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UN AMERICAIN A
PARIS
« Un Américain à Paris » Suprême
Célébration du Musical au Châtelet
Livret Craig Lucas
Musique et Lyrics George Gershwin et Ira
Gershwin
Mise en scène et chorégraphie
Christopher Wheeldon
avec
Leanne
Cope, Ryan Steele, Michael Burrell, Zachary Prince, Emily Ferranti, Julia
Nagle et l'ensemble, Karolina Blonski, Lloyd Boyd, Brittany Cioce, Rebecca
Fennelly, Lindsey Fletcher, Ramona Kelley, Cory Lingner, Wilson Livingston,
Nathan Madden, Kristen Mc Garrity, Gia Mongell, Rebecca Pitcher, Abigail
Hayley Simon, Melissa Steadman Hart, Cooper Taggard, Kyle Vaughn, Scott Willis
& Liam Wrate |
****
Théâtre du
Châtelet
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© Cyril Moreau /
Bestimage
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« Paris est une fête ! ». Mieux qu’une reprise cinq
années plus tard succédant à sa création en France
elle-même adaptée du film de Vincente Minnelli (1951) selon
une coproduction avec Broadway, la Comédie musicale
chorégraphiée et mise en scène par Christopher Wheeldon
revient, à la suite d’une tournée internationale triomphale
notamment primée de 4 Tonny Awards, pour fêter la fin
d’année 2019 à Paris magnifiant ainsi la réouverture
du Châtelet rénové.
Il aura fallu en effet attendre plus de 60 ans après le succès
du film emmené par Gene Kelly & Leslie Caron avec 6 Oscars &
1 Golden globe à la clef pour que l’ex-directeur du Châtelet
prenne l’heureuse initiative en 2014 d’associer une production
franco-américaine menant à la réalisation de cette
Comédie Musicale célébrée désormais
universellement.
Ainsi, après avoir dirigé la période inaugurale de
La Seine Musicale, Jean-Luc Choplin devenu, depuis, directeur du
Théâtre Marigny se trouve fort opportunément à
l’origine décisionnelle de deux tournées musicales
concomitantes sur l’affiche parisienne, pour qu’en version originale
sur-titrée soit enjambée d’une année sur l’autre
: « Funny Girl » au Marigny et « Un Américain à
Paris » au Châtelet.
Cependant, en cette période de grève sociétale liée
aux transports publics fortement impactés, Paris saura-t-elle saisir
sa chance festive d’un réel plaisir charnel et spirituel
réussissant à être présent pour honorer et
apprécier ces spectacles tellement ambitieux et classieux ?
Rien n’est moins écrit d’avance mais sachons
reconnaître que l’offre en Théâtre Musical haut de
gamme ne cesse d’y croître… à laquelle nous ne
résistons pas d’ajouter pour la saison en cours, selon un concept
artistique quelque peu différencié, « Ghost » au
Théâtre Mogador.
Voici donc présentement Jerry Mulligan (Ryan Steele / Nathan Madden)
et Lise Dassin (Leanne Cope / Kristen McGarrity) de retour là-même
où ils sont censés s’être rencontrés sur
les quais de Seine et ainsi séduits mutuellement pour la première
fois au sortir de la deuxième guerre mondiale du XXème
siècle.
Lui peintre bohème sur le point d’être rapatrié
au pays en tant que GI démobilisable et elle danseuse en devenir
professionnel très prometteur mais déjà fiancée
à un certain Henri dont la famille très aisée a jeté
son dévolu sur cette jeune juive en la protégeant des Nazis
durant la guerre.
Sous le mécénat Milo Davenport d’un fastueux projet
de ballet, Madame Baurel conçoit, elle, avec évidence que sa
future belle-fille sera l’élue du rôle emblématique
alors que Jerry Mulligan héritera de la charge prestigieuse des
décors et que son ami Adam Hochberg, lui, en sera promu le compositeur
émérite.
Tous trois admirateurs plus amoureux les uns que les autres de Lise, leur
passion artistique va pouvoir se confondre avec celle des sentiments
tourmentés au gré de la mélodieuse musique « Jazz
» des frères Gerschwin Ira et Georges, ce dernier ayant
précisément composé, dès les années vingt,
un poème symphonique de dix-neuf minutes voué au charme
enjôleur que la capitale française pouvait alors exercer sur
la sensibilité du voyageur étranger et qu'il intitula : «
Un Américain à Paris ».
Voilà donc comment la boucle serait bel et bien bouclée
!
Ce formidable cocktail de talents ainsi réunis explose de couleurs,
de lumières, de chorégraphies sophistiquées, de
fluidité scénographique et de swing bondissant qu’une
vingtaine de musiciens, en fosse, transforment en une prestation tellement
prodigieuse qu’elle en devient sublimement magique.
Si Ryan Steele a pleinement rodé son performant jeu de jambes en
tournée américaine, apprécions qu’en supplément
d’âme actualisé, Leanne Cope fasse lien dédié
à la création initiale 2014 car, de fait, elle en était
déjà la remarquable égérie.
