Les
Chroniques
de
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9ème
Saison
Chroniques 09.96
à
09.101
Page 149
58ème
Festival
du Film de Cannes
2005
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UN ETERNEL HIVER
de
& mise
en scène Linda Lemay
Direction
musicale Louis Bernier
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****
Casino de Paris
Retour en France au printemps 2006
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photo:
Productions Calimero
Clôturant une tournée
franco-européenne ayant débuté à Saint
Germain-en-Laye en janvier dernier, l'Opéra folk de
Linda Lemay a atteint son
apothéose au Casino de Paris en se faisant apprécier du public
parisien en quatre représentations!
Ni comédie musicale, ni tour de chant, ce
spectacle thématique à cinq personnages interprétant
face à la salle 51 chansons composées parole et musique par
la star québecquoise et accompagnées sur scène par une
formation de cinq instrumentistes, prend à contre-pied l'ensemble
des spectacles musicaux proposés ces dernières
saisons!
Monté comme un film dont à chaque
séquence correspondrait un script dédié mis en musique
sans autre jeu que celui de l'ébauche et sans que parole parlée
vienne faire écho, le scénario d'une histoire a priori faite
d'eau de rose vient se heurter à une tranche de vie dramatique dont
pourrait naître le story-board d'un conte
philosophique!
A l'instar des frères
Dardenne ayant emporté
les suffrages de la Palme d'Or 2005 à Cannes, voilà que "L'enfant"
serait devenu ce cur de cible des préoccupations
contemporaines!
Cet enfant supposé mal aimé, celui qui
déclenche le cortège des sentiments de culpabilité que
rien ne prouve objectivement mais que tous les malaises de la société
des adultes vont justifier peu ou prou, leur renvoie en miroir la violence
des échecs patents ou des insatisfactions latentes!..
Se substituant à une
cinquante-deuxième chanson qu'elle n'a pas voulu écrire,
Linda Lemay vient rompre,
en phase ultime de son opéra, le tacite contrat de la parole
chantée, en exprimant à voix convaincue et persuasive, le syndrome
du silence destructeur!
Il faudrait selon l'artiste savoir mettre à
temps des mots sur les maux des existences humaines, avant qu'ils emportent,
en des actes irréversibles, la force et l'intensité de l'amour
muet ou indicible!
Ainsi face au suicide alors que les masques bien
pensants se trouvent piégés dans leurs contradictions, la chanteuse
ose contrarier les valeurs du faux-semblant pour y glisser la main tendue
aux appels au secours quasiment programmés et étouffés
dès la conception de l'embryon!
Au rythme de la country et du folk, sa
démonstration renvoyant dos à dos l'ensemble des
responsabilités ose illustrer les ravages de la bonne conscience en
transgressant sensiblement les frontières du "politiquement
correct"!
En
outre son audace professionnelle la détermine à mettre en valeur
des artistes dont le talent pourrait aisément se comparer au sien
et c'est effectivement en Fabiola
Toupin, la révélation non
d'un clone mimétique mais quasiment le modèle auquel se serait
inspiré
Linda depuis toujours qui
semble surgir dans le fantasme du spectateur
subjugué!
Entourés
de quelques éléments de décor minimaliste, les
interprètes (outre
Lynda &
Fabiola,
Yvan Pedneaux,
Daniel Jean,
Manon Brunet) partageant
la scène en parité avec les musiciens (Louis
Bernier, Sébastien
Dufour, Pascal
Castonguay, Michel
Fauteux, Christine
Guigère), se répondent
micro en main dans une dialectique de la complémentarité
mélodique!
Ainsi donc se déclinent les éléments
basiques garantissant le retour aux fondamentaux du spectacle musical, en
gage d'un show d'une lucidité salvatrice!
Theothea le 10/06/05
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LE CONTE D'HIVER
de
Shakespeare
mise en scène
Olivier Pansieri
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****
Maison du Cambodge
Tel: 01 43 54 05 02
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© Patrice
Dupré
Fermée depuis 1970 en raison des
évènements géopolitiques, la maison du Cambodge s'ouvrait
de nouveau aux étudiants en 2004, en s'intégrant à la
vie culturelle foisonnante de la Cité
Internationale!
C'est dans cette perspective
que la compagnie "Arts scéniques & vieilles dentelles", fondée
il y a quatre ans en se spécialisant dans une lecture à la
fois fantasque et bon enfant de
Shakespeare, y trouve en
ce mois de juin 2005, son lieu d'expression pour quelque 20 représentations
de fin de semaine et ce jusqu'au dimanche 3 juillet.
