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PEER GYNT
d'après
Henrik Ibsen
mise
en scène Irina Brook
avec
Helene Arntzen,
Frøydis Arntzen Dale, Diego Asensio, Jerry Di Giacomo, Scott Koehler,
Mireille Maalouf, Roméo Monteiro, Damien Petit, Margherita Pupulin,
Pascal Reva, Augustin Ruhabura, Gen Shimaoka, Shantala Shivalingappa &
Ingvar Sigurdsson |
****
Bouffes du Nord
|
Le P.G. dIrina Brook doit être pris comme un
« tribute » tout à la fois à Henrik Ibsen
et Iggy Pop mêlés au Fantastique et au Hard Rock.
En demandant à Ingvar Sigurdsson dinterpréter cet
antihéros autant mégalomaniaque quen quête de
lui-même dans lespoir dy trouver un sens ontologique, il
était conséquent quune nature bipolaire apparaisse sur
lénigmatique scène des Bouffes du Nord emportée
par une music country traditionnelle doù surgiraient par
à-coups, en postures rockabilly, des fulgurances de démiurge
sorti de profundis !
Les Trolls dIbsen auraient ainsi beau jeu de baliser ce road movie
planétaire où les flocons de neige feraient lien imaginaire
et théâtral alors que le "grand séducteur" effectuerait
son pléthorique périple féminin à la recherche
de son alter ego et ce, de toute évidence, jusquà la
perte de soi-même.
Cette mise en scène originale sous forme de concert live aux accents
toniques anglais liés au feeling sensoriel des poèmes de Sam
Sheppard, agirait comme une ode aux fracas des consciences prises dans le
tourbillon dun no future revival.
Au demeurant les performances se conjuguent au mieux dun festival
pop où les voix écorchées rendent justice à une
orchestration seventies de grand talent.
Irina Brook y décline sa mémoire flash sur trente ans de
décalage pour lavoir retrouvée authentique en création
2012 à Salzbourg et la rendre de nouveau intacte dans le chaudron
des Bouffes du Nord en 2018 doù les sorcières et autres
fées norvégiennes de circonstance peuvent y faire exhaler leur
potion magique iconoclaste.
Theothea le 09/02/18
|
LE LAUREAT
de Terry
Johnson
mise
en scène Stéphane Cottin
avec Anne Parillaud, Arthur Fenwick,
Marc Fayet, Françoise Lépine, Jean-Michel Lahmi & Adèle
Bernier
|
****
Théâtre
Montparnasse
|
A la suite du film culte « The Graduate » de 1967 effectuant
sa sortie française quatre mois après mai 68, « Le
Lauréat » sous-tend une mémoire sociétale
saffranchissant du joug de lancien monde au profit de murs
plus libres, permissives et surtout moins coincées.
Dustin Hoffman et Anne Bancroft y trouvèrent une consécration
quasi mythique tant ils étaient en phase avec la dynamique dun
état desprit anticonformiste novateur.
La chanson « Mrs. Robinson » créée pour la
circonstance par Paul Simon & Art Garfunkel, ainsi que la reprise notamment
de leurs fameux « The sound of silence » et « Scarboroug Fair
» contribuèrent amplement au succès immédiat de
la bande originale du film.
La version francophone de Christopher Thompson venant se greffer sur
limmense succès de ladaptation théâtrale
de Terry Johnson à Londres en 2000 ainsi que sur Broadway deux ans
plus tard, est enfin parvenue à Paris en février 2018 pour
sa création au Théâtre Montparnasse.
Cest donc Anne Parillaud & Arthur Fenwick qui ont limmense
honneur de succéder aux artistes initiateurs des rôles originaux
respectifs.
Mrs. Robinson est ainsi la femme par qui la transgression des rôles
dévolus aux convenances de lâge et à la décence
des liens familiaux allait catapulter la séduction quasiment en abus
de pouvoir, consenti ou non.
Benjamin Braddock est ce jeune homme de bonne famille venant de
décrocher son diplôme dHarvard, lune des plus
prestigieuses universités made in USA.
En souvrant pleinement à lui, sa vie dadulte assumé
débuterait par une soirée fêtant son retour au domicile
familial accompagné de nombreux invités réunis par ses
parents.
Arthur Fenwick apparaît demblée comme un poisson dans
leau dans ce rôle ambivalent où la timidité se
doit de côtoyer le libre arbitre en formation accélérée.
Son interprétation sonne juste au point de faire oublier tous ses
prédécesseurs.
