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ORIGINES
Aux « Origines » du Cirque 44ème
création Compagnie Alexis Gruss
de &
mise en scène Stephan Gruss
avec Alexis
Gruss, Gipsy Gruss, Stephan Gruss, Firmin Gruss, Svetlana Lobova, Alexandre
Gruss, Charles gruss, Romuald Bruneau, Louis Gruss, Joseph Gruss, Geoffrey
Berhault, desire Cardinali Chavez, Eva Poirieux & l'orchestre dirigé
par Sylvain Rolland
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Théâtre Cirque Alexis
Gruss
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Cie Alexis Gruss © Eloise
Vene
Les années se succédant, la compagnie Alexis Gruss est devenue,
non seulement, lun des points focaux de chaque saison du spectacle
vivant mais encore, davantage, une sorte de phare générationnel
où le public peut suivre, quasiment en temps réel,
lévolution, les avancées, les progrès dune
troupe se référant au patronyme Gruss, celui quAlexis
(74 ans) ne cesse de transmettre à ses deux fils (Stephan & Firmin)
ainsi quà lensemble de sa descendance dont ses quatre
petits fils (Alexandre, Charles, Louis & Joseph) qui, ainsi peu à
peu, semparent de ce relais circassien presque génétique
tout en portant à létat de grâce luvre
du patriarche toujours aux commandes de lesprit équestre
présidant aux destinées du « Cirque à
lancienne » fondé par lui-même sous les auspices
de Silvia Monfort en 1974.
Aujourdhui, après quatre années dun fructueux
et enthousiasmant partenariat avec les Farfadais autour de
« Pégase & Icare » ainsi que de
« Quintessence », voici donc, quen saison 18-19
pour sa 44ème création, la Compagnie Gruss effectue un
véritable retour aux sources en remontant le temps jusquaux
« Origines » du Cirque qui peuvent être datées
en fonction de lapparition du concept de « piste »
initié en 1768 par le major de cavalerie anglais Philippe Astley
initialisant celle-ci sur 13 mètres de diamètre et 40m de
circonférence.
Actuellement, les écuries de la compagnie Gruss détiennent
une cinquantaine de chevaux hautement racés dont une quarantaine
participent directement à « Origines » conçu
et mis en scène par Stephan Gruss.
La chorégraphe Sandrine Diard est en charge plus spécifiquement
de la perspective théâtrale de cette réalisation
quelle souhaite sublimer de manière artistique et esthétique
à partir de la relation homme/cheval.
Durant deux heures et demie, le spectacle en cinq actes et une trentaine
de tableaux structurés par un entracte, illustre les phases
emblématiques de cette saga équine de 250 ans que la famille
Gruss incarne, elle, depuis un siècle et demi sur six
générations.
Eva Poirieux raconte, anime et chante, accompagnée par
lorchestre de 10 musiciens dirigés par Sylvain Rolland en
présentant les techniques, les disciplines équestres
sesquissant autour de la jonglerie, lacrobatie et la voltige
depuis les parades militaires du XVIIIème siècle
jusquà nos jours.
Ainsi « La Bardote impromptue » et « Le
poste à 17 chevaux » flirtent avec des prouesses dignes
de records spectaculaires où, nécessairement, tout le monde
retient son souffle.
La deuxième partie du show intitulée « Des racines
et des ailes » procède de la synthèse contemporaine
à la fois ingénieuse et poétique atteignant son point
dorgue dans la fascinante prestation de Stevana Lobova & Firmin
Gruss interprétant leur « duo amoureux dans les airs et à
cheval ».
La dynastie Alexis Gruss na jamais été aussi
cohérente quavec ce spectacle mémoriel où trois
générations sont en piste de façon assumée,
compétente et performante alors que la prestation sobre, intense et
resplendissante de l« Amazone » Gipsy épouse
dAlexis, le Maître écuyer fondateur, est comme garante
de son authenticité et de sa qualité, à limage
de ce collectif patrimonial à nul autre pareil.
Selon ses habitudes hivernales parisiennes, le chapiteau se tient à
lorée du Bois de Boulogne, non loin de la porte de Passy atteignant
ainsi le début mars avant de partir en tournée hexagonale selon
une suite de « Zénith & Aréna » paradant jusque
fin mai 2019.