Au contrôle et à
la caisse ce soir-là, Olivier
Pansieri son directeur, traducteur,
décorateur, metteur en scène et néanmoins le roi, celui
donc du "conte d'hiver", est déjà en partie costumé,
alors que dans la salle de réception de la maison du Cambodge,
aménagée en la circonstance pour ce spectacle vivant, bruissent
les multiple conversations autour d'un buffet campagnard pendant que s'organise
un jeu de chaises musicales spéculant sur les réservations
en placement libre!
Jauge complète, chacun des spectateurs ayant
enfin trouvé son angle de vue, les rideaux des baies vitrées
pourront être abaissés jusqu'à l'entracte afin de susciter
la pénombre nécessaire pour tamiser la lumière du jour
tardive baignant la cour intérieure!
Pourquoi en effet devrait-on
se refuser le plaisir d'admirer sous l'éclat des projecteurs le fabuleux
travail de la costumière Gagu Dürr
qui rivalise d'invention avec elle-même
pour parer d'atours le conte shakespearien d'un tour de main à l'ancienne
?
Grâce à ce savoir-faire artisanal
rare, les quatorze comédiens peuvent en confiance habiter leurs
personnages de l'intérieur avec sans doute le souhait que les chaleurs
estivales ne viennent pas appesantir la charge des velours!..
Un jeu vif, emporté,
souvent drôle et même à maintes reprises pédagogique
pourrait évoquer celui du "théâtre de la jeunesse" qu'animait
Claude Santelli aux heures
glorieuses où la télévision française ne se
déclinait qu'en une seule chaîne!..
Les entrées et sorties de scène
s'effectuent hors champ vers le buffet à l'arrière en longeant
latéralement les rangées du public qui se trouve de fait comme
immergé dans un tourbillon ô combien surréaliste!
Comme dans un remords infini si non éternel,
un sentiment de jalousie exacerbée va se transformer en culpabilité
criminelle d'un mari à l'égard d'une épouse terrassée
et d'une enfant abandonnée délibérément aux lois
du hasard!
C'est par la suite, celles de l'imaginaire et de la fantaisie
qui assureront la sauvegarde et la survie du sentiment affectif confronté
à ces démons!
Le
tandem
Pansieri-Dürr sait de toutes évidences s'entourer de jeunes
talents, pleins d'enthousiasme et de surcroît ayant bon caractère
comme il est déjà demandé à ceux qui postuleront
à l'atelier 2005-2006 ou au stage intensif de 2 mois qui débouchera
sur le spectacle de la saison prochaine!...
Dans "Le conte d'hiver", il s'agit
de Alicia Vaisse,
Audrey Allès,
Laurence Bucher,
Mariane Chéron,
Lily Rubens,
Elena Sist,
Francis Bédigis,
Benoît Genet,
François
Hubault, Gilles
Pradeau, Christophe
Touraud, Yves
Tricault, Curtis
Vaisse.
Theothea le 15/06/05
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LES MOTS ET LA CHOSE
de
Jean-Claude Carrière
mise en scène
Daniel Bedos
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Théâtre de la Gaîté Montparnasse
Tel: 01 43 20 60 56
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Visuel dossier de
presse
Du mot à la chose,
Jean-Claude
Carrière a osé franchir
le pas!...
En effet
d'auteur prolifique, il est devenu l'interprète d'un de ses textes
à ne pas mettre en toutes les bouches mais la charmante complicité
de Marie-Sophie
L.,
à la suite de
Carole
Bouquet,
peut aisément faciliter l'audace du propos!...
Ainsi tel un conférencier délivrant
son savoir du haut de sa chaire et en tant qu'exégète de la
métaphore du sexe, l'ancien professeur brouillons en main est censé
répondre par une série de lettres adressées à
une jeune comédienne faisant du doublage de cinéma X, alors
que celle-ci s'offusque de l'indigence du vocabulaire accompagnant les situations
obscènes!...
Commence une énumération des expressions
françaises ou argotiques que les recherches de l'écrivain ont
permis de classifier en catégories masculines et féminines
en fonction d'une libération des moeurs plus ou moins assumée
ou fantasmée selon chaque époque!...
A la fois fastidieux et plein
de délicieuses surprises, l'échange verbal entre les deux
partenaires dirigé par le regard libertin de Daniel
Bedos s'accomplit à distance
respectable, l'un au pupitre de commandes, elle se lovant de mille manières
sur un canapé de salon, ensemble psalmodiant de part et d'autre de
la scène de la Gaîté Montparnasse, le parfait manuel
d'une connivence aux mots davantage qu'aux plaisirs de la
chose!...
