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Les    Chroniques   de

  

26ème  Saison     Chroniques   26.11   à   26.15    Page  464

     

     

       

                   

                 

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SIMONE VEIL "LES COMBATS D'UNE EFFRONTEE"

Simone Veil « Les Combats d’une Effrontée » par Cristiana Reali

      

d'après  "Une Vie" de Simone Veil

mise en scène  Pauline Susini

avec  Cristiana Reali & Pauline Susini/Hannah Levin (en alternance)

****

     

Théâtre Antoine

      

© Jean-Paul Loyer
       

En permettant à Cristiana Reali d’incarner sur les planches sa « Simone Veil » dont la comédienne aura coadapté avec Antoine Mory l’autobiographie intitulée « Une Vie », Jean-Marc Dumontet, directeur & producteur, offre à son Théâtre Antoine une superbe occasion de rendre hommage à cette femme devenue magistrate, ministre, présidente du parlement européen, qui aura profondément marqué son époque selon une carrière professionnelle engagée dans des choix sociaux, politiques et existentiels entremêlant profondément sa vie privée et publique.

Il s’en suivra en 2022, une grande tournée hexagonale pour laquelle, gageons-le, l’interprétation de Cristiana Reali sera célébrée tant sur la forme que sur le fond :

En effet, être en mesure de rester fidèle à un personnage iconique au point d’en épouser la mimétique, les postures, la gestuelle et, nec plus ultra, l’apparence physique, la façon de se vêtir, de relever un chignon ou d’allumer une cigarette, de poser le regard, de se taire discrètement tout autant que de s’exprimer avec autorité, agit comme un rendez-vous amoureux avec les spectateurs fort sensibles à cet effet miroir les projetant dans leurs propres souvenirs liés à ces périodes où forcément la vie avait une autre saveur.

Mais bien entendu, si la force de ces détails formels peut se confondre avec un sésame ayant la vertu de nous faire accéder aux vibrations sensitives de la mémoire collective, c’est avant tout par la noblesse des causes alors en gestation que surgit la dimension visionnaire, le courage, la détermination avec évidemment l’admiration implicite et sans borne de tous.

Juive déportée à Auschwitz avec sa famille dont elle finira, après la guerre, par en devenir la seule survivante, c’est contre l’avis de son mari qu’elle entreprendra par la suite des études juridiques la conduisant à la haute magistrature.

Entrée comme membre du gouvernement Chirac sous la présidence de Giscard d’Estaing, elle se verra confiée en 1974 la défense de la loi autorisant l’avortement.

La lutte engagée à cet effet contre toutes les oppositions réactionnaires de l’Assemblée Nationale et du Sénat, y compris dans son propre camp politique, la propulsera à l’instar de Robert Badinter en 1981 contre la peine de mort, au sommet de la respectabilité citoyenne.

Ses fonctions par la suite au Conseil Constitutionnel et à l’Académie Française parachèveront son parcours en responsabilités où la dimension honorifique ne cessera d’être valorisée par sa perpétuelle volonté d’en être digne.

Son entrée au Panthéon en compagnie d’Antoine son époux en 2018 marquera de manière emblématique cette destinée hors du commun à la fois exemplaire et tellement porteuse de sens.

Sur les planches, la mise en scène de Pauline Susini, en alternance avec Hannah Levin Seiderman afin de lui faire office de partenaire renvoyant la réplique dialectique, universitaire et médiatique qui, ainsi, accompagne avec proximité bienveillante ce personnage historique au fil de sa vie, éclaire en source lumineuse tamisée et ombrée la prestation tout en retenue de Cristiana Reali, véritablement habitée par l’enjeu tout à la fois symbolique, spectaculaire et tellement patrimonial.

Theothea le 06/12/21     

       

 

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JACQUES ET SON MAÎTRE

« Jacques et son Maître » Stéphane Hillel & Nicolas Briançon en verve au Montparnasse

      

de Milan Kundera  

mise en scène  Nicolas Briançon

avec  Stéphane HILLEL, Nicolas BRIANCON, Lisa MARTINO, Pierre-Alain LELEU, Camille FAVRE-BULLE, Maxime LOMBARD, Philippe BEAUTIER, Elena TERENTEVA et Jana BITTNEROVA.