Theothea le 10/01/19
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Cie Alexis Gruss © Eloise
Vene
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FANNY ET ALEXANDRE
« Fanny et Alexandre » Julie Deliquet
offre Bergman à La Comédie-Française
de Ingmar
Bergman
mise
en scène Julie
Deliquet
avec
Avec
Veronique Vella, Thierry Hancisse, Anne Kessler, Cecile Brune, Florence Viala,
Denis Podalydes, Laurent Stocker, Elsa Lepoivre, Julie Sicard, Herve Pierre,
Gilles David, Noam Morgensztern, Anna Cervinka, Rebecca Marder, Dominique
Blanc, Julien Frison ou Gael Kamilindi, Jean Chevalier et les comédiennes
de lacademie de la Comedie-Francaise Noemie Passager et Lea Schweitzer
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****
Comédie Française
Salle
Richelieu
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© Brigitte Enguérand, coll.
Comédie-Française
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A loccasion de lentrée dIngmar Bergman au
répertoire de La Comédie-Française, la prestigieuse
Maison en a profité pour renouer avec la notion traditionnelle de
« lentracte » quelle semblait avoir
délaissée depuis plusieurs saisons
au profit de
représentations effectivement écourtées prévenant
déventuelles déperditions de spectateurs.
Cependant, en loccurrence, la rupture dramaturgique est, ici,
suffisamment pertinente pour quy soulignant judicieusement un changement
existentiel radical le public puisse effectuer, lui-même, en cet instant,
une pause synchrone bénéfique.
En effet, après cette interruption, la récente veuve Emilie
Ekdahl (Elsa Lepoivre) reviendra sur scène en ayant abandonné
par dépit le monde théâtral, sêtre remarié
à lEvêque Edward Vergerus (Thierry Hancisse) et avoir
emmené avec elle ses deux ados, Fanny (Rebecca Marder) et Alexandre
(Jean Chevalier) dans son nouveau foyer conjugal.
Mais face à lintransigeance rigoriste de son second époux
exerçant une autorité de substitution abusive avec lappui
pernicieux de sa sur Henrietta (Anne Kessler), cette expérimentation
tournera court rapidement en suscitant un véritable psychodrame domestique
dans lequel le spectre paternel originel viendra jouer les empêcheurs
de tourner en rond.
Julie Deliquet ayant trois ans auparavant mis en scène, avec grande
réussite, « Vania » au Vieux-Colombier, est donc
invitée à nouveau pour une création Salle Richelieu,
quelle a ainsi dédiée au grand réalisateur
suédois grâce à son adaptation scénique partagée
en compagnie de Florence Seyvos et Julie André, daprès
le roman, la série télévisée et le film formant
le puzzle testamentaire voulu par Bergman.
Sappuyant sur limprovisation travaillée en amont pour
que sa direction dacteurs aboutisse davantage à lincarnation
des rôles plutôt quà leur interprétation,
Julie incite les comédiens à être eux-mêmes prenant
présentement en charge la troupe du Français afin den
constituer le clone de la famille Ekdahl jusquà faire correspondre
ces deux entités chorales.
Si lintrication de la réalité et de limaginaire
court, bel et bien, tout au long de la représentation, la première
partie du spectacle se veut avant tout « hommage festif »
à la grande famille du Théâtre se présentant
formellement au spectateur de manière impressionniste,
cest-à-dire en se projetant de lautre côté
du miroir de la « vraie vie » au sein des coulisses,
des loges et du plateau sur lequel lensemble des partenaires fêtera
joyeusement Noël avant que ne sélaborent les
répétitions dHamlet dirigées par Oscar (Denis
Podalydès) dans une esthétique singeant à son insu le
réel.
Après lentracte, cest une toute autre histoire qui
se jouera à la suite précisément de la soudaine disparition
du chef de Troupe. Lenjeu dramatique progressif sy
révèlera tangible au beau milieu de fantômes plus ou
moins identifiés, alors que lesprit du Théâtre
tenterait à nouveau daspirer à lui ceux qui auraient
malencontreusement déserté son labyrinthe pleinement
métaphorique.
Fanny, Alexandre et leur mère se verront alors lobjet dune
attention familiale réitérée visant à les exfiltrer
du piège carcéral sétant refermé sur eux
trois.
Quelle sera la part fictionnelle dans ce sauvetage in extremis des griffes
de lobscurantisme ?
Quel en sera le tribut réaliste fustigeant les principes disciplinaires
à outrance ?