D'ailleurs dans la perspective du prétexte
pornographique, l'observation a priori de l'actrice semble se justifier,
car de la plus sophistiquée à la plus triviale des sentences
polissonnes déclamées, aucune ne pourrait judicieusement trouver
place in situ puisque le sourire, voire le rire en sous-tend l'usage
masqué!...
Les jeux de mots demeurent un jeu de l'esprit qui,
en captant et même en captivant les sens, détournent l'attention
de la libido vers des impasses subtiles où les lois du sexe ne pourraient
s'égarer qu'au prix de s'inhiber!...
Le plaisir érotique
ne pourra effectivement éclore que lorsque se termine l'acte
théâtral, et c'est pourquoi in fine Jean-Claude
Carrière viendra saluer une
dernière fois le public en lui souhaitant malicieusement "une très
bonne fin de soirée"!...
Theothea le 22 juin 2005
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LES HERITIERS
de Alain
Krief
mise en
scène Jean-Pierre Dravel & Olivier
Macé
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****
Théâtre Rive Gauche
Tel: 01 43 35 32 31
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 |
En
s'appuyant sur un décor de Stéphanie
Jarre et des lumières de
Philippe Lacombe, les rapaces
débarquent à domicile avec pour objectif si peu dissimulé
de dépouiller leur proie décontenancée, alors même
que les liens familiaux distendus avec le défunt n'ont pas eu le temps
et l'opportunité de sauver les apparences!...
Plongée directement au coeur du drame, la
boussole du spectateur s'affole au point de stigmatiser la fiction, en une
tranche de réalisme à peine caricaturale, juste condensée
dans le raccourci du temps de deuil où la vulnérabilité
de la veuve est à son comble!...
Mais voilà que fort à propos, surgit
de nulle part un hybride féminin déguisé en chauffagiste
dont la fonction sera de redresser les torts de chacun des protagonistes,
sans jamais être impliqué lui-même dans le pathos
général!...
Quant à l'ami attitré, il pourra lui
aussi battre des ailes!... Rien ni personne n'arrêtera plus l'énergie
de la séduction et du charisme de développer ses sortilèges
au sein d'un capharnaüm où la veulerie et la lâcheté
vont se disputer la suprématie des sentiments!...
Ce ne sera certes pas la maîtresse cachée
du mort qui tirera in fine les marrons des cendres, bien trop
déterminée qu'elle fut dans des dispositions binaires et
radicales!...
Ce sera le duplicata du testament
qui blanchira incognito la morale de tous soupçons
d'arrière-pensées non assumées, relevant ainsi le défi
du sens artistique et passionnel à disposer de la vraie valeur des
gens et des choses, fût-ce en prenant à témoin et à
caution l'un des grands maîtres de la peinture, en l'occurrence
Soulage!
Une terrible et joyeusement cynique
fable moderne d'Alain Krief
qui, réunissant la compagne
(Anne Richard), le frère
(Julien Cafaro), la soeur
(Marie-Hélène
Lentini), l'ami
(Dominique Guillo) et la
maîtresse (Christelle
Reboul) d'une soudaine victime de la
route en présence d'une observatrice (Agnès
Soral) étrangère et fortuite,
démontre, preuves à l'appui montées allègrement
en crescendo par Jean-Pierre
Dravel et Olivier
Macé, l'insignifiance de l'affection
familiale face aux conflits d'intérêts sordides et néanmoins
légaux!...
Angoissant de lucidité mais drôle à
s'y méprendre de toutes mauvaises intentions!...
Theothea le 1er juillet
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LES UNS CHEZ LES AUTRES
de Alan
Ayckbourn
mise en scène
Gildas Bourdet
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****
Théâtre Marigny
Tel: 01 53 96 70 00
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Crédit photo: Jean-Philippe
Somme
Six personnages en quête de droit au bonheur
dans une vie façonnée de conventions investissent la scène
de l'être et du paraître!...
Formant trois couples sur l'échelle de la
condition sociale, les trois maris sont liés à une même
entreprise, alors qu'avec leurs épouses ils élaborent des
intimités en porte-à-faux!...
L'auteur Alan
Ayckbourn ne leur facilitera pas la
tâche, en imaginant une représentation synoptique de leurs tourments
privés dans l'intrication d'une coexistence virtuelle sur le plateau
du théâtre Marigny!...
Au demeurant un télescopage des vies conjugales
se mêlera aux tracas du quotidien partagé sans que d'autres
liens que le téléphone puissent mettre en contact plus ou moins
embarrassant les protagonistes empêtrés avec leurs partenaires
légitimes!...
