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26ème  Saison     Chroniques   26.01   à   26.05    Page  462

     

     

       

                   

                 

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LA CERISAIE

« La Cerisaie » de Clément Hervieu-léger au plus près du naturel impressionniste

     

d'Anton Tchekhov 

mise en scène Clément Hervieu-Léger

avec Michel Favory, Véronique Vella, Éric Génovèse, Florence Viala, Julie Sicard, Loïc Corbery, Nicolas Lormeau, Adeline d'Hermy, Jérémy Lopez, Sébastien Pouderoux, Anna Cervinka, Rebecca Marder, Julien Frison et les comédiens de l’académie de la Comédie-Française Vianney Arcel, Robin Azéma, Jérémy Berthoud, Héloïse Cholley, Fanny Jouffroy, Emma Laristan

****

     

Comédie Française

Salle Richelieu

 

© Brigitte Enguérand, coll. Comédie-Française

           

Certes, la perspective de voir et revoir cette pièce de Tchékhov est, à chaque fois, un plaisir récurrent inextinguible.

Savoir qu’un metteur en scène s’est à nouveau impliqué pour en extraire une intimité subjective qui, en retour, fera écho aux versions précédemment appréciées, est en soi un agrément à nul autre pareil.

Car « La Cerisaie », c’est toute la nostalgie d’une époque s’apprêtant, qu’on le veuille ou non, à faire place nette à une autre vie… peut-être plus prometteuse mais en sachant pertinemment que l’on y perdra sans doute ce qu’il y a de plus cher… ce à quoi on tenait par-dessus tout.

Et à chaque fois, cet enjeu s’esquisse avec la personnalité des comédiens forcément investis au plus profond d’eux-mêmes selon une mise en scène qui accentuera, selon sa palette spécifique, telle ou telle dimension émotionnelle.

Loin de toute surenchère des sentiments, Clément Hervieu-léger cherche, lui, à atteindre l’évidence naturelle, en s’appuyant sur le ressenti des personnages, pour construire des êtres en osmose avec leur destinée assumée.

Cette volonté de justesse de ton est communicative avec celle de la créativité mise au service de cette production à la Comédie Française au travers de tous ses talents artisanaux.

Ainsi en est-il du décor à juste titre très explicite dans les intentions de ses concepteurs souhaitant d’une part faire lien entre intériorité et extériorité, d’autre part laisser l’expression libre à tous les possibles qui surviendraient au fil des répétitions.

Faisant, par exemple, le choix d’une rusticité de bon aloi, le bois et la teinte vert/bleu font dominante avantageuse d’un tel dessein en élevant une sorte d’écran charpenté au premier tiers de la profondeur scénique.

Durant une période transitoire, une partie de cette applique frontale s’ouvrira sur elle-même, telle une porte sur ses charnières, afin de découvrir la totalité de cette profondeur de champ laissée à cet instant disponible pour la fête organisée lors du retour attendu de Lopakhine qui s’était absenté pour cause de mise aux enchères de la maison avec sa cerisaie.

Le bal champêtre qui y est improvisé se présente comme le temps fort de cette réalisation en entraînant momentanément les esprits et les cœurs loin de toutes les contingences convoquées au sein de ce milieu aristocratique en voie de déchéance.

De fait ce décor, faisant la part belle aux signes reconstituant notamment toute la généalogie de ceux qui y vécurent à travers photos, tableaux et autres objets muraux, se présente comme une avancée montant très haut vers les cintres, davantage à la manière d’une grange réhabilitée plutôt qu’une d’une maisonnée élaborée autour d’un chaleureux âtre domestique.

Ce parti pris scénographique éminemment respectable n’est pas pour autant en mesure de suggérer, de manière palpable, l’affectivité qui pourrait relier intimement chacun des protagonistes à son vécu rural dans ce havre protecteur.

Il en résulte une forme de distanciation virtuelle que chacun pourra exprimer en se recentrant sur le texte à incarner parmi ses acolytes familiaux.

Disons que l’intensité ressentie aura tendance à venir essentiellement de la nostalgie évoquée face à la peinture évocatrice de la cerisaie exposée plein centre plutôt que d’un réel rapport charnel à l’ensemble du lieu ainsi élaboré de manière exclusivement symbolique.

Cependant les comédiens du Français sont bel et bien au rendez-vous du geste artistique permettant à Tchekhov de s’y sentir bien chez lui.

Faisant équipe, leurs liens de connaissance réciproque d’autant plus renforcés durant les périodes de confinement (en raison paradoxale de leurs multiples projets de vidéos numériques), font choc convivial avec cette dynastie russe qui nous est si familière.

Dans une superbe dualité au sommet, Florence Viala et Loïc Corbery oeuvrent à pleine crédibilité au charme évanescent prêt à se dissoudre en direct sous les sirènes du profit escompté.

