Magazine du Spectacle vivant ...

   

 

   

Les    Chroniques   de

  

26ème  Saison     Chroniques   26.06   à   26.10    Page  463

     

     

       

                   

                 

  © Theothea.com

   

       

   

       

  © Theothea.com

     

     

   

LE ROI LION Le Musical  -  Vidéo  "Le Cercle de La Vie"  -  

MediaDay Mogador   © Theothea.com

     

  © Theothea.com

   

     

                

     

  © Theothea.com

     

           

     

74ème Festival de Cannes 2021

La Croisette 2021

   

Les Molières 2020

Les Lauréats 2020

Les Molières 2020

Les Molières 2020 Rédemption pour Crash en plein Vol

           

R E V I V A L

Stones No Filter

Wight ! 50 années après

     

Toutes nos  critiques   2021 - 2022

Les Chroniques de   Theothea.com   sur    

   

THEA BLOGS                    Recherche   par mots-clé                    THEA BLOGS          

L'ILE D'OR

« L’Île d’Or » d’Hélène Cixous & Ariane Mnouchkine galvanise Le Théâtre du Soleil 

     

de Hélène Cixous

mise en scène  Ariane Mnouchkine

avec Collectif Théâtre du Soleil

****

     

Théâtre du Soleil

 

© Theothea.com

                       

Avec Jean-Jacques Lemêtre comme troisième créateur du trio emblématique, Musique, Texte & Expression théâtrale trouvent leur aboutissement sur cette île autant convoitée que virtuelle alors que sa réplique originelle baigne dans la mer du Japon.

Débarquer à la Cartoucherie de Vincennes après ces mois d’abstinence pandémique agit sur les états d’âme comme un retour aux sources, comme une panacée à toutes les frustrations accumulées, comme un appel à dépasser le prosaïque, en retrouvant les voies oniriques de l’harmonie cachée derrière les luttes globales prévalant à tous les niveaux existentiels.

Après tant d’incertitude sanitaire déposée au stand- by de la mise en veille, quoi de mieux que cette culture asiatique millénaire pour rendre la dignité à l’humanité en quête de sens ?

Pressentant le besoin vital des spectateurs pour un ailleurs imaginaire, les deux créatrices se sont emparées d’un modus vivendi écartant d’un geste artistique toute focalisation sur une quelconque rhétorique pathologique ou politique.

Donc point de discours verbeux mais du visuel, du sensible, du tangible qui pourraient, par le truchement du ridicule ne tuant point, rendre ses lettres de noblesse à l’ironie, à l’humour, au rire bien meilleures armes que la simple dénonciation fomentée par la bonne conscience.

En route donc vers Kanemu-Jima, cette île de tous les affranchissements potentiels que les théâtres No, kabuki et kyogen devraient formaliser avec style.

A travers les yeux de Cornélia alitée et en plein délire fébrile, c’est la réalisation d’un Festival de Théâtre mondial qui est en point de mire.

Son organisation est soumise à plein d’aléas au prorata de tous les foyers d’instabilité géopolitique survenant dans le monde.

La métaphore du spectacle vivant agit comme un miroir réfléchissant les conflits mondiaux avec en corollaire leurs rapports de force sous-jacents.

Et c’est précisément par la caricature que le théâtre du Soleil compte stigmatiser cette interdépendance en la montrant futile, mesquine et même caduque aux yeux de l’opinion universelle qui, par la même occasion, est encline à valoriser les valeurs démocratiques et culturelles.

C’est en ouvrant et en élevant les esprits que les peuples risquent de se réapproprier leurs destinées.

Place donc aux révoltes de Hong Kong, à la dualité Israélo-palestinienne, au retour des Talibans, aux migrants de toutes origines, aux lanceurs d’alerte tout en s’interrogeant sur le capitalisme sans vergogne, les inégalités masculines féminines, les patrons en cavale etc.… bref à toute l’actualité médiatique pour en faire un canevas de la médiocrité humaine en train de se brocarder en direct live.

Mais c'est vrai qu'en feignant de les ranger tous au même niveau, cette accumulation disparate de dysfonctionnements polymorphes, pourrait laisser penser que l'organisation de la planète obéisse exclusivement à de confuses aberrations aléatoires de l'espèce humaine inhérentes à son caractère loufoque.

