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LA BOHEME
de Giaccomo
Puccini
mise en
scène Jacques Attali
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****
Opera En Plein Air
Château de Vincennes |
Cest sous le signe du « sablier » dont il est
collectionneur dans sa vie privée que la mise en scène de Jacques
Attali fait de « La Bohème » de Puccini, un hymne
au temps qui passe
cheminant vers sa résolution inexorable.
En effet, sous la conception du dessinateur Enki Bilal en charge du
décor et des costumes, le rôle de Parpignol, marchand ambulant
et néanmoins « ténor », a été
envisagé comme un personnage de clown toujours prêt à
brandir un sablier pour rappeler à chacun des protagonistes la durée
par essence éphémère de linstant présent,
quil soit vécu de façon satisfaisante ou
problématique.
Dans cette perspective, au quatrième acte, lobjet jusque-là
portatif changera de dimensions au point de devenir la référence
symbolique témoignant de la santé de Mimi qui ne cessera de
se dégrader au regard de la bande des quatre amis, Rodolphe, Marcel,
Schaunard & Colline ainsi que de Musette devenue sa confidente.
Cest en raison de cet impact psychosocial que Jacques Attali a choisi
« La Bohème » en la situant, avec lassentiment
du célèbre auteur de BD devenu son alter ego artistique, dans
un « avenir proche » et par conséquent
délibérément prospectif.
Pour sa première mise en scène lyrique, lintellectuel
défricheur du monde contemporain, entend être présent
à chacune des représentations, de juin à septembre 2016,
sur lensemble des sites prestigieux parcourus par la tournée
estivale de
« Opéra
en plein air » de manière à rester vigilant en
permanence sur les modifications ou corrections à apporter à
sa collaboration créatrice nécessairement non figée
dans cet espace temps inéluctablement évolutif.
Cest ainsi que « Mimi », la grande Histoire
dAmour de Rodolphe partagée initialement dans les émois
de la passion, ayant peu à peu subie les assauts de la jalousie
pathologique en surcroît de ceux de la maladie rongeante, va devenir
parallèlement lhistoire de lensemble de leurs amis, tous
concentrés sur lobjectif denrayer la destinée en
marche vers lagonie programmée.
Forcément poignants, tous leurs efforts seront à limage
dune humanité en lutte viscérale avec les forces hostiles
tentant de la détruire à la fois de lintérieur
et de lextérieur.
Dans la spectaculaire cour du Château de Vincennes, Le Music Booking
Orchestra, sous limpulsion de son premier violon, Anne Gravoin, ainsi
que sous la direction musicale de Patrick Souillot, va développer,
à linstar dune chaîne productrice dhumanité
solidaire tels les sopranos, ténors, barytons, basses et le chur,
tous ensemble réunis en symbiose sur cette scène structurée
à plusieurs niveaux de nuances symphoniques bien éclairées
par Jacques de Rouveyrollis, un message ô combien lyrique symbolisant
le salvateur « Carpe diem » lancé telle la bouteille
à la mer
où pourrait fort bien se trouver dans les
hauts-fonds le fameux sable grâce auquel serait conceptualisé
le secret alternatif du « sablier » selon son verre
protecteur validant lécoulement à jamais
Theothea le 25/06/16
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OHLALA
de & mise
en scène Grégory & Rolf Knie
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****
Folies Bergère
Résa en ligne
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Depuis fin juin, Les Folies Bergère accueillent, en leur sein,
un spectacle estival dorigine helvétique totalement
« décoiffant » et à nul autre pareil.
En effet, à la manière du célèbre Cirque du
Soleil, des numéros acrobatiques époustouflants sy
enchaînent dans une quête esthétique et artistique empreinte
dexigence perfectionniste par laquelle la modernité circassienne
sest complètement renouvelée ces dernières
années.
Cependant loriginalité de ce show se campe dans une
tonalité habituellement spécifique aux spectacles de Music-hall
« dédiés » à linstar du Lido ou du Crazy
Horse où lérotisme classieux y règne, de tradition,
en valeur « maîtresse ».
Cest dautant plus avec humour, espièglerie et farce
que la mise en scène de « Ohlala » se distingue
dans la mythique salle du « French Cancan » faisant ainsi
contrepoint aux accessoires et atours censés évoquer un
sadomasochisme « chic et choc » de latence transgressive
mais conceptuellement soft.
Au gré dun jeu chorégraphique de pulsions en
« tous sens », le bon goût ny est jamais
trahi et cest effectivement au diapason dun univers fellinien
fantasmatique quune pléiade dartistes internationaux sy
succèdent au rythme dune quasi comédie musicale
orchestrée live selon des tubes à dominante punchy.
La chanteuse Aurore Delplace, accoutumée à ces disciplines
cantiques, excelle, de surcroît, à y jouer la maîtresse
de cérémonie en fascinante conductrice ainsi que sensitive
accompagnatrice de ce savoureux happening tellement excitant et réellement
jubilatoire, inspiré selon ses auteurs par le film « Black
Swan ».
