Les
Chroniques
de
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10ème
Saison
Chroniques 10.16
à
10.20
Page 153
MARIE
CHANTE
LAFORET
La
dernière
aux
Bouffes
Parisiens
Festival
d' Avignon
2005
58ème
Festival
du Film de Cannes
2005
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LE MEILLEUR
PROFESSEUR
de Daniel
Besse
mise en scène
Stéphane Hillel
|
****
Petit Théâtre de Paris
Tel: 01 42 80 01 81
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Huit comédiens dont lauteur Daniel Besse, avec le metteur
en scène Stéphane Hillel, directeur du Petit Théâtre
de Paris, accompagnés dEdouard Laug au décor, Laurent
Beal aux lumières, Brigitte Faur-Perdigou aux costumes et François
Peyrony à la musique originale, tous ensemble au service dune
très noble croisade: La remise en question de
léducation nationale !
Vaste chantier pour lequel aucun spectateur ne peut nourrir lillusion
quau sortir de la représentation théâtrale, serait
acquis le sésame dun remède miracle.
Avec "Le meilleur professeur", la problématique va trouver en quelque
sorte sa légitimité dans le diagnostic ; ce constat nest
pas à minimiser, dautant que le dramaturge a lart et le
soin de mettre les rieurs du côté de la critique constructive.
Réunir douze apôtres de grande compétence autour du
ministre de léducation avec lobjectif de les envoyer en
mission médiatique pour diffuser limage positive dune
réhabilitation institutionnelle se fondant sur des valeurs
pédagogiques avérées, voilà une méthodologie
gouvernementale branchée en perspective dun programme court
de télé-réalité sur une chaîne nationale
durant une quinzaine en début de soirée.
Avec ce concept dexemplarité promotionnelle en perspective
daudimat, cest paradoxalement le mécontentement corporatif
qui va se répandre de la base au sommet du système éducatif,
en lâchant la proie de la communication pour lombre des
rivalités syndicales.
Dans lun des meilleurs lycées de lhexagone, un proviseur
(Philippe Magnan), sa secrétaire (Claudie Guillot), trois professeurs
(Didier Caron, Guillaume de Tonquedec & Daniel Besse) et deux parents
délèves (Marie Bunel, Virginie Peignien), dont une
journaliste, vont pouvoir rejouer toute la partition des griefs à
légard de lenseignement ayant rythmé quarante
années de réformes tourneboulées au gré des
échéances électorales de la Ve république.
Quun suicide délève vienne enrayer lutopie
de bien achever les idéologies pour solde de tout compte, et voilà
la belle ambition du modèle pédagogique idéal qui va
seffondrer au profit dun énième compromis administratif
sans envergure.
Tourne donc le manège des notations hiérarchiques et autres
barêmes à lancienneté, pourvu que les carrières
de fonctionnaires y perpétuent leur rythme de croisière, et
que continuent de voguer, encadrées tant bien que mal, toutes les
jeunes générations à instruire !
Theothea le 12/10/05
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J'AI OUBLIE DE VOUS
DIRE...
de
Jean-Claude Brialy
mise en scène
Jean-Claude Brialy
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****
Théâtre des Bouffes Parisiens
Tel: 01 42 96 92 42
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Jean-Claude Brialy effectue la promotion de "J'ai oublié de vous
dire..." en précisant que chaque soir son spectacle est différent
tant en contenu qu'en durée puisque l'illustre comédien se
laisserait porter par les états d'âme du public.
Cette profession de foi pourrait cependant subir des aléas car
elle présuppose que s'il y a des représentations d'excellence,
d'autres le seraient nécessairement en moindre.
Sans doute est-ce l'une de cette deuxième catégorie que
nous avons pu apprécier l'autre soir où d'emblée la
présence discrète d'une caméra au centre gauche du premier
rang de la corbeille a pu éveiller notre inquiétude.
Disons-le ici, notre estime à l'égard de Jean-Claude Brialy
est immense, en considération d'une carrière théâtrale
et cinématographique hors pair ainsi qu'en témoin talentueux
d'une époque marquée par "la nouvelle vague".
Sans doute par ailleurs, notre attente nous inclinait à imaginer
la rencontre au diapason d'un ton de confidences dont seuls les spectateurs
du mercredi 12 octobre 2005 aux Bouffes Parisiens dont il est le directeur
vigilant, auraient été les destinataires
privilégiés.
Cependant en place de cette intimité d'exception, Jean-Claude Brialy
se postait une fois pour toutes au centre de la scène dans le halo
d'un éclairage formaté et braquait son visage vers l'oeil anonyme
de cette "satanée caméra" par dessus les rangs de
l'orchestre.