Musiciens: Marek CZERNIAWSKI au violon et Boban MILOJEVIC à l'accordéon.

****

     

Théâtre Montparnasse

      

© Fabienne Rappeneau

     

« En avant ! » ainsi se termine la pièce de Milan Kundera d’une manière un peu similaire à celle dont se termine « Oncle Vania » de Tchekhov par la fameuse injonction « se remettre au travail ! ».

Il s’agit, dans les deux cas, de ne surtout pas baisser les bras et, dans un élan volontariste, de relancer le manège de la vie…

Cependant, ici, cet « En avant ! » ne veut pas présumer de la direction à prendre. Pas de consignes, ni de directives a priori, car l’ensemble de cet hommage à '' Jacques le fataliste '' de Diderot table sur une destinée écrite à l’avance par le grand ordonnateur dont il serait présomptueux, en tant qu’ « être humain », de vouloir réécrire le plan voire même de tenter simplement de le modifier ou de l’infléchir.

Il arrive ainsi ce qui doit arriver comme lorsque l’on est enclin d’attendre Godot :

En effet, c’est très bien d’être à l’écoute pourvu que continue, malgré tout, la progression sur le chemin où le destin vous a orienté jusque-là…

C’est au prix de ce mouvement perpétuel, pouvant sembler se répéter à l’infini, que la légèreté peut imposer sa bienveillance et son baume sur les esprits sans cesse tentés de complexifier le vécu.

L’on comprend aisément qu’avec un tel vade-mecum, il puisse sembler nécessaire à certains de pratiquer des doses de rappel à intervalles réguliers, ne serait-ce que pour s’assurer qu’ils ne font pas fausse route ou sur le point de dévier de l’axe nominal.

C’est ainsi, sans doute, que le jeune réalisateur Nicolas Briançon s’était promis de recréer toutes les décennies cette pièce de Milan Kundera dont il lui semblait d’emblée qu’un éclairage nouveau périodique devrait être profitable tant aux comédiens qu’aux spectateurs.

En proposant son Théâtre Montparnasse pour ce projet récurrent, parvenu au cycle numéro quatre, Myriam Feune de Colombi lui remettait le pied à l’étrier à Paris mais c’est, hélas, sans elle qu’en septembre 21, cette saison théâtrale post confinement Covid débuterait cette nouvelle production avec une très brillante distribution de onze artistes sur scène dont deux musiciens.

Stéphane Hillel serait, pour la première fois, le « Maître » succédant à Yves Pignot, quant à Nicolas Briançon il incarnerait à nouveau fort généreusement son « Jacques ».

Lisa Martino jouerait l’aubergiste impériale se situant au croisement des multiples « variations » sur les histoires racontées.

Car si l’amour adossé à ses nombreuses variantes contradictoires serait bel et bien le moteur d’une logorrhée exubérante partagée par tous, c’est par l’entrecroisement des récits, des conquêtes, des échecs et même des vengeances que devrait progresser de manière métaphorique la connaissance de l’homme par lui-même.

C’est fort brillant, c’est hyper frénétique, c’est divinement spirituel mais c’est également très nostalgique, mélancolique et peut-être même quelque peu déroutant en ces périodes d’incertitude existentielle…

Tel un monsieur Loyal, Nicolas Briançon règle le tempo par ses prestations enjouées mais aussi par ses silences observateurs.

Stéphane Hillel reste en arrière de la main, en incarnant le Maître qui pourrait intérieurement tout aussi bien se ressentir « Valet ».

Aux confins de la séduction autoritaire Lisa Martino, en maîtresse femme, met quasiment tout le monde à ses pieds.

Chacun des rôles contribue à un happening festif d’où il ressortirait que la vie est un banquet à partager au mieux de ses propres potentialités.

Et ainsi chacun de fantasmer ce qu’il aurait envie de comprendre « ici et maintenant » quitte à modifier son point de vue lors de la prochaine décennie accompagnée forcément d’une nouvelle création de Nicolas Briançon… d’avance en pleine mue rédemptrice.

