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DON JUAN

de  Felix Gray

mise en scène    Gilles Maheu

 Choix des Chroniques ****

Palais des Congrès

Tel:  01 40 68 00 05 

 

 - DON JUAN  - 
  de Felix Gray  
  mise en scène: Gilles Maheu  
  Palais des Congrès   
  photo libre de droits - Moteur

Photo libre de droits  - presse Moteur

   

Tel un carnaval de Venise ayant revisité les sortilèges amoureux du Flamenco, ce "Don Juan" de Félix Gray réussit à capter l'ensemble des dons propices à l'engouement que peut susciter une comédie musicale digne de ce nom!...

Et pourtant en prémices à la générale parisienne, les augures semblaient peu enclins aux présages favorables, au vu et au su des échecs relatifs ayant eu raison précédemment de "Cindy", des "Demoiselles de Rochefort", de "Chicago", de "Spartacus" entre autres!…

D'ailleurs affichant d'emblée profil bas durant les avant-premières, la vaste salle du Palais des Congrès avait opté pour une modeste configuration "concert", réduisant de moitié sa capacité disponible jusqu'à ce fameux mardi 1er mars 2005 où les bonnes vibrations semblaient soudain s'être emparées de l'événement pour en surbooker la jauge intégrale!…

C'est alors qu'en temps réel allait se produire le miracle tel que l'avaient à peine oser imaginer dans leurs rêves les plus ambitieux, son concepteur Félix Gray, son réalisateur Gilles Maheu et son producteur Charles Tallar; en effet l'entracte du tout Paris frémissant déjà de l'enivrement andalou imprégné de frénésie ébouriffante de guitares et de claquettes, une voie royale pouvait désormais de toutes évidences s'ouvrir au succès hexagonale indéfectible!…

Car ce "Don Juan" est, avant toute autre considération, lié à un rythme dûment cadencé où les émotions artistiques s'enchaînent telles des images flashées en récurrence que la mémoire interprète comme autant "Du plaisir" à être dégusté en osmose avec le livret et même le cas échéant sur des chevaux mécaniques stylisés empruntés à l'imagination de Léonard de Vinci!…

C'est bien évidemment la puissance de l'atavisme espagnol ressurgissant au sein d'une culture latine de l'amour, elle-même enlacée dans ses contradictions passionnelles, qui en crée le flux énergisant, d'autant plus que l'auteur s'arroge la licence poétique de faire tomber le fameux mercenaire de la conquête galante (Jean-François Breau) non sous la traditionnelle damnation du Commandeur mais bel et bien sous le coup de foudre inspirée par la séduisante Maria (Marie-Eve Janvier)!…

De fait au cours d'un duel devenu inéluctable, c'est l'épée de son rival Raphaël (Philippe Berghella) qui pourfendra l'âme du pécheur repenti afin de faire avouer Don Juan, en toute humilité: "C'est à cause de moi que je meurs"!...

Dans cette ultime chance accordée au héros de gagner son purgatoire, réside le secret d'une création flamboyante mise en chorégraphies (Nuevo Ballet Espanol) par Carlos Rodriguez et Angel Rojas, dont la rédemption constituera le magistral bouquet final sans besoin de nul autre artifice!…

Les quarante chanteurs et danseurs portés par la vague déferlante du feeling mauresque lancinant auront pu ainsi clamer le désespoir de leurs rôles respectifs, pourvu qu'au final l'Amour soit apparu comme l'unique vraie victoire d'une lutte universelle à dimensions humaines!…

C'est ainsi sans aucun doute, qu'il fallait entendre dans la fougue de l'immense "standing ovation", la proclamation jaillissant du coeur de Johnny Hallyday à l'adresse du maître de soirée livré sur scène aux félicités: "C'est nous qui te remercions, Félix !…"

Theothea le 10/03/05

LE PRINCE DE HOMBOURG

de  Heinrich von Kleist

mise en scène    Daniel Mesguich

 Choix des Chroniques ****

Théâtre de l'Athénée

Tel: 01 53 05 19 19

 

                  Visuel dossier de presse

   

Telle qu’une vision fantasque d’un double du père projeté sur scène, Daniel Mesguich se tenait debout au fond de l’orchestre du théâtre de l’Athénée observant son fils durant l’intégralité de cette quatrième représentation du «Prince de Hombourg» alors que son assistante, bloc en mains, en consignait des notes de création in situ!...