Affirmer que son regard serait resté durant deux heures et demie
rivé à cet axe en contre-plongée, ne relèverait
pas d'une objectivité sincère, néanmoins le champ visuel
de l'artiste y revenait sans cesse comme attiré par une
nécessité palpable.
Aussi comme pour compenser cet indéniable manque à
émouvoir, le fabuleux conteur se lançait dans une loghorrée
marathon où l'on entendait s'entrechoquer les souvenirs dans une
mémoire vivante compressée aux limites de la vitesse
d'élocution, au point qu'il aurait fallu éviter de rire par
crainte de perdre le fil conducteur.
Quasiment inégalable, il s'agissait bel et bien d'une véritable
performance d'acteur dont la montée en puissance n'allait cesser
d'être accélérée par le professionnel aguerri
enchaînant sa jeunesse, ses amis les stars, et les bons mots en un
feu d'artifices fonctionnant telle une machine infernale.
Entouré d'un piano, d'un fauteuil impérial et d'un projecteur
de cinéma, debout bien calé sur ses deux jambes, la silhouette
presque svelte, doué d'une forme physique évidente ne trahissant
aucune transpiration, c'est sans boire durant ces cent cinquante minutes
de présence ininterrompue sur scène que Jean-Claude Brialy
va débiter la synthèse des deux best-sellers qu'il a publiés
récemment, sans qu'à aucun moment le comédien ait l'heureuse
intuition "d'avoir oublié de nous dire": "Pouce, mes amis!... Faisons
une pause... "
Cependant toute réflexion faite, c'est peut-être pour ce
happening invraisemblable que nous n'en l'aimerons que davantage et dans
ce cas, nous n'aurions qu'à nous féliciter de la présence
inopportune de cette maudite caméra qui, ce soir-là, nous a
délibérement frustrés d'un peu de chaleur
humaine.
Theothea le 14/10/05
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ANTOINE ET
CLEOPÂTRE
de William
Shakespeare
mise en scène
Stuart Seide
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****
Théâtre de Gennevilliers
Tel: 01 41 32 26 26
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Photo:
Elisabeth Carecchio
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C'est à l'occasion de Lille 2004, Capitale européenne de
la culture que Stuart Seide eut l'occasion de créer cet "Antoine et
Cléopâtre" dont il proposait de surcroît sa propre
traduction.
Actuellement en tournée 2005 entre Gennevilliers, Marseille et
de nouveau Lille, cette mise en scène de trois heures a investi durant
trois semaines d'octobre la salle Maria Casarès du centre dramatique
national dirigé par Bernard Sobel.
Montée comme un piège se refermant peu à peu mais
inexorablement sur l'irrésistible passion amoureuse, avec en
arrière-plan la panoplie des turpitudes du pouvoir politique dressant
les stratégies de vengeance, de conquête et d'alliances
opportunistes les unes contre les autres, cette réalisation du directeur
du théâtre de région Nord-Pas de Calais a su échapper
au péplum traditionnel en cristallisant l'énergie créatrice
sur les rapports de forces qui tirent à hue et à dia cette
tragédie de William Shakespeare.
A terme ce seront tels des Roméo et Juliette déterminés
à triompher des forces antagonistes qu'Antoine et Cléopâtre
vont plonger tour à tour dans la magnificence fatale du double suicide,
convaincus à tort ou à raison, de la mort de l'autre.
Eric Challier (Antoine) possède la présence et le charisme
nécessaires aux paradoxes de son rôle guerrier et affectif;
Hélène Lausseur (Cléopâtre) se veut distanciée
d'une reine d'Egypte légendaire et pharaonique pour composer une amante
fougueuse et fantasque dont le timbre de voix et la diction chercheraient
à s'affranchir des contingences.
Au demeurant une longue saga qui ne prendrait véritablement son
envol qu'après l'entracte dans l'exacerbation des conflits personnels
transposés sur le plan géostratégique.
Une quinzaine de comédiens accompagnent ainsi les héros
devenus victimes expiatoires de leur destin ayant échappé au
cadre et à l'emprise du dessein impérial romain.
Theothea le 17/10/05
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DESERT INN
de Michel
Deutsch
mise en scène
Michel Deutsch
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Théâtre de l' Odéon Berthier
Tel: 01 44 85 40 40
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Photo:
Pidz.com
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Dans la petite salle des Ateliers Berthier dont les dimensions pourraient
aisément en constituer l'espace principal dans d'autres lieux du spectacle
parisien, Michel Deutsch face à l'impact médiatique de VIOL
de Botho Strauss mis en scène de manière concomitante par Luc
Bondy dans la grande salle de l'Odéon Berthier, présente en
une apparente surenchère concurrentielle, un texte qu'il a composé
autour d'un homme fascinant qui a su symboliser à la fois le pouvoir
absolu, la mégalomanie, la paranoïa, la phobie obsessionnelle,
le perfectionnisme tout autant que le nihilisme, et surtout le capitalisme
triomphant:
Howard Hughes s'appelait-il alors que les avions, les bolides, Hollywood
et les femmes attendaient encore son bon vouloir et que lui, réfugié
et cloîtré en haut de la tour du Desert Inn, se laissait
dépérir dans l'ultime manifestation de suprême autorité
du démiurge!...