Aux manettes de cette réalisation transalpine ayant donc
débarqué à Paname aux prémices de
lété comme un ovni inattendu, se profile une production
filiale à deux têtes, Rolf et Gregory Knie, descendants dune
longue lignée circassienne centenaire et cest donc dans le cadre
de la compagnie « Salto-Natale entertainment »
initialisée quinze ans auparavant par le père que le fils eut,
en 2011, lidée de concevoir ce spectacle labellisé
« Sexy, Crazy et Artistic » jonglant avec le succès
immédiat sans cesse plébiscité depuis par leurs concitoyens
qui pourront dailleurs apprécier cette version 2016 dès
lautomne à Dübendorf.
En France, à raison de quatre représentations par semaine
jusquà début septembre, le public ne peut que sortir
« enchanté » des Folies Bergère. «
Ohlala » se positionne assurément au Top du divertissement «
sensuel » et « performant » de lété 2016
à Paris.
Theothea le 31/07/16
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UNE FOLIE
de Sacha Guitry
D'après
mise en scène Francis Huster
|
****
Théâtre Rive Gauche
Tel
01 43 35 32 31
|
|
photo
© Fabienne Rappeneau
|
Sacha Guitry, au Rive Gauche, sous la direction de Francis Huster et sous
les auspices dEric-Emmanuel Schmitt, voilà donc en soi
« une folie » bien sympathique à portée
de main durant tout lété 2016 !
Qui plus est, linénarrable Olivier Lejeune en est le Maître
« Loyal » alors que, de surcroît dans la distribution
avec « fils & filles de
», ces comédiens
déjà fort bien aguerris aiguisent demblée la
curiosité du futur spectateur en quête de bonus escompté
pour ce divertissement estival.
Mais de fait lensemble de cet attrait subliminal ne sera éclairci
quau final de la pièce lorsque, dérogeant soudain aux
convenances en cours, Olivier Lejeune prendra la liberté, à
la suite des premiers rappels, dexpliquer a posteriori au public
réjoui le « pourquoi et le comment » de cette
Comédie, les motivations de lécriture de Guitry, les
interactions avec sa vie privée, le contexte de lépoque,
1930 à lorigine puis 1950 pour sa réadaptation, et enfin
sa modernité pérenne tant la notion de
« divorce » serait devenue au fil du temps dans la
société bourgeoise occidentale quasiment plus
« institutionnelle » que celle du
« mariage ».
Une « dinguerie » de vaudeville iconoclaste et pourtant
si symbolique
« Tu meurs ! »... de rire bien
entendu.
Et donc tant quà faire, pan sur la psychanalyse et la
déontologie fiscale ! Cela na aucun rapport dévidence
et pourtant ça fait tellement du bien !
Les sentences et le ton de Guitry, tout le monde connaît ou croit
connaître. Si la tentation de désuétude guette au
détour de phrases tellement bien balancées quelles pourraient
alerter le système critique défensif, celui-ci est
immédiatement inhibé par une sorte deffet boomerang dont
limpact rebelle savère de loin plus puissant et si fascinant
que cette éventuelle première impression sournoise
sévanouit comme par « enchantement »
le mot nest vraiment pas trop fort !
Et, ainsi de suite, nous voilà pris dans un manège dont
le Maître va tirer les ficelles à hue et à dia, pour
la plus grande satisfaction du spectateur « repenti »
tendance désormais complètement addicte.
Mettez alors en présence un psychiatre farfelu (Olivier Lejeune)
revenu de telles bizarreries de ses congénères quil est
sur le point danticiper sa retraite sur la Côte dAzur,
une secrétaire-infirmière (Alice Carel) ancienne malade pas
encore vraiment guérie (cest un euphémisme!), introduisez
un couple « pour la vie » (Lola Dewaere & Manuel
Gélin) en rupture pour cause de duo quotidien devenu insupportable
et ajoutez-y pour pimenter les quiproquos dune tapissière (Marianne
Giraud en alternance avec Mathilde Hennekinne) ciblant à qui mieux
mieux les diagonales façon modus vivendi délirant, puis agitez
et secouez sans vergogne
Ainsi vous naurez pas la moindre idée de ce qui vous attend
au Rive Gauche, cet été
à moins que le
énième degré de votre intuition vous fasse prendre
« la vie partagée à deux » pour une
véritable partie de plaisir
ou de poker menteur facétieux
! Cest au choix !
Theothea le 08/07/16
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A VOS SOUHAITS
de
Pierre Chesnot
mise en
scène Luq Hamett
|
****
Théâtre du Gymnase
Tel 01 42 46 79 79
|
Alors que beaucoup de théâtres parisiens ont profité
de lEuro de Football pour déserter la programmation estivale,
quelques-uns ont préféré, au contraire, prendre leurs
quartiers dété et sinstaller au long cours avec
un spectacle destiné à satisfaire le divertissement de la Capitale
de manière différenciée.