Theothea le 03/12/21

   

          

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DOUCE FRANCE

« Douce France » Mémento de La République Présidentielle au Tristan Bernard

      

de &  mise en scène  Stéphane Olivié Bisson & David Salles  

avec Stéphane Olivié Bisson, David Salles et Delphine Baril 

****

     

Théâtre Tristan Bernard

      

© Fabienne Rappeneau

             

De manière beaucoup plus intrusive que les huit Présidents qui, tour à tour, ont administré la cinquième République sous le contrôle impérieux de sa Constitution promulguée en 1958, l’Objet théâtral « Douce France » stigmatise les aléas de son fonctionnement, en débutant le scan deux ans avant les fameux « évènements » de 1968.

Il agit à la manière d’une loupe grossissante en flashant sur des anecdotes pouvant paraître dérisoires dans leur singularité cocasse mais qui, réunies dans leur juxtaposition et leur enchaînement, pourraient s’avérer fort signifiantes de la spécificité du régime républicain, cinquième du nom.

Ainsi pour commencer, comme au Théâtre classique, la sacro-sainte règle des trois unités s’impose tant au spectateur qu’aux deux auteurs :

Pour l’unité de « Temps », c’est simple, dès la présentation de la pièce, il est précisé que le spectacle dure 55 ans.

Pour celle du « Lieu », aucun problème, tout est géré depuis l’Elysée, ce fameux Palais de la République Française aux 365 pièces, une pour chaque jour de l’année.

Enfin pour l’unité d’« Action », le principe est d’emblée refermé sur lui-même: Tout, en effet, n’aboutit et ne procède qu’à partir de la personne du Président.

Voici donc un cadre d’autant mieux structuré qu’à l’intérieur tout va pouvoir être façonné à la main de ceux qui vont successivement occuper la fonction, qu’elle soit initialement sous forme de septennat ou par la suite de quinquennat.

Qu’ils s’appellent donc De Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande ou actuellement Macron, tous n’auront de compte à rendre qu’à l’Histoire et, le cas échéant, à la Justice mais uniquement au-delà de leur temps imparti.

La monarchie républicaine est donc prête à s’exhiber pour le plus grand plaisir des spectateurs dans la salle du Tristan Bernard mais également à l’échelle des 70 millions de citoyens français docilement assujettis.

En effet, malgré ses remises en question récurrentes, la Constitution de la 5ème a la peau dure, car même ses détracteurs les plus zélés s’y sentent comme poisson dans l’eau, dès qu’ils parviennent à la plus haute marche du pouvoir.

Et c’est donc ainsi dans ce contexte d’une boucle sans fin, à l’aide d’archives à la fois sonores, filmées, écrites et transmises entre elles par des générations d’électeurs, que se constitue un véritable trésor de la Comédie nationale dont tous les français sont si friands et, en définitive, pas peu fiers, face au monde entier qui les regarde médusé.

Bien entendu, les morceaux choisis par les auteurs sont particulièrement savoureux et drolatiques; ils ont surtout l’immense qualité d’être tellement authentiques qu’ils en atteignent au statut gustatif de véritable « Madeleine » pur beurre dans lequel le souvenir de chacun peut s’objectiver en mémoire collective validée par tous.

Un travail d’orfèvre documenté et agencé en amont par Stéphane Olivié Bisson et son partenaire David Salles qui, chaque soir devant leurs concitoyens, s’en donnent à cœur joie de revivre cette épopée Elyséenne en qualité de conseillers spéciaux inamovibles de la République dès la première du nom.

Pour les accompagner dans une parité de bon aloi, Evelyne (Delphine Baril) chef du protocole depuis Louis-Napoléon Bonaparte a, elle, tout vu, tout entendu mais son devoir de réserve l’incitera à se contenter de « modérer » ses deux collègues impétrants.

Bien entendu, on l’aura compris, c’est aussi ici « Embrassons-nous Folle ville » et l’on y vient donc pour profiter de cette truculente satisfaction mais, néanmoins à la veille de la prochaine élection présidentielle, il pourrait aussi être plaisant de questionner :

La « Cinquième »… Stop ou Encore ?

