Les
Chroniques
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10ème
Saison
Chroniques 10.21
à
10.25
Page 154
MARIE
CHANTE
LAFORET
La
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aux
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2005
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LE MIROIR
de Arthur
Miller
mise en scène
Michel Fagadau
|
****
Comédie des Champs Elysées
Tel: 01 53 23 99 19
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Si la somatisation devait effectivement constituer l'image dynamique en
reflet dans "Le miroir", c'est davantage en négatif que s'y
appréhenderait l'élaboration didactique du processus freudien,
car dans cette optique les explications du thérapeute de service
s'apparenteraient aisément à une version de "La psychanalyse
pour les nuls"; ce qui bien entendu ne relève pas nécessairement
d'une démarche infructueuse!...
Ainsi c'est au travers d'un laborieux cheminement qu'Arthur Miller va
débusquer le bloquage psychosomatique par delà la métaphore
appliquée à la subite paralysie des membres inférieurs
d'une jeune femme pour qui la vie semblait sourire jusqu'à cette date
de 1938 où allaient parvenir à New York les rumeurs de nuit
de cristal sur le point de ravager l'Europe.
La direction d'acteurs de Michel Fagadau semblerait s'enliser dans une
léthargie en osmose avec le handicap physique inexpliqué par
la médecine physiologique, si deux comédiens comme mus par
le sursaut du désespoir n'allaient jeter toute leur souffrance respective
dans un combat de couple découvrant, à son effroi, la
réalité du désamour au sein de sa judéité.
C'est la force de Thierry Fremont de maintenir la fébrilité
dans sa relation à l'autre, alors qu'en contrepoint Anne Brochet se
doit de taire sa fougue dans l'inhibition.
En orbite sur d'autres valeurs de référence, Anne Loiret,
la femme du psychiatre Bruno Madinier, surfe avec son mari sur les vagues
d'un nuage de placidité que seule une perception mondaine de la
thérapie peut rendre crédible.
Au demeurant la ligne directrice d'Arthur Miller séduit par sa
volonté à démontrer les ressources infinies de
l'autodestruction et la contagion paradoxale qu'elle peut susciter chez un
partenaire d'infortune.
Rien ne semblerait arrêter la progression du mal même quand
celui-ci fait mine de pactiser avec les pulsions libidinales.
C'est évidemment le rôle de la psychanlyse de mettre à
jour les tenants et les aboutissants du traumatisme tenu à distance
par le sujet, mais ce combat à armes inégales ne devrait pas
être édulcoré par une mise en scène à coups
de pinceau feutré.
Theothea le 08/11/05
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SAPHO CHANTE FERRE
de & par
Sapho
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****
Théâtre Molière
Tel: 01 44 54 53 00
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Photo: Jean-Claude
Moireau
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Avec son Ferré Flamenco, Sapho trouve à la fois son frère
de combat en même temps que la juste mesure de son talent au service
de la langue française dans la force des mots lancés, telles
des déflagrations.
Dans le halo des lumières de Lisa Racine, la grande dame en robe
noire griffée Alain Blanchot projette sa fougue avec la maîtrise
d'une professionnelle aguerrie tout en restant à l'écoute d'une
énergie rebelle que les plaintes de la guitare de Vicente Alamaraz
renvoient en échos aux percussions vigilantes d'Alyss.
En quatre-vingt dix minutes et trois parties thématiques se
succèdent le Ferré des poètes, celui de l'Espagne pour
laisser place in fine aux grands classiques du maestro qui se concluront
par la double version d' "Avec le temps" dont une en dialecte marocain.
"Est-ce ainsi que les hommes vivent", "l'affiche rouge", "Comme à
Ostende", Léo le chanteur révolté à la voix rauque
ressurgit dans une présence tellurique que l'acoustique feutrée
de la salle Pierre Seghers apprivoise au diapason de la féminité
orientale secrétée par une Sapho en osmose avec la vivacité
des poètes, Aragon, Verlaine, Rimbaud, Baudelaire ou autres compositeurs
tels Jean-Roger Caussimon
.
Pour sa deuxième représentation d'une série d'un
mois programmée à la maison de la poésie, l'artiste
se débattant quelque peu avec des cordons de tout acabit, là
le cable emmêlé du micro ou ici les brides maintenant sur les
épaules sa tenue de soirée, saura effacer à chaque fois
la contrainte scénique avec la sensualité énergique
du geste sûr: "Je serai dresseuse de micros dans une autre vie",
plaisante-t-elle ainsi d'un cercle de lasso, telle une cow-girl agile.
A cet instant de sa carrière, l'uvre de Léo Ferré
deviendrait-elle l'opportunité pour la chanteuse d'afficher la
maturité d'un talent que certes tous lui reconnaissaient auparavant
mais que désormais elle aura su inscrire en un hommage au patrimoine
culturel francophone?