Anne Parillaud, totalement motivée par sa fabuleuse et impressionnante
mission, adopte, en ces premières représentations, une posture
univoque quasi en embuscade
quelle va nécessairement faire
craquer, tel le papillon saffranchissant de son cocon.
Il lui suffira, sans doute, dun déclic à venir qui,
dun coup, libérera à la fois sa sensualité naturelle
et une belle assurance vocale.
La présente mise en scène parnassienne de Stéphane
Cottin sappuie sur une scénographie en tournette du plus bel
effet de fluidité entre les séquences alors que des projections
fixes ou animées y agrémentent des instants suspendus
le plus souvent aux intermèdes musicaux.
Souhaitant se démarquer nettement du film originel, cette version
théâtrale se focalise essentiellement sur le récit
relationnel chronologique bien structuré et les enjeux impliqués
quil entrechoque.
De même donc pour les plages musicales, le choix est
dévoquer la mémoire des chansons légendaires de
Simon & Garfunkel par leur interprétation réorchestrée
ainsi que d'en faire illustration par dautres chansons sixties et
même de se référer à Bashung.
Ce décalage est pleinement admis et intégré par le
spectateur trouvant en cette distanciation artistique lappui à
son empathie en temps réel.
Les autres partenaires identifiés « Robinson » &
« Braddock » sont au nombre de quatre avec deux paternels (Marc
Fayet & Jean-Michel Lahmi), une épouse (Françoise Lépine)
et une jeune fille (Adèle Bernier).
Le jeu du chat et de la souris qui va sétablir entre Benjamin
et Elaine suite à leur coup de foudre initial réciproque, faute
dêtre communicatif à leurs ascendants, va
dégénérer en rivalités dintérêts
mal placés, de compétition mère-fille et de bienséance
dénaturée.
Les six comédiens sont dirigés avec une précision
de métronome; certains dentre eux assurent de courts rôles
secondaires parallèles saffichant en contraste aisément
discernable tout à fait plaisant.
Gageons quen ce cinquantenaire de 1968, immergé en replay
dans « Le Bruit du Silence » façon Simon & Garfunkel,
« Le Lauréat » du Théâtre Montparnasse gagnera
son retour sur investissement nostalgique en se félicitant, à
juste titre, dune distribution aussi performante.
Theothea le 18/02/18
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POUSSIERE
de Lars
Norén
mise
en scène Lars Norén
avec
la troupe
de la Comédie-Française Martine Chevallier, Anne Kessler, Bruno
Raffaelli, Alain Lenglet, Françoise Gillard, Christian Gonon, Hervé
Pierre, Gilles David, Danièle Lebrun, Didier Sandre, Dominique Blanc
et les comédiens de lacadémie de la
Comédie-Française Matthieu Astre, Juliette Damy, Robin Goupil,
Alexandre Schorderet et les enfants en alternance Maxime Alexandre, Margaux
Guillou, Rosalie Trigano |
****
Comédie Française
|
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©
Brigitte Enguerand / Divergence
|
Dans son « Hôtel des deux Mondes », initié au tournant
du siècle, Eric-Emmanuel Schmitt concevait un « purgatoire »
où des accidentés de la vie, en état de coma, venaient
expérimenter une période transitoire depuis laquelle, à
moyen terme, ils étaient orientés vers lau-delà
ou, au contraire, renvoyés vers leur « vie davant
».
A son tour, Lars Norén devenu septuagénaire propose, lui,
un hôtel touristique accueillant des vacanciers sy retrouvant
annuellement mais qui, ayant peu à peu pris de lâge, finissent
par se rendre plus ou moins compte que, désormais, le temps leur est
compté et quen conséquence leur villégiature est
devenue le marchepied vers lau-delà de leur vie.
Là donc où pour Schmitt le pronostic vital était
programmé de manière aléatoire, ici pour Norén
plus dalternative envisageable, le dernier voyage sera sans retour
éventuel.
Mais comme lattente flottante ne pourra être définie
par un espace temps qualitatif déterminé, chacun de ces
plaisanciers éprouvera sa finitude de manière spécifique
selon son caractère, sa personnalité, son état de
santé et sa perception subjective de lexistence.
Cest précisément de lentrechoc relationnel que
Lars Norén souhaite rendre compte en (dé)montrant par ce processus
de déclin et de déliquescence que léquité
nest pas, plus ici quailleurs, lapanage de la nature humaine.
Mais cest quand même, pour lobservateur qui sait
apprécier la truculence de la diversité, un formidable terrain
dexpérimentation ainsi que dhumour sous-jacent où
les états dâme peuvent rivaliser à cur joie
et, en définitive, apporter la quiétude de la disgrâce
à celui qui la souhaite mais aussi lexaspération de
létiolement à dautres.