Toutefois, restons attentifs à ce que l'impression de fourre-tout provient directement de l’état second dans lequel se trouve Cornélia (Hélène Cinque) qui, sur son lit de souffrances virales, visionne à la fois l'Île d'or, le Festival mondial de théâtre, ses constructeurs ainsi que ses détracteurs et c'est donc dans son esprit en surchauffe que s'esquissent les desseins de l'utopie au sein même d’un chaos général, éthique, sociopolitique & environnemental d'où surgissent sans cesse et à profusion le meilleur et le pire.

Faire un distinguo et a fortiori un classement entre les dérégulations du monde, serait pour son delirium une tentative de rationalisation intellectuelle dont elle ne peut s'encombrer dans son cauchemar à moitié éveillé et en proie à ses projets de réjouissances théâtrales.

Spectateurs et acteurs des gradins jusqu'à la scène, sont alors embarqués dans un même tourbillon dont l'agencement fantasmé à l'aide de multiples chariots de bois à roulettes s'élabore en installation accélérée par des forces centrifuges occultes qui, l'instant d'après en implosent la scénographie avec un empressement encore plus manifeste.

Ce flux et ce reflux sont constitutifs d'une éruption tout autant tellurique que volcanique agissant en  bouleversement dévastateur mais sans doute également en cure de jouvence devant se clore par une magnifique chorégraphie réunissant toute la troupe arborant autant d'éventails que de danseurs. Point d'orgue !…

De sa découverte du Japon en 1964 à son come back annulé en 2019, la fantasmagorie asiatique d'Ariane Mnouchkine aura fait "Œuvre de Spectacle vivant", la voilà de nouveau face à l’appréciation du public sans garde-fou et en plein accouchement transcendant… alors que la sortie du « Soleil » accompagnée d’une parade de tambours flamboyants sera, elle, déjà orientée au levant… de notre nostalgie.

Theothea le 18/12/21

         

       

© Theothea.com

     

LE ROI LEAR

de Shakespeare

mise en scène Georges Lavaudant 

avec  Jacques WEBER, Astrid BAS, Frédéric BORIE, Thomas DURAND, Babacar M'BAYE FALL, Clovis FOUIN-AGOUTIN, Bénédicte GUILBERT, Manuel LE LIÈVRE, François MARTHOURET, Laurent PAPOT, Jose-Antonio PEREIRA, Grace SERI, Thomas TRIGEAUD & Thibault VINÇON

****

     

Théâtre de La Porte Saint-Martin

 

© Theothea.com

         prochainement

     

© Theothea.com

     

JOSEPHINE B.

« Joséphine B. » Clarisse Caplan & Thomas Armand au Théâtre de Passy

   

de &   mise en scène  Xavier Durringer

avec Clarisse Caplan & Thomas Armand

****

     

Théâtre de Passy  

 

© Pascal Gely

     

Belle fin d'année pour Joséphine Baker. Le mardi 30 novembre 2021, elle est la première femme noire et première artiste de scène à faire son entrée au Panthéon. Tout un symbole pour celle qui a tant aimé la France.

Parallèlement à cet hommage incomparable, un spectacle musical tout à son honneur « Joséphine B » est actuellement prolongé au nouveau Théâtre de Passy jusqu'en mars 22, écrit et mis en scène par Xavier Durringer avant même qu'il sût qu'elle serait ''panthéonisée''.

En pleine crise sanitaire, Jean-Georges Tharaud, Michel Dumusois et François Dancette ont redonné vie à une salle qui était un cinéma entre 1932 et 1985. Dans cette rue de Passy très commerçante et animée, un écrin Art Déco en sous-sol aux murs de velours d'un noir profond accueille un public dense, révélateur d'une reconnaissance pour cette vedette de music-hall pas toujours adulée à sa hauteur.

Deux jeunes comédiens vont faire revivre les années torrides d'il y a un siècle sous le rythme endiablé du Charleston au style dynamique ou du Lindy Hop danse afro-américaine née à Harlem.

Dans un enthousiasme frénétique, ils nous restituent des fragments de ce destin exceptionnel, de la petite enfance jusqu'au début de sa ''starisation'' en venant jouer à Paris, de ses premiers pas de danse à la fameuse ''Danse Sauvage'' qui la rendra si populaire.

Accompagnée par la musique de ''J'ai deux amours'', celle qui fait irruption telle une tornade sur le plateau est irrésistiblement l'incarnation de Joséphine.

Belle, longiligne, aux jambes interminables, Clarisse Caplan, sourire lumineux, nous séduit d'emblée. On est frappé par sa ressemblance avec l'icône aussi bien par les traits que par les mimiques ou la manière de se mouvoir.

