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23ème
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IL ETAIT UNE FOIS BROADWAY ©
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IL ETAIT UNE FOIS
BROADWAY
Direction
musicale Loic
Olivier
Direction
artistique Pierre-Yves
Duchesne
avec
Helene
Segara, Liane Foly, Benjamin Legrand |
****
Palais des
congrès
|
Trois représentations de ce fabuleux concert symphonique ont
été proposées les 6 & 7 octobre derniers et une
quatrième est programmée pour le 25 janvier 2019 toujours au
Palais des Congrès de Paris.
Sur son immense scène, 100 choristes et 60 musiciens sous la
direction de Loic Olivier revisitent la fine fleur des comédies musicales,
façon Broadway, à linstar d'extraits de « Beauty
and the Beast », « Cabaret »,
« Cats », « Chicago »,
« Company », « Fiddler on the roof »,
« Funny girl », « Grease »,
« Hair », « Into the Woods »,
« Phantom of the Opera », « Les demoiselles
de Rochefort », « Les Misérables »,
« New York New York », « Sunday in the Park
with George », « Sunset Boulevard »,
« Sweeney Todd », « The Hunck Back of Notre
Dame », « West side story », « Les
parapluies de Cherbourg », « Peau
dÂne » &
« Yentl ».
La participation de solistes prestigieux tels que Helene Segara, Liane
Foly, Benjamin Legrand (fils de Michel), Fleur Mino, Yoni Amar, Cyril Niccolai,
Manon Taris, Anne-Marie Muire ou encore Emilien Marion signe le caractère
exceptionnel de cet événement musical à nul autre pareil.
Nous avons assisté à la troisième représentation
ayant eu lieu le dimanche après-midi et nous souhaitons confirmer
lenthousiasme du public face aux performances vocales et instrumentales
dune qualité extrême.
Sous la direction artistique haut de gamme de Pierre-Yves Duchesne,
ce fut un véritable plaisir que dêtre ainsi confronté
durant plus de deux heures à tant de chefs duvre mis ainsi
en exergue symphonique et chorale.
Theothea le 15/10/18
|
FASHION FREAK SHOW
« Fashion Freak Show » Jean Paul Gaultier
réalise son rêve denfant aux Folies
Bergère
de
Jean-Paul Gaultier
mise
en scène Tonie
Marshall
chorégraphie Marion Motin
Musique Nile Rodgers
avec
Anna Cleveland, Fanny Coindet, Lazaro Cuervo Costa, Demi Londaine,
Julie Demont, Mike Gautier, Patric Kuo, Grégoire Malandain, Maud'Amour,
Nacer Marsad, Marie Meyer, Mounia Nassangar, Anouk Viale, Léa Vlamos
& Jean-Charles
Zambo |
****
Théâtre Les Folies
Bergère
|
Au vu de laffiche officielle, une batterie daiguilles semblent
pénétrer la tête de Jean Paul Gaultier regardant droit
dans les yeux le spectateur.
Là où dautres pourraient y voir une pseudo méthode
dacupuncture destinée à soulager lartiste de ses
démons, celui-ci, bien au contraire, revendique « être
accro » à ces stimuli de « fashion »
ressentis dès lenfance et dont, sous la bienveillance de sa
grand-mère, son nounours a été le principal
dépositaire dans une envie inextinguible de faire défiler la
beauté, toutes les formes de beauté.
En effet, ce spectacle créé aux Folies Bergère
relève directement dun rêve denfant contracté
lors de deux ou trois chocs émotionnels dordre
cinématographique (« Falbalas » de Jacques Becker,
« Lola Montès » de Max Ophüls,
« French Cancan » de Jean Renoir) ou télévisuel
(Revue des Folies Bergère & « Rose de
Noël » opérette de Maurice Lehman).
Que ce soit via limmense écran en fond de scène ou
par celui qui la surplombe, que ce soit grâce à la quinzaine
dartistes faisant Music-Hall sur les planches des Folies Bergère,
le petit Jean-Paul va donc grandir durant les deux heures de show en faisant
école au travers dun demi-siècle de culture pop et de
mode tout en saffichant à son compte avec son ami Francis dès
1976 et apparaître comme lun de ceux les plus en résonance
davec les tendances sociétales en évolution (Palace,
Sida, Bdsm, LGBT +, Transgenre
)
Depuis son entrée dans la cour des grands, le couturier parisien
aura su surfer sur les courants paradoxaux tout en côtoyant les
personnalités sulfureuses avec le plaisir du démiurge en
quête de concepts transversaux symboliques.