Ainsi donc, la judicieuse reprise du Musical « Un Américain
à Paris » en résidence propice sur les lieux de sa gestation
originelle, ce pourrait être assurément L’état de
grâce « Broadway » finalisé par La « French Touch
».
Theothea le 05/12/19
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© Cyril Moreau /
Bestimage
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SIDDHARTA
de David
Clement-Bayard
mise en scène Madnagy
avec Inca,
Celia de la Fontaine, David Clement-Bayard, Axel Hirsoux, Sebastiao Saramago,
Melissa Forton, Cedric Chupin, Oceane Berland, Benoit Valliccioni, Meddy
Saidi et l'ensemble, Eline Dupraz, Yassine Aylann, Jessica Gabriele, Sebastien
Duchange, Morgane
Benzahra,
Pierre Etienne, Sebastien Delors, Amy Lerie, Steve Setiano, Laetitia Kullean
& Yara Kasti |
****
Dôme de Paris (Palais des
sports)
|
prochainement
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MORT PREMATUREE D'UN
CHANTEUR POPULAIRE DANS LA FORCE DE L'ÂGE
« Mort prématurée d’un chanteur
populaire… » Arthur H. envoûte La Colline
de &
mise en scène Wadji Mouawad
avec
Marie-Josée
Bastien ou Linda Laplante, Gilles David de la Comédie-Française,
Arthur Higelin, Pascal Humbert, Isabelle Lafon, Jocelyn Lagarrigue, Patrick
Le Mauff & Sara Llorca |
****
Théâtre de La Colline
|
La connaissance de la genèse du spectacle associant Arthur H. &
Wajdi Mouawad est essentielle à la compréhension du dessein
qu’ils ont nourri ensemble de se constituer des souvenirs partagés
à deux dans la durée.
Si leurs premières rencontres furent fortuites, les suivantes
relevaient d’une stratégie les menant au bout du monde que ni
l’un ni l’autre ne connaissaient jusque-là.
En effet, constatant que leurs racines issues de l’enfance et la
jeunesse étaient pleinement hétérogènes, il leur
fallait élaborer un apanage mémoriel leur appartenant en
propre.
C’est ainsi que notamment un voyage au Pérou et un autre au
Groënland ont forgé ce socle de réflexion commune faisant
diverger le projet initial d’un concert unique pour les 25 ans de
carrière du chanteur vers un récit dramaturgique fictif où
les questions existentielles concernant celles de la survie artistique,
après avoir atteint une première apogée, focaliseraient
donc le récit non pas sur le plan autobiographique mais de
préférence sur celui d’une quête chorale interrogeant
le sens de la créativité.
Pour parvenir à cette part de vérité, la fin d’un
monde, d’une phase de vie, pourrait servir de catalyseur à la
résilience telle une résurrection permettant de remettre les
compteurs à zéro afin d’initier une nouvelle innocence,
seconde virginité ou tout simplement maturité.
C’est globalement sur ce schéma que s’est élaboré
ce spectacle musical prenant l’imposture de la « fake
news » comme élément pivot d’un renversement
d’opinion a priori favorable au plébiscite admiratif mais se
retournant radicalement en son contraire lors de la découverte publique
d’une arnaque délibérée, à savoir la mort
simulée du chanteur has been ayant retrouvé un regain de
popularité dans une annonce mortifère transgressive.
C’est donc en s’articulant autour de ces deux espaces temps,
avant et après la forfaiture, que devrait se purger la conscience
de l’artiste en mal de cohérence avec lui-même.
Arthur H. trouve ainsi, en cet exutoire, le chemin spécifique
d’une découverte de l’acte théâtral dans un
au-delà du miroir scénique que la musique ne conjuguait
jusqu’ici, pour lui, que sur le diapason du ressenti, intrinsèquement
fort précieux par ailleurs.
En jouant les étapes cyclothymiques passant de la reconnaissance
à l’admiration sans bornes, puis de la dépression nihiliste
à la déchéance du compromis falsificateur, s’ouvrait
donc celle enviable du rachat permettant sans doute d’atteindre à
la félicité, celle d’être enfin en paix avec
soi-même.
Le comédien Arthur Higelin prend, de toute évidence, un
réel plaisir à composer ces états d’âmes
successifs allant jusqu’à le mettre au ban de la société
et plus spécifiquement de tous les faux amis que le métier
secrète dans l’entourage du chanteur.
La jubilation d’être subitement perçu comme un faussaire
n’a d’égale que celle de remonter ensuite la pente en exhibant
les gages de bonne volonté et aussi celle de retrouver le support
du piano-voix dans son essence vitale.
Sur ce chemin de la rédemption, l’artiste va
bénéficier du soutien inconditionnel d’une fan soulevant
un à un tous les obstacles pour recouvrir la confiance du public.