Elle épouse parfaitement sa gestuelle déliée, et tel un effet de miroir, on voit la dégaine si particulière de Joséphine B qui chante, se contorsionne, se trémousse genoux fléchis.

Avec son radieux partenaire, Thomas Armand, dans un décor modeste et imaginatif, au moyen de costumes passant successivement des vêtements en loques aux vêtements à strass, paillettes et plumes, des bribes de l'existence de Freda Josephine McDonald – alias Joséphine Baker – défilent sur fond d'animations vidéos accompagnées de belles lumières tamisées.

De naissance, elle est Américaine. Née à Saint-Louis dans le Missouri le 3 juin 1906 dans une extrême pauvreté, elle travaillera très jeune pour subvenir aux besoins familiaux, avec le père parti et une mère alcoolique dont le nouveau compagnon, également alcoolique, se révèlera violent et cognera la jeune adolescente quand les sous rapportés ne suffisent pas.

A 14 ans, elle fait plusieurs rencontres qui la poussent à devenir artiste de rue. A 16 ans, elle part tenter sa chance à New-York et intègre la troupe d'une comédie musicale.

Deux ans plus tard, alors qu'elle chante dans un célèbre club de jazz de Harlem, on lui proposera de faire la première partie d'un spectacle à Paris ''La Revue Nègre''.

Arrivée en France sur un paquebot transatlantique, son émerveillement est bien retranscrit dans la pièce, la voilà, en octobre 1925, sur scène au théâtre des Champs-Elysées, où sa performance est vivement reconnue. Cette première apparition va lancer sa légende.

Clarisse, au corps sculptural, bracelets sur ses chevilles et ceinture de bananes, dans une pudeur extrême, gros colliers de perles couvrant ses seins nus, ébauchera juste les déhanchements de cette ''Danse sauvage'', jugée exotique et érotique avant de saluer, soudainement intimidée, un public conquis par sa spectaculaire prouesse.

Thomas Armand endosse tous les autres rôles avec une dextérité très malléable, ceux qui ont entouré la diva, galerie de personnages farfelus comme le pittoresque impresario ''Pepito'' devenu son amant et son mentor. Il se travestit, chante a capella ''J'ai deux amours '', et envoûte quand il danse avec tant de fluidité et de complicité avec sa partenaire.

La parole est distribuée en alternance par les deux protagonistes pour nous raconter les épisodes souvent dramatiques et mouvementés de cette existence sur fond d'émeutes raciales, de violences policières, de combats auprès de Martin Luther King pour défendre les droits des Noirs comme ceux de Rosa Parks qui refusa de laisser sa place à un Blanc dans un bus. La chanson ''Strange Fruits'' de Billie Holliday, réquisitoire contre le racisme et le lynchage nous émeut particulièrement.

Joséphine prend son envol à 20 ans. Sur la scène du théâtre de Passy, deux interprètes bluffants au charme fou à peine plus âgés se métamorphosent pour ressusciter une époque pleine d'embûches discriminatoires mais tourbillonnante de Charleston, de swing, de jazz...

Bravo à la chorégraphe Florence Lavie permettant aux comédiens d'exécuter de véritables danses acrobatiques ou des numéros de claquettes, eux qui n'étaient pas danseurs de par leur formation. Chapeau !

Joséphine B est une pièce vibrante aux dialogues justes et touchants. Un spectacle pétillant, vif qui nous ébahit et nous régale amplement.

Cat’s / Theothea.com le 12/12/21

                

       

© Theothea.com

     

SAINT-EX A NEW YORK

Saint-Ex à New-York au Petit Montparnasse

de & mise en scène  Jean-Claude Idée

avec  Gaël GIRAUDEAU, Adrien MELIN, Alexandra ANSIDEI et Roxanne BENNETT

****

     

Théâtre Petit Montparnasse

 

© Fabienne Rappeneau

               

La séduisante affiche d'un biplan jaune F-POST avec, à son bord, la tête blonde du Petit Prince et sa fameuse écharpe survolant New-York et la statue de la Liberté nous incite à voir ce spectacle très prometteur.

Avec un décor minimaliste, une table sur laquelle trône un jeu d'échecs qui servira de dérivatif aux tensions internes, une autre sur laquelle est posé un téléphone d'époque dont la sonnerie sera la source de bien d'angoisses, de très belles projections d'images sur fond de scène nous plongent dans une vaste maison à colonnades blanches portant le nom de Bevin House sur les bords de l'Hudson à Long Island où s'est réfugié, en cet été 42, le couple tumultueux Antoine de Saint-Exupéry et sa femme Consuelo, sculptrice salvadorienne.