Theothea le 21/10/05
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LA CHEVRE ou QUI EST SYLVIA
?
de Edward
Albee
mise en scène
Frédéric
Bélier Garcia
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****
Théâtre de la Madeleine
Tel: 01 42 65 07 09
|
 |
Photo:
©
P.
Messina
|
Si le théâtre de la Madeleine affiche complet à 19h00
et 21h00, provoquant un embouteillage monstre entre les deux
représentations qui voient se succéder le couple Anouk
Aimée-Philippe Noiret à Nicole Garcia-André Dussollier,
l'indice de satisfaction n'atteint pas nécessairement la même
côte de l'une à l'autre.
Cependant la fameuse chèvre d'Edward Albee a non seulement le don
de faire jaser, mais surtout la capacité de délier les langues
qui se répandent en interprétations sauvages et se répondent
en critiques de "toute nature", au vu de la mise en scène de
Frédéric Bélier Garcia.
Qui est Sylvia ? Bien malin celui qui croit pouvoir apporter une réponse
définitive au sortir d'une pièce étrange laissant à
la fois une impression de gêne atavique, en même temps que la
sensation de légèreté que suscite la prise de conscience
du refoulé.
Certes au premier degré, le scénario oscille entre
l'originalité du surréalisme et un réalisme insupportable,
d'autant plus que le ressassement d'une liaison libidinale entre un homme
mature et un caprin n'en finit pas de se payer de mots tentant de s'approcher
au plus près de l'aveu libérateur.
Toutefois il faut s'y résoudre, le tabou ne passe pas la rampe
et quelle que soit la beauté du sentiment amoureux, la zoophilie ne
se laisse pas apprivoiser... puisque de toutes évidences elle avance
en terrain antagoniste, tel un cheval de Troie.
En effet cette "Sylvia" pourrait bien être le masque trompeur des
petits ou grands arrangements que l'être humain organiserait autour
de sa libido, lorsqu'il serait en peine de la faire assumer par la morale.
Ce n'est pas par hasard que Martin Gray (André Dussollier), cet
architecte de 50 ans à qui tout réussissait jusque-là,
est soudain en proie à des problèmes de mémoire très
pénalisants qui le laissent flotter dans une incertitude autant
incompréhensible de lui-même que de ses proches.
Désemparée par la destruction sans retour de la confiance
absolue et guidée par le sentiment aveugle de l'abandon et de
l'impuissance, Stevie (Nicole Garcia) son épouse va alors se
réfugier dans l'hystérie instinctive.
Leur fils (Xavier Boiffier) pourrait ainsi devenir la victime expiatoire
de ce déphasage familial, si ce n'est qu'au sortir de l'adolescence,
celui-ci a encore toutes "ses chances" pour se projeter dans les sortilèges
de la déviance sexuelle.
Quant au traître, puisqu'il en faut toujours un dans un exploit
passionnel, ce sera Ross (Daniel Martin), le faux ami, celui qui souhaite
tellement le bien de tous, qu'il fera délibérément
déraper et avorter toutes les velléités de
sincérité.
Ainsi la chèvre aurait bon dos et pourrait s'apparenter à
une pulsion carnavalesque où le rite sacrificiel à l'égard
des dieux en colère relèverait d'une catharsis collective qui
se serait embrouillée avec les symboles.
Chacun alors trouvera midi à sa porte et pourra, sans ménager
le chou, s'ériger en gardien du troupeau... de tous les ruminants
en cavale!...
Theothea le 26/10/05
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LA VEUVE JOYEUSE
de Franz
Lehàr
mise en scène
Jérôme
Savary
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****
Opéra Comique
Tel: 08 25 00 00 58
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Photo:
Cyr-Emmeric Bidard
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Comme à l'accoutumé, Jérôme Savary fait dans
la démesure et celle-ci lui rend bien le régal festif qu'il
en escompte utilisant du premier au troisième acte de "La veuve joyeuse"
l'art maîtrisé du crescendo jusqu'au happy-end Hollywoodien
que le cancan endiablé va sublimer en une facétieuse
chorégraphie (Nadège Maruta).
En premier lieu, il y a la musique de Franz Lehar dont les tubes
planétaires et intemporels ponctuent sans relâche l'une de ces
82 représentations programmées pour la re-création de
cette fameuse opérette centenaire autour des fêtes de fin
d'année 05-06.
Choeur et ballet galvanisent la distribution des rôles planifiée
en une triple alternance des comédiens chanteurs pour une gestion
professionnelle des voix et le confort de tous.