C’est Marie-Josée Bastien qui incarne ce personnage haut en
couleur, fort sympathique et arborant un accent canadien à couper
au couteau.
Véritable révélation de cette création
théâtrale, tous les autres partenaires se sentent ainsi portés
par une mission que, de près ou de loin, ils partagent avec La fameuse
« Nancy ».
Quant à lui surnommé Alice dès sa naissance, notre
maître-chanteur, devenu temporairement aveugle à cause de sa
malversation morbide à la fois stupide et mal exécutée,
aura-t-il l’opportunité heureuse de saisir la seconde chance
que son entourage lui fera payer au prix fort d’une honnêteté
recouvrée ?
En tout cas, une chose est sûre, dès que l’artiste Arthur
H. se positionne, sans autre artifice que sa voix gutturale et langoureuse,
face au clavier de son piano, l’envie irrépressible qu’il
nous emporte en son aubade, se présente, elle, comme
indéniable.
Theothea le 17/12/19
|
PERE OU FILS
« Père ou Fils » Jugnot &
Braoudé Réincarnations à La Renaissance
de
Clément Michel
mise en scène Arthur Jugnot &
David Roussel
avec
Patrick
Braoudé, Arthur Jugnot, Catherine Hosmalin, Flavie Péan, Julien
Personnaz Laurence Porteil |
****
Théâtre de La
Renaissance
|
Avec, en toile de fond, la renaissance pour échange de peau, substituer
momentanément le corps d’un père à celui de son
fils et réciproquement, voici donc le programme de la sixième
comédie de Clément Michel co-mise en scène par Arthur
Jugnot & David Roussel.
Si d’emblée il est possible d’imaginer les équivoques
et les quiproquos engendrés par une telle permutation entre un jeune
peintre-copiste et un homme politique, c’est peu de dire que les deux
cobayes à cette expérimentation pour le moins fantastique
s’avèrent d’un acabit antagoniste puisqu’a priori
l’empathie circule très mal entre eux.
Aussi disons qu’à la faveur du sommeil des protagonistes,
si possible réparateur, le cauchemar en filiation pourrait débuter
et se renouveler tout au long de la pièce de manière
récurrente mais voilà qu’à la surprise
générale, d’étapes colériques en étapes
hystériques, une incontestable prise de conscience de la difficulté
à assumer « l’autre en soi-même »
pourrait paradoxalement inciter à une plus grande tolérance
voire une meilleure compréhension pour devenir respectivement père
de son fils & vice versa.
Si l’objectif prioritaire de l’auteur, du binôme des
metteurs en scène et de leurs interprètes
déchaînés sur scène, est d’abord de faire
rire à outrance façon « Boulevard », chemine
néanmoins en permanence une petite musique parallèle tendance
psychologisante qui insinue à l’oreille du spectateur
l’efficacité redoutable d’une transmutation familiale si
peu réaliste et pourtant si conforme au non-dit transgressif.
En effet, se mettre à la place d’autrui selon des schémas
de pensée extrinsèques et un point de vue relationnel au monde
différencié n’est, de toute évidence, point aisé,
aussi quand subitement cette double « incarnation »
s’effectue à l’insu du plein gré, c’est comme
si une véritable master class du savoir-vivre ensemble
« paternel et filial » s’abattait sur l’un
et l’autre ainsi que, par voie de contagion, sur l’entourage
immédiat.
Ce parti pris artistique étant accepté, rien ne
s’opposera plus à ce que les spectateurs baissent la garde, se
laissent emporter par un torrent de rires et renoncent à contrecarrer
l’apparente invraisemblance.
Pour le meilleur ou pour le pire, la purge du divertissement est en action
radicale et il ne servirait à rien de vouloir la raisonner ou bien
même de tenter de l’arraisonner.
Dans cette perspective trépidante, les acteurs sont au taquet
avec, en tête de gondole, Catherine Hosmalin et Patrick Braoudé
en orbite brute de décoffrage; ce qui permet à leurs partenaires
(une journaliste, une fiancée et un entremetteur) de se la jouer
« sérieusement impliqués » bien que sans
cesse au bord de la rupture d’avec le simple bon sens.
Arthur Jugnot, la tête entre deux casquettes, sert de fil conducteur
à tout son monde alors que du jeu à la mise en scène
s’établit comme un lien tendu indissociable entre pulsion
existentielle et posture délibérée.
Cette création surréaliste opère sur les méninges
comme un tour de forces telluriques vis-à-vis duquel l’esprit
critique doit assurément plaider son incompétence
viscérale.
Ce drôle d’happening est pleinement providentiel car il force
à penser contre soi-même… et même, à certains
instants privilégiés, à refuser de penser quoi que ce
soit.
Theothea le 25/11/19
|
LA FAMILLE ORTIZ
de &
mise en scène Jean-Philippe Daguerre
avec
Bernard
Malaka, Isabelle de Botton, Stéphane Dauch, Antoine Guiraud,
Kamel Isker & Charlotte Matzneff |
****
Théâtre Rive Gauche
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