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Les    Chroniques   de

  

23ème  Saison     Chroniques   23.31   à   23.35    Page  439

 

     

          

             

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L'ECOLE DES FEMMES  /  contes d'Hoffmann   

« L’Ecole des Femmes » Molière mâtiné d’Offenbach au Déjazet

   

de  Molière / Offenbach   

mise en scène   Nicolas Rigas    

avec  Martin Loizillon, Salvatore Ingoglia, Romain Canonnne, Jean Adrien, Antonine Bacquet ou Amélie Tatti, Philippe Ermelier ou Raphael Schwob et Nicolas Rigas ainsi que les musiciens Jacques Gandard ou Karen Jeauffreau, Emma Landarrabilco & Robin Defives

   

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Théâtre Déjazet

   

© Théâtre du petit monde

     

« Le petit chat est mort ! »… Les mille et une façons de lancer cette célèbre réplique que Molière fait dire à Agnès alors qu’Arnolphe s’inquiète spécieusement des conditions de vie quotidienne de sa « protégée » ou plus exactement de sa « captive », contribuent à « l’image de marque » et même à la « marque de fabrique » faisant de cette comédie une véritable proclamation émancipatrice se dissimulant sous les anecdotes du rapport de force masculin / féminin.

Mais « L’école des femmes » peut également être considérée comme une tragédie où l’homme découvre que le cœur a ses raisons intransgressibles et qu’il n’est guère possible de se faire aimer par volonté délibérée d’autant plus si l’on n’est point capable soi-même de véritables sentiments amoureux.

Nicolas Rigas, directeur du « Théâtre du petit monde » fêtant son centenaire en 2019, a choisi l’option de cette impasse psychologique, notamment grâce à un rapprochement artistique Offenbach-Molière où la farce de ce dernier est ponctuée d’extraits musicaux des « Contes d’Hoffmann ».

Aux « diables » officiant dans cet opéra viennent correspondre les sentiments de jalousie destructrice en action maléfique dans la comédie.

Par ailleurs, la similitude niaise du couple gardiens-serviteurs dans les deux œuvres inspire à la présente mise en scène des numéros d’acrobaties loufoques assurant des respirations comiques au premier degré pleinement rafraîchissantes.

Bref, à la manière d’un spectacle total, Nicolas Rigas endossant de surcroît le rôle principal d’Arnolphe, organise autour de son personnage manipulateur, tourmenté et constamment sur la défensive, un bloc d’incompréhension partagée par tous ses autres partenaires.

A contrario Agnès, interprétée en alternance par Amélie Tatti & Antonine Bacquet pourrait s’apparenter à l’oiseau sifflant gaiement sur la branche suspendue entre terre et ciel tout en exprimant, selon un naturel confondant, son goût pour la liberté et son amour pour la vie.

Quant à Horace (Martin Loizillon), son prétendant et néanmoins camarade d’Arnolphe, emporté par ses élans et sa passion, il s’engouffre dans sa nouvelle relation amoureuse avec une telle spontanéité que chaque fois qu’un obstacle se dresse, il s’en confie immédiatement à son pseudo ami… aveugles qu’ils sont tous les deux envers leurs stratégies respectives opposées et pleinement rivales.

Façon « commedia dell' arte », l’interprétation se veut proche d’un théâtre de tréteaux où les comédiens sont en complicité latente avec les spectateurs.

Côté Jardin, les trois musiciens officient au violon, violoncelle et flûte accompagnant cette troupe chantante en solo ou à l’unisson.

Cette réalisation atypique n’a que des vertus tant elle peut satisfaire tous les publics, faire rire à gorge déployée comme développer une analyse sociétale des conséquences désastreuses engendrées par le sentiment paranoïaque de jalousie exacerbée.

Aussi philosophique que drôle, ce spectacle musical se conjugue à la fois sur un registre tonique, affectif, malicieux et même fort subtil.