Et surtout il y a dans la fosse de l'Opéra Comique, l'orchestre
dirigé par Gérard Daguerre qui insuffle un tempo argentin à
trois temps dont le maître des lieux est depuis toujours si friand
de par ses origines.
Résolu à profiter au maximum des deux dernières saisons
qui lui reste à apprécier en tant que directeur de la salle
Favart désormais théâtre national, Jérôme
Savary va nous éblouir jusqu'en 2007, date fatidique de sa mise à
la retraite d'où néanmoins il rebondira sur son destin de
saltimbanque en rejoignant le centre du monde virtuel, à savoir
Perpignan.
C'est pourquoi ce spectacle au superlatif bardé d'emblée
d'un programme luxueux fort bien documenté, d'un site internet utilisant
les ressources de l'image animée, d'un décor opulent (Ezio
Toffolutti) osant l'atterrissage d'hélicoptère dans l'embrasure
du palais de Chaillot et de costumes dessinés par Michel Dussarat
dans une fantaisie d'apparat kitsch, s'il pouvait de prime abord
déconcerter avec un humour espiègle et potache tant
affectionné par notre deus ex machina, ne cessera après l'entracte
de vaincre les résistances d'arrière-garde pour séduire
des mille feux du divertissement cette très belle époque du
théâtre musical à Paris, celle qui sera d'ici peu nostalgique
de Jérôme Savary.
Theothea le 15 novembre 2005
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LE ROI SOLEIL
de Lionel
Florence et Patrice Guirao
mise en scène
Pierre Jaconelli
/ Kamel Ouali
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****
Palais des sports
Tel: 08 25 03 80 39
|
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Photo:
promotion presse AS.Communication
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Certes avec presque un quart de dramaturgie vivante accompagnée
ponctuellement d'un quatuor à cordes et clavecin, "Le Roi Soleil"
rompt sensiblement avec la série des grands spectacles enregistrés
exclusivement en play-back; ainsi l'apparition de Molière en ouverture
montre d'emblée la volonté de situer cette comédie musicale
sous les auspices du théâtre classique où de fait des
comédiens tels Marie Lenoir (Anne d'Autriche, La Voisin) et Pierre
Forest (Mazarin, Molière) vont avoir l'opportunité de livrer
des joutes rhétoriques du plus bel effet.
Si en première partie, la séduction d'un décor (Alain
Lagarde) à la fois ingénieux et prestigieux faisant toile de
fond à la jeunesse tourmentée du jeune roi (Emmanuel Moire)
incline le spectateur aux vertus pédagogiques d'une mise en perspective
chantée et dansée, toutefois après l'entracte la machine
artistique s'emballe dans les chorégraphies de Kamel Ouali dont
l'esthétique sophistiquée semble tourner à vide sur
les fêtes de Versailles sans pouvoir y accrocher les réels enjeux
du règne solaire.
En effet, si le synopsis thématise essentiellement la biographie
de Louis XIV en un parti pris historique où le destin de l'homme d'abord
sacrifié à ses devoirs royaux saura inverser les priorités
lors de la maturité du souverain, il s'avère que sur la scène
du Palais des Sports, le fil rouge de ses tribulations amoureuses avec Marie
Mancini (Anne-Laure Girbal), Mme. de Montespan (Lysa Ansaldi) et
Françoise d'Aubigné (Cathialine Andria) s'effilochera
au profit d'une suite presque ininterrompue de tableaux riches en couleurs
mais sans âme historique véritable.
Faire passer le souffle d'une monarchie absolue mais éminemment
influente sur le plan politique et culturel jusqu'à nos jours, voilà
ce qui aurait du être sous-jacent à une dynamique créatrice
qui semble se contenter des normes d'un savoir-faire à la mode.
Au demeurant le groupe des chanteurs avec Emmanuel Moire (Louis XIV),
Anne-Laure Girbal (Marie Mancini), Christophe Maé (Monsieur, le
frère du Roi), Lysa Ansaldi (Mme. de Montespan), Merwan Rim (Le duc
de Beaufort), Victoria Petrossillo (Isabelle, la fille du peuple) et Cathialine
Andri (Françoise d' Aubigné) ainsi que la troupe des danseurs
effectuent une prestation à haute valeur professionnelle où
chaque discipline du spectacle musical contribue dûment à
égayer d'énergie féerique toutes les mirettes
spectatrices.
Cependant si l'ambition clairement affirmée par l'un des tubes
est d' "être à la hauteur" (paroles: Lionel Florence & Patrice
Guirao / musique: Cyril Paulus), pour autant "Le Roi Soleil" n'atteint pas
le point culminant de la Comédie musicale auquel, par son sujet, il
aurait pu prétendre mais ouvre cependant une brèche
conséquente dans cette dynastie du show vers l'art du
théâtre.
Theothea le 10/11/05
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