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LA LOCANDIERA
« La Locandiera » Alain Françon ouvre la
fenêtre émancipatrice à La
Comédie-Française
de Carlo
Goldoni
mise
en scène Alain
Françon
avec
Florence
Viala, Coraly Zahonero, Françoise Gillard, Clotilde de Bayser, Laurent
Stocker, Michel Vuillermoz, Hervé Pierre, Stéphane Varupenne,
Noam Morgensztern & Thomas Keller |
****
Comédie Française
Salle Richelieu
|
|
© Christophe Raynaud de Lage, coll.
Comédie-Française
|
Impensable daborder une nouvelle version de « La
Locandiera » sans que soit évoqué le souvenir dune
précédente dont se dégagerait forcément la nostalgie
dune interprétation à nulle autre pareille.
En effet, la Mirandolina de Goldoni suscite partout, toujours et encore
les fantasmes, dabord ceux de ses partenaires, puis des critiques et
enfin des spectateurs qui finissent toujours par la porter en triomphe tant
sa véritable conquête est avant tout sur elle-même.
La présente création dAlain Françon aurait
dû voir le jour fin mai 2018 mais, en raison dune grève
des techniciens de la Comédie-Française, celle-ci a été
reportée cinq mois plus tard.
La voici donc aujourdhui cette fameuse
« Locandiera » qui se sera faite attendre,
désirée et fantasmée à la manière de toutes
les « Mirandolina » de la terre, exceptée
paradoxalement celle dAlain Françon.
En effet, si cette ravissante aubergiste a généralement
tant de succès, cest que, victimes de son attitude fascinante,
les hommes qui la côtoient finissent inexorablement par tomber à
ses pieds, dune manière ou dune autre.
Et cependant en salle Richelieu, tout se passe comme si Florence Viala,
superbe comédienne dont le charme naturel a été maintes
fois exploité sur scène par le passé, avait ici reçu
la consigne de ne pas utiliser les armes de la séduction.
Belle, elle lest, cest certain ! Mais son véritable
atout sera la parole juste, pertinente et fédératrice.
Le marquis, le comte, le chevalier & le valet capituleront dautant
plus sous son charisme dévastateur que celle-ci ne sera en rien
linstigatrice dune ambition amoureuse plus ou moins sous-jacente.
En effet, ceux-là tomberont tout seuls dans le piège
quils se sont concocté par lâcheté ou simple illusion
sur eux-mêmes.
Lorsque, néanmoins, la Mirandolina sera déstabilisée
par le Chevalier et que, par affinités ou inclination, celle-ci sera
peut-être sur le point de lui céder, elle aura la présence
desprit de se rendre compte quà la suite de son
évanouissement simulé son séducteur nest resté,
de toute évidence, quun homme en mal de complaisance envers
son propre ego.
Ainsi va donc le monde autour de la Mirandolina qui doit gérer
lexcès de désir à son encontre, tout en ayant
conscience que les classes sociales ne se transgressent point par la magie
de la beauté ou de la sensualité alors même que de
surcroît son métier daubergiste loblige à
anticiper et à répondre au plus près des desiderata
de ses clients.
Michel Vuillermoz, Hervé Pierre et Stéphane Varupenne sen
donnent à cur joie de pratiquer ensemble cette corrida pour
laquelle chacun dentre eux possède une arme spécifique
mais sans jamais pour autant se ressentir solidaires car ils pensent chacun
être le formidable Don Juan dont la belle a besoin.
Cest un régal que de les voir se disputer, se contredire
et, pour tout dire, se pavaner dans leurs certitudes étayant un pouvoir
de domination idéologique dune puissance sans limite.
Ainsi, les pseudos-maîtres de lAmour et même de son
contraire « lindifférence distanciée »
savent se payer de mots mais, au bout du compte, ne sont pas en mesure
dêtre à la hauteur de lenjeu, celui de la destinée
de Mirandolina dont elle reste la dépositaire exclusive.
A linverse des deux comédiennes (Coraly Zahonero &
Françoise Gillard ou Clotilde de Bayser) de passage touristique dans
son hôtellerie, la jeune patronne tant courtisée se doit
effectivement d« être » et non point de
« paraître ».
Aussi, aucun compromis avec les faux-semblants ne devra subsister dans
le choix de vie à venir pour assumer son entière cohérence
existentielle.
