répètent la nouvelle création de la meneuse de revue portant fine moustache Touga (Céline Bonnier) et leur vie extérieure souvent compliquée et parfois dure à supporter.

Alex (Benoît McGinnis) est obligé de prendre soin d'un père malade et dépressif, Louise (Magalie Lépine-Blondeau) s'occupe avec beaucoup de difficultés d'une très jeune toxicomane Eve (Alice Morel-Michaud) qui fleurte avec la prostitution, Julie (Natacha Filiatrault), mère monoparentale, irresponsable, mal dans sa peau, fréquentant psy (Louise Latraverse) délaisse son gamin Diamond (Charles-William Ross), qui se fantasme une vie de cow-boy et se réfugie de temps à autre chez un couple adepte de country, en manque d'enfant, Marc (Éric Robidoux) vit des sexualités instables, courant après un amour impossible, celui pour Eliott (Tomas Furey).

Angoisses, blessures diverses, les portraits restent parfois en suspension, on suit des pistes qui semblent nous égarer comme si Carole Laure entraînait le spectateur dans les méandres d'une réalité douteuse et le faisait s'interroger sur les risques de dériver dans un monde extérieur à l'art. Il existe un danger potentiel de sombrer dans le sordide et seule la création artistique permettra à ces jeunes de trouver une voie et d'exprimer leur vie intérieure.

"Love projet" est un film mosaïque où la danse contemporaine, la musique et le chant font oeuvre de salvation face à la réalité à la fois floue et brutale. Bien entendu, il s'agit aussi d'un besoin intense d'aimer et d'être aimé et c'est sur scène que tous ces jeunes parviendront à mieux croquer la vie et révéler leurs sentiments. C'est par la gestuelle que Louise répondra à l'amour que lui porte Alex, en s'abandonnant durant un tango qu'ils dansent ensemble, c'est aussi dans ce spectacle multidisciplinaire finalement abouti que Julie semblera trouver une sortie apaisée, s'accepter et ouvrir enfin les yeux sur son fils esseulé.

Carole Laure pose un regard aimant sur une jeunesse tourmentée vivant un quotidien pas toujours facile, mais, tournée vers la création artistique, celle-là peut se sublimer. Avec des comédiens et des danseurs lumineux, son film est éclairé d'une belle note d'espoir. Film très personnel, l' implication familiale est évidente, son compagnon ayant signé la musique et les chansons qui servent de trame dramatique au récit et son fils Tomas jouant le compositeur de musique du groupe. Et n'oublions pas, en toile de fond, au début de l'automne, la ville de Montréal, ville énergique et cinématographique à souhait.

Cat’S / Theothea.com le 01/12/14         

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LOVE PROJECT    photo © Theothea.com 

   

   

     

        

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