A l’autre extrémité du spectre adossé dans l’ombre, William Mesguich lui en pleine lumière paraissait avoir intégré le panel des mimétismes suffisamment signifiants en filiation pour une posture à l’identique, mais ô combien troublante!...

Être à la fois celui qui dans un somnambulisme visionnaire va pressentir si intensément le souffle de la mort au point d’en être gracié par Heinrich von Kleist et en contraste concomitant celui qui va dupliquer la vie au point de la figer en une icône du jeune homme éternel à l’image du père!...

Ce soir-là, le Prince était-il  de fait sur les planches dans le jeu de l’absence au monde pour mieux évaluer l’enjeu insaisissable de la vie au présent? N’était-il pas le reflet de cette réplique muette postée en symétrie de notoriété au-delà de toute contingence physique sublimée?

«Miroir et Métaphore» conceptualisés ainsi par l'incarnation de leurs alter ego se complétaient en bonne "Compagnie" sans qu’il y ait pour autant nécessité à requérir les clones de leurs partenaires à part entière Catherine Berriane, Alexandre Ferrier, Xavier Gallais, Jean-Louis Grinfeld, Claudie Guillot, Elsa Mollien, Philippe Maymat, Marine Marty, Philippe Noël, Laurent Prévot, Grégory Quidel, Thibault Vinçon!...

Une mise en scène brillante où le perfectionnisme se met au service d’une technologie pertinente et où la lumière transfigure le sacrifice néo-romantique d'une destinée mélancolique égarée par l’aveuglement de l’Amour!...

Theothea le 16/03/05

PEER GYNT

de  Henrik Ibsen

mise en scène    Patrick Pineau

 Choix des Chroniques ****

Odéon Berthier

Tel:  01 44 85 40 40 

 

 - PEER GYNT  - 
  de Henrik Ibsen  
  mise en scène: Patrick Pineau  
  Odéon Berthier   
  photo libre de droits - PIDZ

Photo libre de droits  - ©  PIDZ

   

De la Cour d'Honneur en Avignon jusqu'aux Ateliers Berthier s'est développé le concept d'une création qui, en neuf mois, a enfanté à chaque représentation d'un Peer Gynt tout neuf se dépouillant toujours davantage des couches successives des simulacres sociaux pour ne jamais en finir d'apparaître intégralement nu…. juste avant d'éviter le ridicule!…

En se voulant jusqu'à terme maître de son destin et de sa singularité, les catégories d'entendement se sont inversées au compagnonnage des Trolls, agissant comme le révélateur négatif d'une ambition en quête de sa spécificité!…

Véritable Don Quichotte de l'accomplissement, Peer va en effet s'acharner, la vie durant, à devenir lui-même en parcourant aussi bien les chemins intérieurs du mental que ceux des grandes randonnées planétaires!…

Pratiquant l'esquive dès que l'engagement lui semble par trop captif, cet anti-héros n'aura de cesse d'échapper aux influences qui chercheraient à l'assimiler au devenir de l'humanité !…

Cependant du giron maternel originel au sein de la femme aimante sur le tard, le grand détour de la vie lui aura valu nombre de frustrations mettant à mal la mythomanie à laquelle il s'est désespérément attelé jusqu'à atteindre le temps des échéances lui donnant des rendez-vous oppressants avec la vérité ultime!…