Où commence et se délimite la sphère onirique ? Serait-ce
celle de lenfance, ladolescence, lâge adulte se
confondant en une seule et même aspiration où
« fiction » et « vécu »
sallieraient pour le meilleur et le pire tout à la fois ?
En ce geste éminemment artistique, Julie Deliquet associe avec
talent la démarche théâtrale au prisme cognitif permettant
ainsi denglober lunivers mental. Si donc luvre
dIngmar Bergman trouve force et crédit dans sa dimension
autobiographique, tout un chacun peut y retrouver sa propre vérité
en assumant les rapports de force ludiques, enjeu de toutes les destinées.
Julie Deliquet, elle, a trouvé la sensibilité ainsi que
la technique pour nous les rendre perceptibles et même palpables.
Sur les planches et dans la salle, la troupe, actuellement managée
par Eric Ruf cosignant lui-même la scénographie de cette
création emblématique, investit les curs et les esprits
sous la houlette visionnaire et protectrice dHelena (Dominique Blanc),
la doyenne de la tribu Ekdahl, garante de la continuité identitaire
symbolisant lâme du Théâtre et cautionnant la mesure
de toutes choses
Sociétaires, pensionnaires et comédiens de
lAcadémie, tous sont à lunisson de cet ambitieux
objectif faisant de ce spectacle Bergmanien, sinon un manifeste, une
véritable profession de foi
en leur vocation et leur Art sublimant
la solidarité créative.
Theothea le 19/02/19
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LES COUTEAUX DANS LE DOS
de
& mise en scène
Pierre Notte
avec
Muriel Gaudin, Caroline Marchetti, Kim Schwarck, Amandine Sroussi &
Paola Valentin
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****
Théâtre Les
Déchargeurs
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|
© iFou pour Le Polle Media
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Dans la catégorie « auteur francophone », Pierre
Notte était nominé aux Molières 2010.
Dix années après, il revient sur le lieu du crime
« Les Déchargeurs » où les couteaux sont
à nouveau tirés dans le dos mais avec un nouveau quintette
féminin à lexception de Caroline Marchetti qui officiait
déjà à la création.
Autant de chaises et une table, voilà la scénographie
prête à virevolter avec lenvolée de Marie vers
la liberté et son existence au monde.
Telle une démarche initiatique que ladolescente effectuera
presque à son insu, la découverte de soi à travers les
vicissitudes rencontrées sera programmée comme une
échappatoire au carcan inhibiteur de la famille jusquau vertige
séducteur de la mort appelée à la rescousse, tout en
passant par les fjords norvégiens et la compagnie dun jeune
gardien de phare
à lécoute.
Ce « Peer Gynt » de Pierre Notte conjugué au
féminin pluriel est issu de multiples influences revendiquées
par le dramaturge, tels Ingmar Bergman, Georges Clouzot, Jean Cocteau, Jean
Genet, Franz Kafka, Thomas Middleton, Pier Paolo Pasolini, Saint-John Perse,
Jacques Prévert, Rainer Maria Rilke, William Shakespeare, August
Strindberg et bien entendu Henrik Ibsen.
Pas moins de 40 personnages sont évoqués par cette équipe
dynamique, intense et précise quinterprètent ces jeunes
comédiennes aspirées par un souffle imaginaire emportant sur
son passage à la fois le prosaïque, la poésie et le drame
dans un tourbillon tourmenté et fantasmagorique dont il sera
potentiellement possible de sextraire par le haut
tant
lambition de Marie projetée à légard de
la vie savère infinie.
Theothea le 04/05/19
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J'AI PRIS MON PERE SUR LES
EPAULES
de Fabrice
Melquiot
mise
en scène Arnaud Meunier
avec Rachida
Brakni, Philippe Torreton, Maurin Ollès, Vincent Garanger, Frederico
Semedo, Bénédicte Nmenba, Riad Gahmi & Nathalie Matter
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Théâtre du
Rond-Point
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Avec deux nominations aux Molières 2019, cette épopée
des temps contemporains est donc dores et déjà
distinguée en catégorie « auteur
francophone » et « comédienne ».