Le créateur impose alors ses propres signifiants stylistiques avec
éventuellement valeur identitaire ajoutée tels que le corset
à seins coniques, la marinière pour deux, la veste
asymétrique ou la jupe déstructurée au masculin tout
en se mettant au service exclusif de clients connotés
« précurseurs décalés » dont le
feed-back sera sans limite pour la renommée du visionnaire transgressif.
Serait donc venu maintenant le jour où, en quelque sorte, il faut
savoir honorer et rendre au patrimoine collectif tout ce quil a su
vous inspirer en synthétisant, sous la forme dune uvre
globale, le spectacle dune vie rêvée pour le profit de
tous.
Alors sentourant, par la magie du clip vidéo, de
« guests » familiers comme Line Renaud, Micheline Presle,
Rossy de Palma, Catherine Ringer, Amanda Lear, Cristina Cordula ou Catherine
Deneuve ne pouvant, bien entendu, être présents à chaque
représentation, Jean-Paul, co-auteur avec Raphaël Cioffi ainsi
que co-metteur en scène avec Tonie Marshall, sattelle à
construire une narration composée de tableaux vivants liés
à des séquences mémorielles significatives des époques
successivement traversées depuis lavènement de
Joséphine Baker et sa célèbre ceinture de bananes.
Il en confie la chorégraphie à Marion Motin, la direction
musicale à Nile Rodgers et la production à Thierry Suc.
Après trois années de travail créatif, voilà
donc toute cette fine équipe prête à livrer un show à
nul autre pareil
que viendra sublimer une pléiade de
danseurs-chanteurs-comédiens-circassiens dûment
sélectionnés selon leurs talents et leurs performances, tous
au top de leur Art, quelquefois niché dans des spécialités
à peine connues du grand public, à linstar du
« Voguing » installé depuis plus de quatre
décennies aux Etats-Unis et faisant désormais une percée
remarquable en France sous lexpertise présente de Léa
Vlamos.
Citons par ailleurs, Anna Cleveland ayant, notamment par sa filiation,
une vocation de mannequin leader, Patric Kuo jeune comédien australien
interprétant avec pertinence Jean Paul Gaultier, Lazaro Cuervo Costa
fascinant par son charisme spontané ainsi que Demi Mondaine chantant
avec sa voix profondément soul quelques titres de la playlist du show.
Vu de la salle, ce voyage festif est perçu avec grand bonheur dans
la distanciation quapporte lhumour implicite de chaque plan,
aussi bien dans sa conception scénographique que dans son
interprétation.
A la manière dun défilé ininterrompu ou dune
revue sauto-régénérant, et selon une suite de
tubes décoiffant le vintage à linstar de « Light
my fire », « Smaltown » Bronski beat ou
« Relax » Frankie Goes to Hollywood, les incarnations
emblématiques senchaînent de Madonna à Lady Gaga
en passant par Mylène Farmer, Amanda Lear ou Catherine Ringer
pour ne nommer ici que des « Reines » endossant selon
la circonstance les costumes que Le Maître leur avait confectionnés
jadis ou, a contrario, créés à dessein pour le Fashion
Freak.
Alors y aurait-il meilleure perspective pour fantasmer en paillettes,
plumes et strass que ce fabuleux Show exceptionnel de JPG
« Lenfant terrible de la mode » qui en rêvait
depuis ses premiers émois
afin de fêter, au final, les
150 ans des Folies Bergère dont le mythique anniversaire aura lieu
effectivement en 2019 ?
Theothea le 22/10/18
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LA LEGENDE D'UNE VIE
« La Légende dune vie » Nathalie
Dessay & Macha Méril rivalisent au Théâtre
Montparnasse
de Stefan
Zweig
mise
en scène Christophe
Lidon
avec
Natalie Dessay, Macha Méril, Bernard Alane, Gaël Giraudeau
& Valentine Galey
|
****
Théâtre
Montparnasse
|
Comment grandir sous lombre tutélaire du géant paternel
gérée sans faille par lépouse pleinement acquise
à la gloire de feu son époux, tout en étant persuadée
que leur fils devrait nécessairement recueillir les profits et une
légitime reconnaissance à être le digne héritier
de son père ?
Entretenant ainsi le culte du grand poète disparu avec laide
de Hermann Bürstein, son biographe attitré, Leonor Franck organise
des évènements mémoriels à la dévotion
artistique du Grand Homme dans la maison familiale jusquà se
permettre une soirée thématique spéciale autour de
luvre littéraire de Friedrich, leur fils chéri
destiné à reprendre le flambeau.