Theothea le 23/12/21

           

       

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LA COURSE DES GEANTS

      

de  

mise en scène  

avec  

****

     

Théâtre

      

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LES ELUCUBRATIONS

« Les Elucubrations » d’ Edouard Baer Celles d’un Homme soudain Frappé par la Grâce

      

de Edouard Baer 

mise en scène  Eugénie Poumaillou avec Isabelle Nanty & Barka Hjij

avec  Edouard Baer & Christophe Meynet

****

     

Théâtre

      

© PASCAL Chantier

   

   

Nées en pandémie, ces élucubrations à voir, à entendre et à lire correspondent pleinement à l’image d’Edouard Baer, celle qu’il suscite a priori par son apparente spontanéité « sans filtre » mais aussi celle plus existentielle nourrie par sa façon de s’inscrire dans le cycle de la vie comme de la scène.

Fuir l’endroit où on l’attend, atterrir comme un intrus là où rien n’est prévu pour l’accueillir, mettre « les pieds dans le plat » parce qu’il ne sait plus quoi faire de tangible, voici ce personnage improbable qui devrait être en train d’incarner « Malraux » dans un théâtre et qui, en temps réel à la suite d’un mauvais regard de spectateur, débarque inquiet dans celui d?à côté.

Le voilà maintenant confiant son mal de vivre et son mal d?être dans sa peau autant que dans celle des autres, au premier venu, c’est-à-dire au barman ou plutôt à travers ce dernier au public mais pas le sien, celui venu en effet pour assister à un show intitulé « Au dernier bar avant la fin du monde »? alors que ses spectateurs dédiés, eux, seraient censés l’attendre finalement on ne sait où !

Bref, d’emblée tout serait décalé et le resterait, pour notre plus grand plaisir, jusqu’au salut final de chaque représentation.

Edouard Baer n’est pas un intellectuel, c’est lui qui le dit mais, en revanche, Edouard cogite en permanence et, avec son sourire entendu, vous incite à suivre sa pensée en train d?éclore en « direct live » comme ces fusées de feu d’artifices qui éclateraient à tour de rôle mais dans le désordre le plus aléatoire qu’il soit.

Cela n’empêche; cela semble faire sens et ainsi on le suit avec amusement et complicité, comme un seul homme !..

Conviés peu à peu à pénétrer dans son Panthéon personnel, nous pouvons y croiser aussi bien Napoléon que Casanova mais surtout des auteurs bien trempés à l’instar pèle-mêle de Bukowski, Thomas Bernhard, Romain Gary, Camus, Malraux, Jean Rochefort, Boris Vian ou Georges Brassens…

La liste n’est certainement pas exhaustive, mais nous ne sommes pas pour autant au Musée Grévin; il ne s’agit pas tant de faire étalage de textes prestigieux figés dans l’espace temps que de faire leçons de vie, ici et maintenant.

Ces moments de lecture et de souvenance réflexive sont donc toujours contextualisés et ont comme objectif principal de faire choc avec le vécu, la perception, l?émotion qui nous lient autant à la réalité qu?à l’imaginaire.

Si donc Edouard Baer est aussi un passeur tendant la main à ses contemporains pour les sensibiliser à la poésie des relations humaines, il n’en reste pas moins qu’en « lutin » fantasque, il dynamite de l’intérieur la pensée et ne laisse rien passer des éclats implosant face au sourire bouche bée de ses admirateurs.

Car l’ « enchanteur » sait parfaitement l’effet qu’il produit sur les foules; il en joue, il peaufine ses répliques et son phrasé d’apparence hésitante mais cependant il ne falsifie jamais l’authenticité morale du personnage qu’il incarne.

Le comédien agit en charmeur invétéré assumant complètement cette qualité pourtant non revendiquée en tant que telle.

Le public, le sien et les autres, ne s’y trompe pas: C’est tous ensemble qu’ils plébiscitent la performance à nulle autre pareille parce que, de fait, il se pourrait, sauf à s’y damner, que cet artiste apparaisse réellement comme frappé par la grâce.

Theothea le 10/12/21    

               

               

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