Dans les cartes du jeu de société quelle possède
entre les mains, il ne restera en définitive quune seule option
viable :
Cest Laurent Stocker qui en sera linterprète; lui qui
aura joué Fabrizio, deux heures durant, se devra de refouler toutes
les appréhensions de sa servitude et accepter comme un cadeau du ciel
lhyménée proposé en perspective.
Alors, ouvrons les stores et les fenêtres vers lextérieur
! Alain Françon en perçoit lesquisse dun aboutissement
grâce à la parole émancipatrice
Theothea le 01/11/18
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ALORS ON S'AIME
« Alors on saime » Daniel Russo
& Corinne Touzet en pétard conjugal aux
Variétés
de
Flavia Coste
mise
en scène Anne
Bourgeois
avec
Daniel Russo, Corinne Touzet & Loup-Denis Elion
|
****
Théâtre des
Variétés
|
Dernièrement, nous avions apprécié Daniel Russo pour
son jeu dans « Jacques Daniel », Corinne Touzet
dans « Voyage en ascenseur », Loup-Denis Elion dans
« Open Space », Anne Bourgeois pour sa mise en scène
de « Les nuds au mouchoir » ainsi que Flavia Coste
pour être lauteur de « Non à
largent ».
Eh bien, les voilà tous réunis aujourdhui au
Théâtre des Variétés dans ces mêmes fonctions
similaires de composition, de réalisation et décriture
pour lesquelles ils ont pris lhabitude dexceller chacun de leur
côté avec, cette fois-ci, comme cahier des charges commun celui
de gérer les disputes récurrentes dun couple (Max &
Charlotte) en tentant de le faire revenir aux racines de leur Amour
initial.
Daniel Russo & Corinne Touzet vont en effet déballer sur
scène le grand jeu de lincompréhension réciproque
au point de mettre en péril ce lien ténu qui, jusquà
ce soir, leur a permis de vivre ensemble.
Toutefois, il se pourrait fort bien que pour une histoire dufs
périmés, la goutte deau fasse définitivement
déborder la patience de Max rentrant exténué du travail
vers 22h alors que non seulement rien nest prêt pour le souper
mais quen plus le frigo est quasiment vide.
De surcroît, lappartement est empli de boîtes à
chaussures étalées alors quil semblerait quaucune
des paires d'escarpins accumulées ne puisse vraiment convenir à
Charlotte.
Bref, chacun des deux partenaires ayant un problème insoluble à
résoudre, il est prévisible que le « shopping
insatisfait » de lune ne pouvant compenser le
« ventre vide » de lautre, la mauvaise foi ne pourrait
guère davantage apaiser lexaspération et, ainsi, à
moins quun tiers, le Docteur Love, nintervienne dans lurgence
comme par magie
la séparation de Max & Charlotte sannonce
comme inexorable !
Eh bien, le voici ce fameux docteur (Loup-Denis Elion) qui nest,
à vrai dire, que leur voisin du dessus surgissant excédé
par les cris de dispute quotidienne et autres insultes à faire imploser
sa propre famille ne pouvant trouver le sommeil réparateur
et,
par conséquent, bien décidé à conclure au divorce
du couple sans gêne, séance tenante !
Voilà, les protagonistes sont désormais en place; il ne
reste plus aux spectateurs quà se régaler de tout leur
saoul car, bien entendu, ne pouvant se reconnaître dans une situation
conjugale aussi abracadabrante, ceux-ci se sentent davance
dédouanés de toute responsabilité face à la rupture
annoncée
mais qui pourtant, ô surprise, naura pas
lieu !
Eh oui, car figurez-vous quil existe écrite, quelque part,
une recette avec dix règles en or pour « bien se
disputer et parvenir à mieux vivre ensemble »
et, vous comme moi, ne le savions pas jusqu à cet instant !
Au diapason de ce vade mecum inattendu, les prolongations du conflit
domestique précédemment exposé vont donc pouvoir se
propager dun appartement à lautre sous, dorénavant,
les bons soins de Leonard, alias cet inénarrable Docteur Love.