Selon une considération imaginaire et poétique, la mise
en scène de Lars Norén maintient les deux phases de cette ultime
étape « touristique » en perspective visuelle
concomitante, cest-à-dire que lavant et laprès
du « grand saut » soffrent au public sur deux plans
scénographiques, lun rapproché en colloque cacophonique,
lautre plus lointain en chorégraphie vaporeuse.
Mais pour linstant, les onze personnages constituent ce groupe
destivants ravis de se rassembler pour converser au sujet des tribulations
du vécu et, le cas échéant, se décharger de leurs
sentiments et ressentiments.
Débutera alors une sorte de jeu de chaises musicales au sein duquel,
à chaque nouveau tour de manège, le collectif du premier plan
diminuera peu à peu au profit du second, en faisant place progressivement
à des monologues abscons en place de dialogues sociétaux.
Ce spectacle générationnel bénéficie dune
direction dacteurs à contre-emploi de leur
« savoir-faire » au profit de leur « savoir
être » se propulsant dans un avenir provisoirement
virtuel.
Comme sils baignaient dans une substance maïeutique, les
comédiens se découvrent à eux-mêmes dans une accession
à un territoire vierge, celui-là même de leur
sénescence à venir
Cependant observons qu'au moment même où Lars Norén
profite de ses 73 ans pour projeter le crépuscule de lesprit
et du corps, Mick Jagger, 74 ans, lui, paradoxalement chante et danse, encore
et toujours, sur le volcan de ladolescence, tout en maintenant dans
lexaltation les autres membres des Rolling Stones.
Le principe de relativité, ne serait-ce quartistique, est
donc toujours « en marche »; la comédie humaine
reste majoritairement plébiscitée et, ainsi, le spectacle
de la vie se perpétue allègrement au cur de ses
contradictions
Alea jacta est !
Theothea le 15/02/18
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HOROWITZ
de
Francis Huster
mise
en scène Steve Suissa
avec Claire-Marie Le Guay & Francis
Huster
|
****
Salle Gaveau
|
Lautre soir à la salle Gaveau, en ce début février,
était rendu hommage à Vladimir Horowitz grâce au spectacle
que Francis Huster a eu envie de composer et a ainsi interprété
en compagnie de Claire-Marie Le Guay sous la mise en scène de Steve
Suissa mixant à la fois théâtre, cinéma et concert.
Créée pour la première fois à Carcassonne
en juillet 2017, cette célébration est, pour le moment,
proposée en tournée selon des soirées exceptionnelles
où chacun des deux partenaires excelle à donner le meilleur
de lui-même sous une intensité dincarnation et des fulgurances
musicales les rendant tout autant complémentaires quindissociables.
En signant ce livret dédié au « Pianiste du
XXème siècle »(1903-1989), Francis Huster faisait
davance le projet de se livrer corps et âme dans la personnification
dun artiste émérite pour lequel il voue une admiration
sans limite.
Non seulement les performances du fameux virtuose constituent
lopportunité dune reconnaissance universelle, mais la
volonté exacerbée de marquer sa différence en remettant
son savoir-faire en question à chaque concert est, pour le comédien,
la marque suprême dune classe à nulle autre pareille
quil érige, a posteriori, pour lui-même en modèle
absolu .
De même, en se faisant dupliquer au piano Steinway par Claire-Marie
Le Guay magnifiant Liszt, Chopin, Rachmaninoff, Bizet, Mozart, Ravel,
Schumann
il sait que linterprétation du Maître sera
à la hauteur de lambition globalisante de Steve Suissa, son
metteur en scène complice depuis de nombreuses années, sachant
mettre en valeur chaque instant dun tel spectacle total.
Sur deux écrans disposés en toile de fond, défileront
des images darchives mêlées à dautres de
synthèse assurant la fluidité du récit biographique
que Francis narrera en jouant le «général en chef d'une
armée de doigts qui toute sa vie aura parlé avec ses mains
et dont les mains parlaient pour lui.»
Ainsi à la fois distancié, tout en vivant de
lintérieur les pérégrinations émotionnelles
dune vie familiale considérablement lestée par la
destinée, et bien que complètement chapeauté par la
volonté inextinguible de sublimation artistique, Huster pourra y traquer
son double transgressant allègrement la ligne rouge du formatage
conventionnel selon un régal palpable jusque dans la moindre des
expressions de son visage.
La salle Gaveau médusée par ces instants suspendus entre
mémoire et symphonie se pâma sans réserve sous le charme
talentueux des deux artistes complètement habités par leurs
arts respectifs se conjuguant dans la plénitude dune totale
réciprocité.