De la même façon, au fil de la lutte contradictoire que s’y mènent l’oisiveté factuelle, le déficit culturel et l’appel au travail, l’ensemble de la distribution contribue aux particularités savoureuses imprégnées dans cette œuvre ultime du dramaturge russe au soir de sa vie pour en faire un fleuron patrimonial qui ne cessera jamais d’être plébiscité sur toutes les planches du monde aspirant au surcroît de civilisation.

Theothea le 21/11/21        

                 

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LA SECONDE SURPRISE DE L'AMOUR

« La seconde surprise de l’Amour » Çà "matche" entre Françon & Marivaux !   

de Marivaux 

mise en scène Alain Françon 

avec  Thomas Blanchard, Rodolphe Congé, Suzanne De Baecque, Pierre-François Garel, Alexandre Ruby et Georgia Scalliet

****

     

Théâtre Odéon - Berthier

 

© Jean-Louis Fernandez

             

Pour un retour en présentiel sur les gradins d’un Théâtre, la mise en scène d’Alain Françon est un véritable régal impressionniste.

Celui qui est passé, il y a quelques mois, au plus près des affres d’une agression criminelle gratuite, donnant en retour à la saveur de la vie une profusion de sensations contradictoires dont il résulte une appréciation indicible de l’instant présent, indique que la maturation et l’élaboration de son travail artistique se sont poursuivies tout au long de sa période de convalescence durant laquelle la pièce de Marivaux non seulement ne le quittait pas des yeux mais de surcroît lui servait de soutien mobilisateur.

Il est en effet aisé de comprendre que la subtilité et la richesse du langage dont Marivaux exploite tous les interstices afin de ne rien ignorer du moindre affect pouvant laisser un doute planer au-dessus de la mêlée des ressentiments avant même celle des sentiments, puissent paradoxalement séduire un lecteur devenu vulnérable face à la succession d’inflexions contradictoires défilant devant son regard médusé sans que la raison puisse avoir les coudées franches pour oser intervenir.

Ainsi rien ne serait vraiment déterminant mais tout signe compterait en permanence…notamment en amour et en amitié comme dans la vraie vie prosaïque !

Le rapport de forces incontrôlées ou incontrôlables dans les destinées humaines serait tel qu’en s’appuyant dessus plutôt qu’en feignant de l’ignorer, permettrait d’anticiper la désillusion afin de mieux profiter de la moindre ouverture vers la reconstruction… en perspective de résilience:

Ainsi La Marquise (Georgia Scalliet) & Le Chevalier (Pierre-François Garel), comme voisins de circonstance affligeante, l’une puisque récemment veuve l’autre parce que passé à un « chouïa » du Grand Amour, se retrouvent quasiment en tête à tête, dépités par le sort injuste fait à leur trop grande sensibilité, jusqu’à induire l’extrême susceptibilité.

Flanqués tous les deux de domestiques d’autant plus zélés que leurs propres intérêts amoureux devraient être liés à ceux de leurs maîtres respectifs dont ils seraient avant tout les confidents, tous ainsi obéissent aux règles et usages d’une carte du tendre dont personne ne détient les secrets et les caprices formels.

Disons que la Marquise et le Chevalier seraient, chacun de leur côté, prêts à accepter du réconfort venant de la part de quelqu’un ayant pu également ressentir la souffrance d’être laissé-pour-compte de l’amour.

Aussi l’amitié leur paraît un excellent compromis pour épancher réciproquement ce trop-plein de douleur affective contenu.

Cependant un tiers va rapidement s’imposer à leur liaison de fortune tel l’empêcheur de tourner en rond alors même que Lisette (Suzanne De Baecque) et Lubin (Thomas Blanchard) se mêlent déjà beaucoup de compliquer les motivations entrecroisées.

De fait, ce comte (Alexandre Ruby) lui n’a aucun doute sur l’amour qu’il porte à La Marquise pour la faire revivre au mieux de ses potentialités mais toutefois les convenances et le savoir-vivre le portent néanmoins à respecter les desseins de chacun des autres protagonistes.

Il ne resterait plus alors qu’à introduire Monsieur Hortensius (Rodolphe Congé), philosophe pédant, pour brouiller définitivement tous les plans stratégiques que chacun aurait pu concevoir et mettre peut-être ainsi un terme définitif à tous les espoirs secrets en latence jusqu’à en provoquer l’impasse.

Dans ce jeu de bataille entre Amour & Amitié, tout se passerait comme si chacun, au moment de tirer la carte qui lui serait favorable, se dressait radical un mur d’incompréhension collective où finalement la jalousie et les vanités auraient beaucoup à perdre.

Qu’Alain Françon, à cet instant de sa vie où tout lui a paru basculer du mauvais côté de la force, ait pu s’accrocher de toute son énergie à ces « pour un oui, pour un non » que rien ne semble différencier mais que tout, au contraire, justifie au plus haut point, comme cet art de vivre dans l’intensité de ce qui ébranle le corps et l’esprit afin de les vivifier et les rendre à nouveau apte à la dignité du sentiment juste.