Dire que celles-là prendront au fur et à mesure de leur
évolution des tournures franchement surréalistes à
décoiffer toute psychologie conventionnelle relève dune
sorte deuphémisme bon chic bon genre mais sachez surtout que
vous pouvez faire confiance à Flavia Coste épaulée par
Anne Bourgeois pour affoler le final déjanté et inventer un
dénouement extravagant
Theothea le 03/11/18
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IVANOV
« Ivanov » Tchekhov, Benedetti & Compagnie
à LAthénée
de Anton
Tchekhov
mise
en scène Christian
Benedetti
avec
Vincent
Ozanon, Laure Wolf, Philippe Lebas, Philippe Crubézy, Brigitte Barilley,
Alix Riemer, Yuriy Zavalnyouk, Lise Quet, Nicolas Buchoux, Christian Benedetti,
Antoine Amblard, Martine Vandeville &
Alex Mesnil |
****
Théâtre de
l'Athénée
|
Du Studio dAlfortville jusquà Paris en passant par
La Cartoucherie de Vincennes, Christian Benedetti poursuit, depuis sept
années, le fabuleux projet de monter Tout Tchekhov :
Cela a donc commencé avec « La Mouette »,
« Oncle Vania » et « Les Trois
Surs » au Studio, par la suite ce fut « La
Cerisaie », en villégiature au Théâtre du Soleil,
hôte dAriane Mnouchkine et, actuellement, cest donc
« Ivanov » se tourmentant sur sa destinée au
Théâtre de lAthénée.
La prochaine étape sera pour « Platonov » géo
localisable dans deux ans et précédant ainsi le point dorgue
forcément grandiose de lambitieux dessein, cest-à-dire
celui dune pièce différente chaque soir de la semaine
avec lintégrale le dimanche.
Quelle formidable perspective, dautant plus que le parti pris du
chef de Troupe, dont les acteurs jouent de fait en alternance, impose un
rythme particulièrement cadencé à la parole tchekhovienne
se déversant sur les planches par vagues successives alors que,
séquencée par des plages de silence avec arrêt sur image
suspendant lécoulement du temps, loralité
elle-même semble sinterroger sur le sens des mots, sinon des
maux endurés parce que sous-entendus ou implicites.
Alors, si la nostalgie est effectivement au rendez-vous attendu, cest
parce quelle nourrit, ici et maintenant, plus que jamais le cur
existentiel des protagonistes criant leur désarroi à leurs
interlocuteurs eux-mêmes pris dans le filet des contradictions les
reliant à un destin en impasse généralisée.
Certes la sincérité dIvanov pourrait être
émouvante tant elle se refuse à jouer les faux- semblants quand
il sagit de prendre position face à lessentiel :
Non, il naime plus Anna (Laure Wolf); dailleurs laurait-il
jamais aimé ? Et ce nest point parce que celle-ci est
désormais gravement malade que celui-là obéirait aux
injonctions du docteur (Yuriy Zavalnyouk) bien-pensant car se croyant
autorisé à lui rappeler son devoir marital de protéger
son épouse en lemmenant en cure thérapeutique.
Mais Ivanov (Vincent Ozanon) préfère de loin cultiver son
spleen infini et son mal-être insondable alors que couvert de dettes,
il devient de surcroît la proie de Sacha (Alix Riemer), la propre fille
de ses créanciers, tombant littéralement amoureuse de lui au
point de vouloir précipiter leur mariage, quels que soient les obstacles
sociétaux et la bienséance prévalant en telle circonstance
pour le moins choquante.
Daucuns prétendraient quIvanov est un salaud, le pire
des prétendants assoiffés de se refaire une santé
pécuniaire en épousant, à tour de rôle, ces
dulcinées qui seraient à même de lui permettre de surfer
au mieux des contraintes prosaïques grâce à leurs fortunes
patrimoniales respectives.
Quimporte lamour et la dévotion que lui manifestent
Sacha et auparavant Anna, finalement répudiée et
déshéritée par sa famille, pourvu quIvanov ait
lespérance ou lillusion de ne plus être harcelé
pour dettes et quainsi, peut-être, il puisse sortir de la torpeur
du mal de vivre, voire celle de mourir sans en comprendre néanmoins
le pourquoi du comment.
Dailleurs, peut-être ont-ils raison ceux-là de crier
à lassassin, au malfaiteur, au sans-cur car, de fait,
que ce soit dune attaque ou dun suicide (selon la version du
drame remaniée par lauteur), cest bien dans les deux cas
leffet direct dune auto-destruction qui emporte Ivanov loin de
sa présence absente au monde.
Dire que Christian Benedetti perçoit avec acuité cette vision
pathétique retranscrite par Tchekhov avec lintention solidaire
et complice de la retourner comme un gant par lhumour au énième
degré envisagé par lesprit humain, cest sans doute
confirmer que lauteur et le metteur en scène forment
présentement un fameux tandem théâtral tellement drôle
que nous ne pouvons quavoir hâte dapprécier leur
prochaine "Intégrale" ainsi annoncée.