Theothea le 05/12/18        

                 

   

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COMEDIENS !  Le Musical

« Comédiens ! » Fabuleux Trio concertiste au Théâtre de La Huchette

   

de  Eric Chantelauze   

mise en scène  Samuel Sené  

avec  Marion Préïté, Fabian Richard & Cyril Romoli   

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Théâtre de La Huchette

   

©  LOT

   

« La Femme, le Mari & l’Amant ». Cette légendaire recette du Vaudeville trouve un exutoire idéal, depuis mars 2017, au sein de cette présente création théâtrale style music-hall et ayant précisément pour cadre le Théâtre de la Huchette.

En 1948, en effet, était inaugurée cette nouvelle salle de spectacle dans le quartier latin dont la taille est inversement proportionnelle à la renommée qu’elle aura acquise durant les soixante-dix années suivantes jusqu’à aujourd’hui… avec notamment la programmation ininterrompue, depuis 1957, de « La Cantatrice chauve » & « La Leçon » de Ionesco.

A l’affiche, « Comédiens ! » se présente donc comme une mise en abyme du Théâtre jouant sur l’interaction in & off entretenue avec les interprètes pouvant potentiellement mener jusqu’au meurtre du partenaire déloyal.

Ainsi, par exemple, « Paillasse » de Leoncavallo a-t-il été tiré d’une histoire vraie où le directeur d’une troupe lyrique fou de jalousie, à cause de l’infidélité de son épouse également comédienne, aura confondu son rôle dramaturgique sur scène avec sa propre situation conjugale.

Fortement inspiré par cette intrication domestique, Samuel Sené a, ici, composé une comédie musicale librement adaptée de cet opéra italien où trois artistes sont en reprise d’ « Au diable Vauvert » virtuellement écrit en 1880 alors qu’il s’agit de remplacer au pied levé l’un des protagonistes, indisponible pour la circonstance, en l’occurrence l’inauguration du fameux Théâtre de La Huchette.

Ce jeu en décalage de 70 années avant et après l’ouverture de la prestigieuse salle parisienne, récemment rénovée de nos jours, contribue à susciter la distanciation entre rôles vécus sur scène face à ceux de la « vraie vie » tout en mettant en exergue l’impossibilité à oublier, en temps réel, leur éventuelle cruelle similitude et ce jusqu’à rendre insupportable sur les planches la vue et la présence de l’être aimé en compagnie du tiers ainsi fustigé.

Dans cet écrin de poche, l’interprétation des trois artistes est quasiment fabuleuse, tant leurs talents respectifs à incarner la dissociation artistique fictive en même temps que la véracité des sentiments en jeu de part et d’autre sont bouleversants, percutants, drôles et d’une sensibilité extrême.

En deux parties chronologiques existentielles, voici le temps de la répétition en 1948 où la blessure et les cicatrices psychologiques affleurent à la fois subrepticement et superficiellement la conscience latente des participants mais viendra ensuite le temps de la représentation plongeant ses costumes en 1880 ainsi que ses sentiments fictifs distendus par sept décennies de recul mais néanmoins aussi douloureux qu’au premier jour car le tourment inconscient se manifeste d’autant plus vivace que le traumatisme exacerbé par la jalousie s’avère de plus en plus fondé.

Marion Préïté, Fabian Richard, Cyril Romoli, chacun des trois effectue un véritable numéro d’acteur à part entière où le savoir-faire musical, l’expressionnisme, la présence caractérielle et la précision gestuelle s’offrent en quintessence de leur métier artisanal, telle une apothéose condensée et sublimée en chantant de tout leur soûl au prorata inverse des dimensions scénographiques.

Au sortir de la Huchette, l’on se dit que, décidément, ce spectacle méritant tous les éloges pourrait servir de « maître étalon » aux générations de « Comédiens » en devenir.

Theothea le 08/12/18   

                     

       

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L'HOMME DE SCHRÖDINGER

« L’Homme de Schrödinger » & son chaton à l’Artistic Théâtre

   

de  Eric Chantelauze & Samuel Sené   

mise en scène  Samuel Sené & Inès Amoura  

avec  Juliette Behar, Julien Ratel & Lazare Lechat   

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Artistic Théâtre 

   

©  PHILIPPE ESCALIER

     

« Le petit chat serait-il à la fois mort et en vie ? »  Selon la fameuse démonstration de Physique Quantique, ces deux états subsisteraient concomitamment tant qu’un observateur n’aurait pas constaté l’objectivité du résultat de l’expérience imaginée par Erwin Schrödinger en 1935.