Cette réception festive constituera en soi la goutte deau
déclenchant lire filiale, rejetant dun seul tenant
lensemble des efforts réunis pour son entrée solennelle
dans le gotha culturel.
De plus, cette ruée dans les brancards trouvera sa justification
concomitante dans le surgissement inopiné de Maria Folkenhof qui
savéra être lancienne maîtresse de Franck
père, détentrice de secrets et même dune correspondance
pouvant remettre en question la réputation du grand poète.
Maria et Friedrich vont demblée se sentir en affinités
de révolte, elle ayant dû abdiquer autrefois devant
lépouse, lui rejetant présentement les faux-semblants
organisés par sa mère, elle et lui portés par le sentiment
dêtre écrasés par une légende partiellement
factice ou fallacieuse.
La mise en scène de Christophe Lidon qui, par ailleurs, affectionne
particulièrement luvre théâtrale de Stefan
Zweig, retrouve demblée ses automatismes en laissant les enjeux
contradictoires prendre forme et leur permettre de sexposer pleinement
au regard du public
pour finir par se dénouer au mieux de
lintelligence humaine.
Cette première création en France de « La
Légende dune vie » désormais tombée
dans le domaine public est une ode au relativisme sessayant à
questionner et tester les différentes options de vie pour parvenir
tranquillement, par la force des choses, à la paix des âmes.
Un casting de premier choix préside à cette réalisation
en place actuellement au Théâtre Montparnasse, en ayant réuni
trois comédiennes déjà bien célébrées,
Nathalie Dessay ex-cantatrice de renommée internationale, Macha
Méril Molière Comédienne 1988, Valentine Galey nominée
révélation féminine aux Molières 2015 ainsi que
deux comédiens tout aussi réputés Bernard Alane nominé
Molière Comédien en 93 / 97 et Gaël Giraudeau qui ne peut
méconnaître les avantages et inconvénients dêtre
né « fils de ».
Dans le magnifique décor de Catherine Bluwal, constitué
de lignes asymétriques quasi labyrinthiques, cette équipe
remarquable se positionne avec humilité dans chacun des rôles
respectifs ainsi calibrés sur mesure.
Le happy end relève du soulagement général car, en
effet, il aurait été vraiment regrettable que la bonne
volonté, exprimée de part et dautre bien que souvent
maladroite, ne finisse point par trouver, en total respect des ambitions
et fiertés identitaires, son chemin de lumière.
Theothea le 16/10/18
|
LE BANQUET
« Le Banquet » Mathilda May régale
Le Rond-Point
de &
mise
en scène Mathida
May
avec
:
Sébastien Almar, Roxane Bret, Bernie Collins, Jérémie
Covillault, Lee Delong, Stéphanie Djoudi-Guiraudon, Arnaud Maillard,
Françoise Miquelis, Ariane Mourier, Tristan Robin |
****
Théâtre du Rond
Point
|
Cinq années après son « Open Space »,
Mathilda May revient sur les planches avec son
« Banquet », en tant quauteure et metteuse en
scène à la tête dune troupe de dix comédiens,
chanteurs, danseurs et mimes focalisant de nouveau sur le « vivre
ensemble » dans une durée et un lieu donnés pour
en observer la variété des comportements issus dune situation
intriquant individualisme et collectif.
Précédemment, dans le bureau sans cloison où le
relationnel obéissait à la fois à des règles
de savoir-vivre en même temps quà des codes propres à
lentreprise, chacun tentait dexister à part entière
tout en devant composer avec des servitudes plus ou moins explicites
sous la menace tacite du chômage sans cesse en arrière-plan.
A contrario, en 2018, les apparences semblent a priori plus
légères, car le contexte festif du mariage nengage que,
pour lespace dune journée et dune soirée
sous un chapiteau, la présence de deux familles sans doute partiellement
recomposées avec le cortège damis plus ou moins proches
des deux époux.
Toutes les modalités des réjouissances vont être,
comme il se doit, distillées au fur et à mesure du banquet,
discours, jeux, vidéos, danses etc
mais vont prendre
nécessairement, avec laide notamment de lalcool, des tournures
inattendues et entraîner des réussites décalées
et surtout des échecs à taille humaine déréglée.
En effet, la maladresse aidant, la réalisation souvent approximative
de ces animations pleines de bonne volonté pourraient éventuellement
tourner au cauchemar si une certaine tension psychologique devait commencer
à poindre au sein des nouveaux mariés et de leurs entourages.