Parmi ceux-là, voici « Le Gymnase » qui
présente en tête daffiche « Bernard
Menez ».
Inclassable mais très souvent iconoclaste, lacteur a le don
rare de se positionner en marge du « main stream », tout
en cultivant une attraction culte sur ses aficionados dont le nombre
dadeptes ne cesserait de croître.
En effet, la « petite entreprise Menez » se profile
souvent où on ne lattend pas, juste à la lisière
du « politiquement incorrect » flirtant néanmoins
avec un cynisme de bon aloi.
En outre, létrangeté sy présente sous
les apparences du « bon sens » que daucuns taxeraient
de « désuet » voire de
« ringard » car cest peu de dire que le personnage
ne cherche guère à se valoriser au regard dautrui.
Bref, Bernard Menez a donc emménagé pour lété
sur les Grands Boulevards, en compagnie dune équipe plutôt
« raccord » avec lingénieuse idée
que le « pognon » mènerait le monde des vivants
au moins jusque dans lau-delà.
En effet, puisque même lautorité médicale serait
peu compétente pour certifier le passage de la vie en son contraire,
se révèle dans cette « opportunité
existentielle » une brèche grande ouverte pour dénier
le réel et anticiper les gains dun héritage dont on forcerait
lavènement.
Aussi, dans cette perspective conjoncturelle, comment faire croire à
lentourage proche et surtout au banquier de la famille que lheure
est venue de se répartir le capital du patriarche alors même
que celui-ci navigue, au gré de la rumeur, entre deux mondes ?
A linstar dun vaudeville avec portes qui claquent, une course
contre la montre sinstaure entre les différentes versions de
la vérité
que personne, bien entendu, ne détient.
Sous la tension dun suspense noir, certains protagonistes se prennent
aisément leurs mensonges dans la clairvoyance hébétée
des autres, et ainsi voguerait donc tout ce petit monde si peu reluisant
jusquau moment où justice serait faite mais à quel prix
?
Donner une portée philosophique au texte de Pierre Chesnot mis
en scène par Luq Hamett serait sans doute forcer le trait à
la bienséance mais néanmoins prendre le risque de décoder
linsondable humour de Bernard Menez vaut sans doute bien celle de
sautoriser, spirituellement, ce « de profundis »
vénal à forte tendance estivale.
Theothea le 11/07/16
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DIVORCE AU SCALPEL
de
Frédérique
Fall & Alain Etévé
mise en
scène Jean-Philippe
Azéma |
****
Théâtre Le Grand Point Virgule
Tel 01 42 78 67
03
|
Séparation « au scalpel » mais désormais
« à la carte » depuis que le Théâtre
de Jean-Marc Dumontet offre à son public parisien le loisir de
prolongations estivales jusquen septembre avec une brochette de
comédiens en alternance autour de cinq rôles bien campés
style « parodie des murs ».
Un couple en rupture consommée contraint de vivre en cohabitation
faute dopportunité immobilière, voilà bien une
formidable idée dembarras et gênes en tout genre
déclinés façon « modernité
branchée »!
Ainsi, Aurélien (Pierre Khorsand) & Oriane (Laurence Oltuski
ou Marie Le Cam), chaperonnés dune belle-mère
(Hélène Derégnier), dune ex (Karine Lyachenko
ou Emmanuelle Galabru) et dun psy (Loïc Blanco ou Sébastien
Nivault) vont-ils sexercer, à linstar de leurs poissons
rouges en bocal, à tourner en rond à la recherche dune
quadrature domestique quasiment impossible à résoudre.
Davantage que les situations elles-mêmes scabreuses à souhait,
ce sont les comportements, les dominantes caractérielles, les états
dâme indicibles qui vont être pris à partie dans
une sorte de mælstrom où chacun des protagonistes
révèlera la dimension la moins glorieuse de sa
personnalité.
Les répliques cinglantes (Frédérique Fall & Alain
Etévé), fusant au gré des frustrations subjectives
successives, impliqueront une scénographie (Jean-Philippe Azéma)
de plus en plus rapide invitant à démultiplier les points de
vue, forcément contradictoires.
Assistant début juillet à une représentation sous
distribution « originelle » à lexception
de lex « ravageuse », force était
dapprécier le « rentre-dedans »
systématique et spécifique à chacun, contraignant en
permanence les quatre autres à se remettre en question
comme
aspirés dans une thérapie accélérée.
En effet, au-delà du couple responsable de ses propres vicissitudes,
tout se passe comme si lintérêt immédiat dautrui
impliquait lautodestruction du profit de ses partenaires qui, comprenant
le piège infernal, navaient dautres objectifs que
limplosion générale !
Au Grand Point Virgule, en cet été 2016, la ligne de
démarcation conjugale devra nécessairement trouver des
« arrangements » avec les forces occultes internes et
externes poussant lorgueil universel à la faute rédhibitoire.
Ce pourrait être dramatique, cest juste hilarant !
Theothea le 11/07/16
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