Tel un trou noir dans la galaxie humaine et comme en proie aux deux phases
successives du cycle maniaco-dépressif, celui qui fut le brillant
metteur en scène de "Hell's Angels" avec Jean Harlow va cependant
réussir en se rendant invisible de tous, à incarner la
volonté de puissance et à réaliser l'ambition virtuelle
de dominer le monde.
Sur scène en accompagnement d'un piano jazz, un vaste décor
de cinéma pivotant du recto à son verso dans le champ de vision
d'une caméra légendaire des grands studios est prête
à capter les performances des acteurs mythiques au service de chef
d'oeuvre sur commande.
De chair et d'os, quatre comédiens dont deux jeunes femmes,
Bérangère Allaux et Clotilde Hesme, susciteront la véritable
satisfaction de cette soirée, tant par la complémentarité
de leur féminité que par la palette des compositions qu'elles
devront éprouver face à leurs partenaires masculins Pascal
Sangla et Olivier Treiner, eux notamment remarquables au cours des partitions
musicales.
"Une auberge du désert" à apprécier comme un happening
ou autre expression de théâtre expérimental!...
Theothea le 18/10/05
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VIOL
de Botho
Strauss
mise en scène
Luc Bondy
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Théâtre de l'Odéon Berthier
Tel: 01 44 85 40 40
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 |
Photo: Ruth Walz
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Faudrait-il sortir indemne de VIOL ?
Pour "Shändung" littéralement "Mutilation", cette nouvelle
pièce de Botho Strauss que Luc Bondy a souhaité créer
à l'Odéon Berthier avant ses représentations germaniques,
nul ne serait obligé d'être choqué par la démonstration
des liens associant Eros et Thanatos puisque le Titus Andronicus de Shakespeare
dont s'inspire initialement Botho Strauss a depuis longtemps habitué
le spectateur a côtoyer la métaphore théâtrale
de la violence.
Si ce n'est qu'en s'approchant de ce qui pourrait être
considéré à tort comme du
Théâtre-réalité, Botho Strauss brouille la grille
de lecture en incluant une perspective pirandellienne à son étude
faisant de la scène le lieu même de la répétition
en abîme d'images mentales chaotiques qui s'emparent de manière
définitive de l'imaginaire collectif.
L'observation hyperréaliste du crime en temps réel force
alors chaque conscience à admettre qu'elle est en mesure d'assister
avec distanciation à l'horreur insupportable, tant elle serait
désormais convaincue que le processus destructeur est inscrit dans
l'ordre des choses.
Sans doute l'esthétisme voulu par Luc Bondy facilite l'habillage
du viol par de l'hémoglobine d'un rouge tellement pictural qu'il va
permettre à la victime de constituer sa souffrance en oeuvre d'art.
D'ailleurs pour sauvegarder l'intégrité de son être,
Lavinia (Dörte Lyssewski, impliquée de manière quasi
métaphysique) va peu à peu renverser son aversion du bourreau
jusqu'à le désirer dans le paroxysme et c'est en bravant les
foudres de son père Titus (Gérard Desarthe, méticuleux
dans la haine) totalement meurtri qu'elle tracera sur le sol, en lettres
de poussière, la pulsion libidinale qui la torture.
Privée de sa langue et de ses bras arrachés dans le délire
de la jouissance meurtrière mais quelle que soit l'intensité
du remords lancinant de Chiron (Louis Garrel) l'un de ses agresseurs
désavouant sur le tard la complicité de son frère
Démétrius (Joseph Menant) et de sa mère Tamora (Christine
Boisson, sensuelle en diable), la quête désespérée
de Lavinia, relayée et traduite par Monica (Marina Foïs à
l'étrange malice), son double en langage des signes, échouera
dans la récurrence infernale de la vengeance guerrière des
parties en présence.
Assistant du début à la fin de la représentation
qui inscrit la profanation au centre de l'histoire humaine, c'est au travers
du regard d'un jeune garçon très attentif et initialement candide
que Lukas (Marie-Laure Crochant) sortira à terme du jeu de son enfance
pour proclamer à sa mère (Laurence Cordier) le plus radicalement
du monde qu'il est désormais "l'empereur de Rome".
Il ne serait donc pas possible de sortir indemne de VIOL !...
Theothea le 19/10/05
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