Marivaux excelle à ce travail d’écriture au scalpel; Alain Françon lui emboîte le pas en y apportant la distanciation apaisante et surtout beaucoup d’humour salvateur qu’il sait communiquer avec bonheur à ses six interprètes arborant tous aisance et véracité.

Theothea le 15/11/21

         

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LA MOUETTE

Y

   

de

mise en scène  

avec

****

     

Théâtre

 

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L'IMPORTANCE D'ETRE CONSTANT

 « L’Importance d’être Constant » l’humour Victorien fait florès à l’Hébertot

       

d'Oscar Wilde

mise en scène  Arnaud Denis  

avec  Evelyne Buyle, Olivier Sitruk, Delphine Depardieu, Arnaud Denis ou Jeoffrey Bourdenet, Nicole Dubois, Marie Coutance, Jean-Pierre Couturier, Gaston Richard, Fabrice Talon

****

     

Théâtre Hébertot

 

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- Work in Progress -

     

La pièce d’Oscar Wilde triomphait à Londres alors que, déchu de ses droits d’auteur, celui-ci avait été incarcéré en raison de ses mœurs alors réprouvés…

L’époque Victorienne étant ainsi à l’origine du meilleur comme du pire, l’idée d’Arnaud Denis d’en transposer sa scénographie française vers celle des « Années Folles » avait tout à gagner en ne conservant que le meilleur d’un contexte où subtilité, esprit, jeu de langage auraient la part belle à faire jaillir la folie hors des convenances.

Fallait-il encore réussir, après ces mois de confinement, à tordre l’inertie incitant à se contenter du théâtre à la maison via le numérique !

En suscitant une intimité communicative des comédiens sur les planches jusqu’aux spectateurs dans la salle, Arnaud Denis se démultipliait, comme souvent à son habitude, en faisant lien de sa personne entre réalisation & jeu, entre conception & interprétation scéniques.

D’emblée, lors de la rentrée de septembre accompagné d’un équipage flamboyant, le succès fut au rendez-vous et ne fit qu’embellir pour les neuf artistes réunis lors de chaque lever de rideau jusqu’à ce soir d’octobre où Arnaud Denis dut laisser sa place vacante, sans doute définitivement pour l’année 2021, contraint par un accident domestique lui ayant cassé le genou.

Le miracle, selon les spectateurs présents lors de cette représentation improbable, c’est que le comédien qui le remplaçât au pied levé n’en connaissait pas le rôle et fit donc sa prestation texte à la main sans autre filet de protection... pour être en définitive acclamé à tout rompre aux saluts.

Trois semaines plus tard celui-ci évolue plus que jamais comme un poisson dans l’eau et paraît être tellement en osmose avec ce rôle qu’il semblerait en être le détenteur choisi initialement par le metteur en scène avec qui, il faut le dire, il a quelques ressemblances.

Bref, s’il fallait accorder des Molières à cette création pour la cérémonie 2022, Jeoffrey Bourdenet (à l’affiche conjointement de « 12 hommes en colère ») ne serait pas le dernier de ceux qui mériteraient mais il faut dire que ses compagnons de scène sont tous raccord pour un triomphe.

Évidemment, la magistrale Evelyne Buyle atteindrait en toute légitimité ce Graal mais Olivier Sitruk est si désopilant et Delphine Depardieu tellement malicieuse qu’Arnaud Denis n’a aucun souci à se faire, la trajectoire de sa mise en scène enjouée n’a pas décroché d’un iota de son orbite nominale et, même mieux, elle a acquise, avec ces tribulations, une dynamique que le public, allègre, plébiscite sans forcément en connaître ces péripéties.

D’ailleurs Jack & Algernon, les deux amis qui ont respectivement recours à un prénom d’emprunt pour mieux profiter de leur double vie de jeune homme, qu’ils se fassent appeler « Constant » en français ou « Ernest » en anglais, n’est pas un problème en soi puisque la confusion qu’ils sèment autour d’eux s’avèrent être en phase plutôt opportune cependant, le véritable obstacle à leurs escapades est à rechercher davantage du côté de la tante Lady Bracknell, prototype exemplaire de la vieille aristocratie à cheval sur l’ensemble des conventions anglaises avec lesquelles on ne transige point.

Les échanges sont savoureux comme une tasse de thé que les années folles auraient catapulté au rayon de la perfidie cynique la mieux partagée par cette société encore corsetée.

De fait, à défaut d’être un refuge pleinement garanti, « L’Importance d’être Constant » est, au diapason du spectacle vivant, une valeur éminemment sûre.

Theothea le 24 novembre 21

          

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L'EPOPEE D'HERMES

Y

      

de  

mise en scène  

avec  

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Théâtre

 

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