Celle-ci consistait à enfermer un chaton durant 1h & 23m dans une boîte en présence d’un dispositif atomique qui, à terme, aurait une chance aléatoire sur deux de se désintégrer en même temps que cela détruirait l’animal considéré à la fois « vivant » et « non vivant » jusqu’à l’ouverture.

Si pour un profane en Sciences Physiques une telle observation tient a priori davantage du surréalisme que de la compréhension rationnelle, de fait, ce processus de conceptualisation quantique poursuivait Samuel Sené depuis sa jeunesse d’étudiant nourrissant l’intention précisément d’en fonder un spectacle de music-hall où un ensemble de disciplines artistiques serait au service de cette fantasmagorie scientifique avec preuves à l’appui.

En s’entourant à nouveau de son équipe créative (Eric Chantelauze & Raphaël Bancou) ayant auparavant conçu si brillamment « Comédiens ! » selon un plébiscite unanime et en partant du postulat qu’en parallèle à la procédure effectuée avec le chat, se déroulerait un processus similaire et comparatif sur l’être humain, la problématique suscitée allait pouvoir conquérir allègrement le champ d’investigation imaginaire du spectateur.

A ceci près qu’en la circonstance, le cobaye serait dupliqué, présentant à la fois mais séparément ses versants masculin & féminin sous les noms de Sacha & Sacha de façon à former simultanément un couple et deux individualités autonomes.

Bref, « être et ne pas être simultanément », tel serait le mot d’ordre multifonctionnel à suivre dans ce happening où les protagonistes seraient interprétés par un duo de comédiens, danseurs, chanteurs & musiciens, sans oublier que l’animal domestique, lui, devrait être managé, sans aucun désagrément, par un tiers sous le nom de Lazare Lechat.

En l’occurrence, nous nous rappelons avoir pu apprécier précédemment Juliette Behar dans « Madiba le Musical » au Comedia et Julien Ratel dans « La Maîtresse en maillot de bain » au Café de la gare dans des rôles, ma foi, fort éloignés de leurs présentes compositions que nous pourrions qualifier, présentement, de grandement « fantaisistes » tant la forme et le fond de ce spectacle nous sont apparus hors normes… pour ne pas dire « quantiques ».

En mettant ainsi leurs talents au diapason d’un ovni Théâtral, ces artistes font preuve de disponibilité aventurière que chacun évaluera à l’aune de son propre désir à côtoyer la pensée magique.

En effet, si le doute est une constante au sein de la nature humaine, c’est précisément dans l’épreuve du choix et donc de l’exclusion afférente que se détermine la marge de manœuvre et de liberté plutôt que de laisser l’arbitraire décider du sort de l’alternative.

Au demeurant, dans une complicité générale réjouissante, le petit chat réserve une sacrée surprise à tous ses admirateurs… déjà subjugués par son abnégation tacite.

Theothea le 11/12/18

   

                  

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SALOON

de  Jeannot Painchaud   

mise en scène  Emmanuel Guillaume  

avec  NATHAN BIGGS-PENTON, ANDREAS DE RYCK, ROSITA HENDRY, GUILLAUME LAROUCHE, CAMILLE LECLERC, GIOVANNI MALDONADO, JOANA MARTINHO, TREVOR POOL, MEGHANE POULET, JOHAN PRYTZ, PAUL ANTHONY ROBERTO & OWEN WINSHIP

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13ème Théâtre

   

© laurencelabat

                                                 

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SKORPIOS AU LOIN

de  Isabelle Le Nouvel   

mise en scène  Jean-Louis Benoit 

avec  Niels Arestrup, Ludmila Mikael, Baptiste Roussillon    

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Théâtre des Bouffes Parisiens

   

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