Au théâtre l'Odéon Berthier, le plateau s'étant resserré sur un volume clos et dépouillé, la pérégrination de Peer prend une apparence brute de décoffrage pour laquelle il n'est plus possible de faire l'économie d'une attention soutenue!…

Eric Elmosnino non seulement tient le défi de cette divagation philosophique mais semble prendre une mesure toujours plus juste d'un rôle aventureux où paradoxalement la résignation va culminer dans la victoire sur chaque illusion!…

Patrick Pineau dirige son comédien fétiche comme une tête chercheuse d'un trésor enfoui sans que jamais celui-ci n'apparaisse désorienté par tant de velléités universelles!…

Une leçon de comédie où l'acteur se doit d'être au plus près de son personnage dans la distanciation la moins feinte!...

Theothea le 17/03/05

LA VIE D'ARTISTE RACONTEE A MA FILLE

de  Jérôme Savary

mise en musique    Gérard Daguerre

 Choix des Chroniques ****

Opéra Comique

Tel: 08 25 00 00 58

 

 - LA VIE D'ARTISTE RACONTEE A MA FILLE  - 
  de Jérôme Savary  
  mise en musique: Gérard Daguerre  
  Opéra Comique   
  photo libre de droits - presse Opéra Comique

Photo libre de droits  - presse Opéra Comique

   

Jérôme Savary a enchanté son monde et il voudrait maintenant tirer sa révérence en faisant un dernier tour de piste sur les planches de l'Opéra-Comique qu'il dirige depuis cinq années!…

Tel un Charlie Chaplin dont son personnage de scène cultiverait désormais la bonhomie, il accède à l'un de ses rêves les plus chers: Jouer avec sa fille Nina, qui elle ressemble à s'y méprendre à l'une des sœurs possibles de Géraldine Chaplin!…

En tel équipage, le maître de maison qui dans la France profonde rode ce nouveau spectacle créé à Orléans en juin 2004, souhaite l'offrir comme un divertissement artisanal en forme de témoignage d'une époque sans doute révolue mais dont la perception du Seigneur des lieux pourrait néanmoins porter à équivoques!…

En effet si celui-ci, qu'il en convienne ou non, est gagné par une certaine mélancolie, s'y ajoute également à sa convenance, une sorte de désaveu voire un reniement d'une créativité d'antan certes loufoque et souvent excessive mais pourtant bel et bien constitutive de son image de marque!… Seule trouverait grâce à ses yeux la vérité du Jazz qu'il a côtoyé dans sa jeunesse au plus près de ses valeurs originelles de référence!...

Il se pourrait que cette attitude soit rétroactive d'une humilité feinte, mais l'homme de théâtre oppose toutefois une forte contradiction de principe à Jean-Louis Barrault qui, en 68, admettait le saccage de l'Odéon sans autre acrimonie en énonçant: "Les jeunes ont toujours raison!… "

Aussi a contrario Jérôme Savary, lui quel que soit son âge, s'autoriserait de donner des leçons à la terre entière, dans le refuge d'un cocooning assez paranoïaque, par exemple en vilipendant toutes formes de comédie musicale contemporaine autre que celle que lui-même pratique avec de vraies voix et de véritables instruments!…

A preuve cette "Vie d'artiste…" pour laquelle il a l'habileté de transformer la mode et la rentabilité financière du one-man show en un duo à part entière mais dont il sait tirer toutes les ficelles du spectacle vivant…. pour ne pas dire la couverture… puisque d'évidence Nina Savary peut y démontrer à nouveau son talentueux savoir-faire!…

Il n'empêche ce legs est d'autant plus lourd à porter pour la jeune femme que son père n'a de cesse de répéter au cours de la représentation que s'il avait réussi à saisir certaines opportunités au cours de sa vie, "… il ne serait pas aujourd'hui obliger de faire le gugusse pour honorer ses pensions alimentaires !…"   Tact pour le moins charmant!…