Pour cette dernière, Rachida Brakni est lheureuse destinataire
dans son rôle dAnissa la pythie, à la fois, égérie
du père et du fils, de Roch (Philippe Torreton) & dEnée
(Maurin Ollès), les deux protagonistes épiques ayant
moissonné lamitié autour deux au sein du blême
HLM quils sapprêtent à quitter afin de rejoindre
leldorado utopique quils se sont forgé dans leur imaginaire
quelque part au Portugal telle la dernière conquête de lOuest
avant que dy déposer les armes du volontarisme au seuil de la
maladie paternelle à lissue inéluctable mais sous
lauspice de Murray Head et sa chanson étendard « Say
It Aint So / Dis que cest pas vrai ».
Quant à Fabrice Melquiot, lautre sélectionné,
selon une représentation proche de trois heures de « vivre
ensemble » réconfortant les âmes dorigines
socioculturelles diversifiées, son ouvrage appelle à la rescousse
tous ceux dont on ne parle jamais, ces oubliés des rond-points où
les gilets jaunes pourraient par la suite fleurir sans crier gare.
Cest autour du Kebab au Rdc que les huit protagonistes, en
présence discrète de la faucheuse, peuvent se retrouver au
gré des mots chaleureux vainquant les maux du quotidien avant que
de plébisciter le grand défi de nos deux anti-héros.
Ce spectacle, véritable Odyssée pour impressionnante
scénographie et distribution haut de gamme, est le fruit dune
commande passée par Arnaud Meunier, directeur de La Comédie
de Saint-Etienne, offrant ainsi à Fabrice Melquiot
lopportunité de sublimer, sous le parler vrai si poétique,
cette fable réaliste moderne au diapason de lEnéide de
Virgile.
Theothea le 01/05/19
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LES ANALPHABETES
d'après
Ingmar Bergman (Scènes de la vie conjugale)
Balagan' retrouvé
avec Gina
Calinoiu, Lionel Gonzalez & Thibault
Perriard
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****
Théâtre Gérard
Philipe
TGP |
Près de deux années auparavant, Laetitia Casta &
Raphaël Personnaz endossaient le couple Marianne & Johan quIngmar
Bergman avait labellisé dans son film
« Scènes de la
vie conjugale » afin de le mettre à nu sur les planches
de lOeuvre au point den jauger la menace existentielle
sexerçant sur deux consciences autonomes en impasse.
A la même époque, la compagnie du
« Baliganretrouvé » codirigée par
Gina Calinoiu & Lionel González trouvait ses marques en prenant
ce même document Bergmanien pour en rechercher la structure à
la manière de lécole russe, Vassiliev et Stanislavski,
et en dégager ainsi la matière dune improvisation qui
servirait de fil conducteur à leur jeu théâtral.
Cest ainsi que chaque représentation serait unique par le
fait quelle serait vécue en temps réel sur scène,
ici et maintenant.
La création qui eut lieu au Studio dAlfortville était
partagée avec un second couple apparaissant en contrepoint du leur.
Pour cette reprise au TGP en 2019, le couple Marianne & Johan se retrouve
seul face à face en présence néanmoins dun
musicien Thibault Perriard qui organise autour deux un véritable
happening jazzy à partir dinstruments
« bricolés » et manuvrés dans la
distanciation aléatoire.
De la notoriété des acteurs cités au début
menant une introspection ravageuse sapparentant au jeu de la
vérité jusquau saut vertigineux dans le vécu en
direct par deux comédiens associés selon une quête de
linvisible, voire de linconscient dune uvre balisée
et renommée, il y a bien sûr dans les deux cas une approche
de la violence des sentiments et des ressentiments se retournant tels des
boomerangs sur leurs détenteurs.
Cependant au diapason de la démarche du « Baligan
retrouvé » se distingue demblée une
spécificité essentielle contenue dans le titre de leur spectacle
lui-même tiré de la 5ème phase du couple conçu
par Bergman : « Les Analphabètes ».
En effet Gina Calinoiu & Lionel González nous apparaissent
comme deux néophytes de lAmour pris au piège de ce que
celui-ci est devenu à leurs dépens.
Ils découvrent en même temps que les spectateurs le mal qui
les ronge de lintérieur au moment présent
en vertu
du fait que leur propre jeu sactualise à chaque instant de la
représentation en cours : Effet dintensité émotionnelle
garanti !
Aussi, maintenant que la cession du TGP est derrière eux,
sélève une réelle impatience à connaître
la suite thématique dévolue au
« Baliganretrouvé ».
Theothea le 28/04/19
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