Theothea le 11/02/18
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A DROITE A GAUCHE
de
Laurent Ruquier
mise
en scène Steve Suissa
avec Francis Huster, Regis Laspalès,
Charlotte Kady, François Berland, Jesse Rémond Lacroix &
Olivier Dote Doevi
|
****
Théâtre
Comédia
|
Paradoxalement, cette pièce de Laurent Ruquier est dautant
plus appréciable en reprise 2018 quelle nest désormais
plus synchrone avec la recomposition des enjeux politiques.
Cétait, pourtant, en surfant sur une actualité encore
récente que lauteur avait eu lidée de confronter
idéologiquement ce qui pouvait constituer le parfait vade-mecum de
chacun des deux partis traditionnels représentatifs.
Mais maintenant que les cartes électorales ont été
rebattues, droite et gauche nont plus lapanage de structurer
les rapports de force en présence et, néanmoins, leur prisme
relationnel maintient des schémas de pensée que tous les citoyens
conservent, à leur insu, pour évaluer les opinions relatives
à lair du temps ainsi quà la persistance des
réalités objectives.
En cette fin de tournée théâtrale, la dualité
Huster-Laspalès naurait aujourdhui plus quun seul
unique objectif partagé à parité :
Il serait nécessaire quau terme de la présente
représentation, toute problématique domestique soit résolue
afin de laisser place à un fonctionnement « En
Marche » !
Ce qui, bien entendu, permet à lauteur de faire rire le public
grâce à un clin dil avec la politique ainsi
réactualisée à moindre frais.
En résumé, Franck, artiste bobo, a convoqué en urgence
Paulo, artisan chauffagiste, pour que celui-ci répare la chaudière
de sa maison bourgeoise et quainsi cette propriété ne
soit point en manque deau chaude durant le week-end à venir.
Les statuts sociaux respectifs des deux protagonistes vont rapidement
supplanter la priorité quils portent chacun à la
réussite de cette « opération de survie »
:
Lun stressé et tranchant, lautre débonnaire
et fataliste révèlent, dès les premiers mots
échangés, des comportements tellement différenciés
que nécessairement leurs échanges verbaux vont se démarquer
de la simple relation commerciale pour aboutir à dévoiler leurs
« états dâmes ».
Cest ainsi, quà fronts renversés, lun
plein de compassion pour la cause sociétale affichera une exigence
dharmonie avec le résultat escompté alors que lautre,
soucieux dêtre en cohésion avec son métier,
naura de considération quà hauteur de la tâche
à accomplir.
Cependant au-delà des clichés pouvant décrire des
convictions primaires et secondaires se confrontant dans une dialectique
de comptoirs de café, cest davantage un éventail de points
de vue qui va se développer avec, dun côté, une
attitude en porte-à-faux selon des idées utopiques mal
assumées, et, de lautre, celle du bon sens poussé
jusquau simplisme induisant une ironie à peine dissimulée
face aux contradictions emberlificotées de ladversaire.
Dire que Régis Laspalès se comporte comme un poisson dans
leau, au vu de sa confrontation à une famille en pleine
décomposition morale devant la posture paternelle alambiquée,
apparait comme une sensation fort drolatique pour le spectateur dautant
plus que, dans ce rôle du pater familias, Francis Huster est contraint
de forcer son personnage, tant celui-ci a des difficultés pour
étayer une cohérence crédible.
En ratissant tous les sujets de débats à la mode du
politiquement correct, les deux compères saffrontent devant
un patron de PME, un médecin, un fils, une épouse tous
consternés dobserver que le défenseur de la gauche se
perd en contradictions et que celui de la droite na quà
se baisser pour ramasser les marrons du feu.
Cest alors que Laurent Ruquier lance son
« scud » destiné à se faire pâmer
tous les beaux esprits en mal de jeux de mots à ersatz métaphysique
:
La métaphore du miroir, renvoyant à lentendement une
symétrie latéralisée, trompe la main gauche en lui faisant
croire quelle est de droite et vice versa. Haro donc sur le mensonge
du miroir puisque celui-ci, par essence, devrait donner lexemple de
la réflexion !
Au-delà du risque de confusion, il ne reste plus alors aux artistes
quà saluer en effectuant une pirouette finale en charge de rappeler
que, faisant fi de la droite et de la gauche, lart du Théâtre,
lui, ne connaît quun seul système de
référencement, celui de se situer par rapport à Cour
& Jardin. Cest tellement plus chic !
Theothea le 04/02/18
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