Theothea le 14/11/18
|
LE CABARET DES TROIS
SOEURS
"Le Cabaret des Trois Soeurs" envoûte de nostalgie slave
La Cartoucherie
écriture
collective
mise
en scène Bruno
Niver
avec
Evguenia
Peters, Daria Lovat, Tatiana Paramonova, Elena Garcia-Benitez, Serguei Vassiliev
et Mike Ellis |
****
Théâtre de
l'Epée de Bois
|
Quel étrange et émouvant Cabaret nous est proposé
au théâtre de l'Epée de Bois à la Cartoucherie
!
Trois jeunes femmes moscovites, Génia, Dacha,Tania et un homme
Sergueï, tels les trois soeurs de Tchekhov et leur frère
coincés dans un environnement, provincial à l'époque,
ressenti étriqué et vulgaire, brûlent de partir vers
un "ailleurs" plus lumineux qui permettrait de déployer leurs ailes
trop repliées sur elles-mêmes.
Par essence insatisfaits, désireux de combler un vide intérieur
et quitter une vie terne et monotone, ces quatre êtres à la
dérive vont nous embarquer, par des monologues pleins de mélancolie,
dans une Russie fantasmée, de la Perestroïka à nos jours,
et nous chanter leur spleen, leurs aspirations, leurs espoirs
déçus.
La première à entrer en scène est Tania (Tatiana
Paramonova) qui, flanquée d'une sempiternelle valise, rêve de
voyages et se retrouve "émigrée" à Paris et finalement
atterrit à la Cartoucherie, s'interrogeant devant le public sur ce
qu'elle fait là. Elle se demandera si elle doit retourner à
Saint-Pétersbourg mais laissera le train s'éloigner tout en
ayant le billet à la main. Est-ce que prendre un billet de train oblige
à partir? Non, dit-elle, car elle nous fait comprendre que la
liberté de décision peut intervenir à chaque instant
de sa vie mais, sans doute, est-elle plutôt incapable de prendre une
décision et faire réellement un choix en proie avec cette
éternelle langueur Tchekhovienne.
Dacha (Daria Lovat) incarne le mal-être et chante les envies
inassouvies, les amours avortées, l'ennui, la vacuité de
l'existence, tout en se métamorphosant pour braver le destin
inéluctable de la fille des bas-fonds, de la prostituée ou
de l'aristocrate déchue. Son répertoire passe par la romance
d'une époque mythique aux chansons Brechtiennes de Kurt Weill et les
tangos soviétiques des Années 20, au cabaret parisien avec
Barbara, puis au Rock et au Jazz. Avec son violoncelle et sa voix rocailleuse,
elle est très talentueuse.
Ces deux soeurs sont accompagnées par Génia (Evguenia Peters),
pianiste avant tout et qui joue brillamment dans tous les styles. Plus jeune,
elle parle de la Russie d'aujourd'hui et animera des morceaux de jazz avec
un saxophoniste, Mike Ellis artiste invité, pour exprimer la musique
plus contemporaine.
Quant à Sergueï (Sergueï Vassiliev), pierrot lunaire
désenchanté, il navigue du mime cafardeux escorté par
une ballerine d'une splendide grâce (Elena Garcia-Benitez) au
révolutionnaire chantant et déclamant les poèmes
insurgés de Maïakovski ou au rocker briseur de rêves.
Comme dans "les Trois soeurs" de Tchekhov, la pièce se déroule
sur plusieurs années montrant l'oeuvre du temps sur la décadence
de chacun et la ruine de toutes les attentes. La Russie est certes en mutation,
la société est déboussolée, on pense que le bonheur
sera pour la prochaine génération et pourtant en même
temps « Cest ça lâme russe : rien ne va mais
on ne peut rien changer ! ».
Ce spectacle mis en scène par le plasticien et poète Bruno
Niver nous fait voyager, aux travers de chansons russes, françaises,
anglaises, allemandes dans une Russie poignante de nostalgie aux accents
fantasques et désabusés sur fond de paradis perdu sans espoir
de clarté. Le drame existentiel final en est la quintessence
même.
Cats / Theothea.com le 16/11/18
|
BERNADETTE DE
LOURDES
de Lionel
Florence & Patrice Guirao
compositeur Grégoire
mise
en scène Serge
Denoncourt
avec
Eyma, David Ban, Sarah Caillibot, Grégory Deck, Christphe
Héraut...
|
****
Show Case Val de Grâce
|
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Lien vidéo Aquero - Allez Dire
Show Case presse © Theothea.com
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