Cette villa est ouverte aux amis exilés dont Denis de Rougemont, écrivain et philosophe suisse, professeur à l'école libre des hautes études.

C'est dans ce climat chaotique mal accepté par Saint-Exupéry, contraint à l'inaction à cause de son âge et fort impatient de reprendre du service lui qui, jusqu'à la veille de la guerre, a déployé une activité intense d'un bout du monde à l'autre, que vont se mesurer les personnages dans un perpétuel jeu du chat et de la souris entraînant des rapports conflictuels d'attirance intellectuelle et de rejet.

Pour Saint-Exupéry et son épouse c'est l'éternel ''Je t'aime moi non plus '' aiguisé par la présence de Denis, l'amant de celle-ci, et par la venue épisodique de Sylvia Hamilton, une journaliste américaine, laquelle rend Consuelo hystérique de jalousie.

Saint-Ex est incarné par le trépidant Gaël Giraudeau (son père Bernard Giraudeau avait joué le rôle du célèbre aviateur dans un film de Robert Enrico de 1994 ''Saint-Exupéry : dernière mission'' ).

Visage lunaire, il oscille sans cesse entre la mélancolie du poète et l'impétuosité de l'aventurier.

Ce tourbillon de sentiments explose avec la fiévreuse Consuelo jouée, avec un léger accent espagnol, par la pétillante et fougueuse Alexandra Ansidei.

Face à ces deux êtres volcaniques, Adrien Melin interprète un Denis de Rougemont beaucoup plus réservé, toujours calme, voix de la raison et de la diplomatie.

L'émulation artistique entre eux les entraînent dans des débats autour de l'amour, sur la transgression, la manipulation, la guerre ou la politique.

Devenu paradoxalement l'ami et le complice de Saint-Ex, il va le convaincre à écrire. C'est ainsi que le petit personnage mondialement connu naîtra sous sa plume et ses pinceaux en cette période troublée.

Consuelo, muse de l'écrivain, son amour indéfectible, sera la rose du Petit Prince. La rose orgueilleuse, coquette et fragile.

Pour illustrer son futur conte, Denis sera également un des modèles du Petit Prince.

Les séances de pose dans le salon sollicitées par Gaël Giraudeau à Adrien Melin sont vraiment cocasses, pas facile de rester sans bouger en levant une jambe, couché à plat ventre sur une toute petite table !

A l’annonce du débarquement des Alliés en Afrique du Nord, l'écrivain titillé depuis longtemps par sa non participation, décide de rejoindre une unité chargée de reconnaissances photographiques.

Alors, se constitue une union improbable entre Consuelo, Sylvia (Roxanne Bennett) et Denis pour dissuader à tout prix Saint-Ex de partir au combat.

Devant le prototype d'un vélo équipé d'ailes d'avion, ce dernier répond au coup de fil fatidique qui scellera son destin.

Avec des costumes aux coupes et couleurs de l'époque (Sonia Bosc), des animations vidéo (Olivier Louis Camille) entre cinéma et bande dessinée qui jonglent avec l'univers enfantin de Saint-Ex, tel un livre d'images d'aventures faisant défiler les avions de l'Aéropostale, cette pièce tonique, très rythmée, aux interprétations justes et émouvantes, est écrite et mise en scène par Jean-Claude Idée.

Outre la confrontation exacerbée des protagonistes et leurs joutes verbales, elle questionne sur l'avenir de l'Europe et le sens de l'engagement.

Un spectacle lumineux éclairé et réglé par les lumières du metteur en scène lui-même.

Cat’S / Theothea.com le 04/12/21

   

            

© Theothea.com

     

LE MYSTERE DE L'AVIATEUR

    

de Arthur Jugnot & Flavie Péan    

mise en scène  Arthur Jugnot  

avec DAVY SARDOU, AXEL AURIANT, FLAVIE PÉAN, PIERRE BÉNÉZIT, LAURENCE PORTEIL & ANTOINE LELANDAIS   

****

     

Théâtre  Le Splendid

      

© Theothea.com

       

     

     

© Theothea.com

     

Recherche   par mots-clé

 

 

   

      

       

© Theothea.com

   

   

   

     

          

© Theothea.com

     

     

     

          

     

© Theothea.com

     

       

     

         

       

© Theothea.com

   

   

   

   

   

         

© Theothea.com