C'est donc en temps et en perspective réels
que le spectateur observe ces trois destinées obéissant à
des lois internes spécifiques et dictées par des unions
typologiquement différentes!...
Le
directeur fantasque Frank Foster (Philippe
Séjourné) associé
à une femme extravertie Fiona Foster (Isabelle
Patermotte) fonctionnent quoiqu'il arrive
sur le registre des bonnes manières et de la courtoisie!...
Le
cadre moyen Bob Philips (Laurent
Lafitte) éprouve beaucoup de
difficultés à être synchrone avec des repères
comportementaux stables puisqu'avec la mère Carol Philips
(Nathalie Blanc) de leur
bambin turbulent, ils prennent ensemble un malin plaisir à les faire
imploser en pratiquant l'art du rentre dedans systématique!...
Quant
au troisième couple les Chestnutt, il est le fruit de tant d'égards
et de pruderie qu'ensemble ou pas, Wiliam (Jean-Yves
Roan) et Mary
(Marie-Paule Kumps) sont
sans cesse les victimes de leur quant-à-soi respectif!...
La mise en scène
délibérément schizophrénique de
Gildas Bourdet viendra
renforcer la perturbation des consciences tourneboulées à la
fois par la pression sociale rappelant sans cesse à l'ordre moral
mais surtout confrontées au fatras des déviances si peu
assumées!...
Le rire est bien entendu au rendez-vous, mais c'est
dans le cynisme anglais froid et découpé comme une bande
dessinée qu'il faut s'y réjouir des lapsus d'une civilisation
corsetée!...
Theothea, le 04 juillet 05
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MON ALTER HUGO
reprise au Gymnase
de & mise en scène
Gérard Berliner
|
****
Théâtre Marigny / Salle Popesco
Tel: 01 53 96 70
00
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© BM
Palazon
"Mon alter Hugo"!... Avec un titre de spectacle
aussi percutant et ludique, de multiples interprétations s'offraient
d'emblée à l'analyse, comme sur un plateau!...
Leur déclinaison inviterait à penser
qu'un ego peut fort bien en cacher un autre et ainsi de suite!...
Comme dans un grand jeu de cache-cache où
les masques se superposeraient à l'infini au point que le médium
ne saurait plus vice-versa de qui son personnage est le double!...
Cependant
le grand Victor est là
pour les mettre tous au pas et Gérard
Berliner comme un seul homme obtempère
dans le respect de l'oeuvre et de l'écrivain!...
En soumettant le principe
de vie à l'ambition des idées humanistes, c'est effectivement
un autre Hugo qui se dessine
sous la barbe travaillée du comédien à l'instar d'un
Christ marchant dans l'ombre de la destinée humaine!...
Dix
années de labeur quasi monomaniaque pour accoucher, à la suite
d'un grand show signé Alain
Decaux aux pieds de la tour Eiffel en
2002 afin de célébrer le bicentenaire de la naissance du
poète, d'un plus intime OTN (objet théâtral non
identifié) comme se plaît à le nommer
Jacques Weber, par ailleurs
conseiller artistique et amical du projet cette fois coproduit dans la salle
Popesco au théâtre Marigny!...
Authentique chanteur-comédien Gérard
Berliner, accompagné sur scène
au piano par Roland
Romanelli oeuvrant dans la discrétion
tel un partenaire à part entière, endosse lui le charisme d'une
figure légendaire au point de l'incarner en temps réel par
delà l'image de l'inconscient collectif!...
Flirtant avec les bandes jaunes de
l'interactivité, du clonage, de la comédie musicale, du one
man show, force est néanmoins d'observer que l'artiste-interprète
ne se laisse jamais déborder par ces outils formels du spectacle vivant
afin d'en mieux retourner le gant du faux-semblant et maîtriser ainsi
le flux tellurique et visionnaire de l'illustre écrivain livrant des
combats avant-gardistes:
La peine de mort, la misère
humaine, le droit de l'enfant, le vote des femmes, la république
universelle, l'école laïque, les Etats-Unis d'Europe, la monnaie
unique, la liberté de la presse etc... autant de phares à
conquérir que du XIXème au XXIème siècle,
Gérard Berliner
condense dans son spectacle en une incarnation de l'altérité
se fédérant avec son semblable!...
Ainsi sans autres haltères
que l'hyperbole du geste théâtral, c'est en toutes pertinences
que le comédien rend à
Hugo la légitimité
de ses indignations et le souffle de ses convictions!...
Theothea le 08/07/05
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