Bref, Mathilda May, forte du succès critique d« Open
Space » réédite en un format similaire les enjeux
en cours dès son premier opus.
Toute lexpressivité de ses interprètes ne passe que
par la chorégraphie, la musique, les déplacements, les gestes.
Ce comportementalisme est délibérément dénué
de toute phrase verbale et se traduit au mieux par une suite de borborygmes
suscitant la rumeur générale qui enveloppe la perception du
spectateur décodant, à linstar dun film muet,
lensemble du tableau vivant dans un registre forcément comique,
voire hilarant
au gré, bien entendu, des sensibilités
réceptrices.
On pourrait aisément dire que Mathilda May se pose en digne
héritière du travail créatif de Jacques Tati
avec,
de toute évidence, sa propre petite musique et surtout une connaissance
très approfondie des arts de la scène, notamment celui de la
danse.
Si on ajoute à ces qualités acquises, celle de manier sans
vergogne la dérision et son pendant, lauto-dérisison,
on comprendra que la comédienne emblématique, étiquetée
dorigine « super-sexy », ait désormais envie
de creuser ce sillon de la réalisation qui, non seulement lui
réussit mais surtout lui permet de goûter à une pleine
liberté de création
quasi universelle puisque labsence
de texte rationnel laisse ici place à une intuition
généralisée demblée compréhensible
par tous.
Alors, vive Mathilda & ses agapes fort opportunes !
Theothea le 18/10/18
|
MISERY
« Misery » Lécrivain dans les mailles
perverses de sa Lectrice au Théâtre Hébertot
de
William Goldman
mise
en scène Daniel
Benoin
avec
Myriam Boyer & Francis Lombrail
|
****
Théâtre
Hébertot
|
A lapproche dHalloween, « Misery » de
Stephan King pourrait soffrir au public tel un spectacle dédié
implosant les codes du vivre en bonne intelligence.
Au-delà de cette opportunité, la scénographie de
Jean-Pierre Laporte attire lanxiété du spectateur vers
le hors-champ par un jeu de rétroprojection laissant transparaître
quelque signifiant vidéo fantomatique dont on percevrait la violence
induite mêlée à une expression sonore traumatisante.
Cultivant ainsi le paradoxe jusque dans ses retranchements
métaphoriques, la mise en scène de Daniel Benoin focaliserait
le suspense sur le rapport de forces instauré entre les deux personnages,
Paul lécrivain de best-sellers et Annie sa lectrice fan devenue
sans crier gare son infirmière patentée.
De fait, un accident de voiture nocturne en pleine nature blessant gravement
Paul a contraint Annie à le recueillir dans sa ferme et à prodiguer
les premiers soins.
Mais voilà, comprenant lidentité de son
protégé, celle-ci va rapidement lisoler de tout contact
personnel possible et de tout secours médical.
En effet, il se trouve que lécrivain est parvenu à
un stade de sa vie professionnelle où il souhaite en finir avec son
héros récurrent de façon à pouvoir passer à
une autre étape de sa créativité littéraire et
qua contrario Annie, elle, sa lectrice emblématique, veut faire
perdurer les vertus de sa propre bulle imaginaire dans les schémas
qui la font rêver et fantasmer.
La tension psychologique ne va cesser de croître entre les deux
protagonistes au point que dabord la ruse, puis la violence physique
vont se relayer de part et dautre, de façon à imposer
à lautre sa raison prépondérante.
Les coups répondant au stratagème, force sera de
sinterroger au-delà de la relation psychopathe présente
sur les fonctions respectives de lécrivain et de son lecteur,
ainsi que sur leurs responsabilités réciproques.
Myriam Boyer assume avec classe les dérives hallucinatoires de
son rôle, pendant que Francis Lombrail, lui, apprend à souffrir
avec résignation apparente pour tenter une sortie saine et sauve par
le haut de son charisme.
Du roman à la pièce de théâtre, en passant
par le film, des générations de spectateurs ont ainsi
été confrontées à langoisse inhérente
à luvre de Stephan King.
A chaque support correspond un potentiel de fascination. En ce qui concerne
ladaptation théâtrale française de Viktor Lazlo,
son point fort se situe dans lintensité relationnelle suscitée
en temps réel par les deux comédiens sous la direction de Daniel
Benoin.
Point de véritable terreur ici mais davantage une impression
dêtre submergé par une folie sans limite
comme si
lon pouvait craindre que lesprit subversif dHalloween revienne
en boomerang sur le modus vivendi du quotidien.
Theothea le 26/10/18
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