Le message prosaïque est donc capté 10 sur 10 !… S'il devait y avoir du désabusement chez Jérôme en charge de l'Opéra-Comique, c'est qu'il y a nécessité à remplir les caisses familiales quasiment à compte d'auteur; aussi qu'on se le dise la tentation d'aller mettre un point final à sa carrière artistique pourrait bien se solder par une prestation de sdf sur le pont des Arts où le metteur en scène de génie espère néanmoins le compagnonnage de son directeur musical, Gérard Daguerre!…

A votre bon cœur, messieurs, dames!…

Divertissement réjouissant et plein de paillettes effectivement!… Mais point besoin de gratter où Charlot se démange, le pathétique est également invité à la fête de ce premier adieu du prestigieux magicien!…

Theothea le 18/03/05

EMBRASSER LES OMBRES

de  Lars Norén

mise en scène  Joël Jouanneau

 Choix des Chroniques ****

Théâtre du Vieux Colombier

Tel: 01 44 39 87 00 

  

 - EMBRASSER LES OMBRES  - 
  de Lars Norén  
  mise en scène: Joël Jouanneau  
  Théâtre du Vieux Colombier   
  photo: ©  Jean-Paul Lozouet  
  Lien avec le site  "Photos de Spectacles"

                 ©  Jean-Paul Lozouet  -  Photos de Spectacles

   

Réunir Catherine Hiegel et Andrzej Seweryn pour une danse de mort où le feu doit se confronter à la glace était déjà en soi un projet passionnant à monter!...

Créer une pièce de Lars Norén projetant l'ombre du grand écrivain américain Eugene O'Neill sur une fin de vie inhibée par la maladie de Parkinson et plongée dans le conflit caractériel avec son épouse nécessitait une mise en scène réaliste que l'unique décor de Jacques Gabel a su identifier avec quelques fauteuils et un escalier autorisant la dérobée, au sein d'une maison isolée près de l'Océan!...

Quatre personnages en compagnie d'un domestique (Nicolas Wan Park) et d'un singe empaillé vont se quereller en multipliant les postures du ravage si non pour rejeter les causes des dysfonctionnements de leurs vies sur autrui, tout au moins pour évacuer le poids de l'échec dans l'implication de leurs partenaires!...

Deux fils (Eric Génovèse & Mathieu Genet) vont donc le temps d'une journée du soixantième anniversaire de leur père pâtir de la mésentente inhérente à son troisième mariage. A l'égard de l'époux ou de la belle-mère, les souffrances et les torts pourront autant être considérés à charge qu'à décharge de telle sorte qu'aucun des protagonistes ne pourra sortir indemne de sa responsabilité personnelle dans le naufrage mutuel...

Au coeur de l'échec s'est d'abord installée l'impuissance face à la création artistique; en effet n'étant plus en mesure d'écrire, le dramaturge se refuse désormais à dicter la suite de son oeuvre littéraire, au motif que les mots ne peuvent courir que sous sa plume en action!...

Débute ainsi une kyrielle de reproches respectifs qui, de proche en proche, vont contaminer l'ensemble du quatuor pour lequel des vices latents tels qu'alcoolisme, drogue, égocentrisme, cupidité et autres tares latentes feront de l'anthropophagie patriarcale devenue improductive, le miroir d'une impossibilité à régir tout principe de tolérance réciproque!...

Ramenée de cinq à trois heures, la réalisation de Joël Jouanneau laisse subsister certaines dialectiques étirées pouvant lester l'inertie de l'attention, mais au demeurant le cycle de la désagrégation des affects a intrinsèquement besoin de ces stades successifs où chaque membre peut à son gré faire la preuve de son incompétence à sortir du cercle destructif!...

Au terme de la journée, Lars Norén laissera ses personnages comme il les avaient trouvés au matin; seule sera éventuellement modifiée la perception de l'observateur qui aura eu ainsi tout loisir de reconnaître ou non dans ce psychodrame familial, un duplicata en rien formaté de la monstruosité du réel!...

Theothea le 24/03/05

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