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20ème
Saison
Chroniques 20.086
à
20.090 Page
396
CATS Le Musical
- Chimène BADI / Grizabella - 35 représentations Mogador
- photo 1/6
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CATS Le Musical
- Chimène BADI / Grizabella - 35 représentations Mogador
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LE MISANTHROPE vs
politique
de Molière
mise en
scène Claire Guyot
|
****
Vingtième Théâtre
Tel
01 43 66 01 13
|
Ce Misanthrope, cest effectivement celui de Molière qui faisait
dAlceste son « atrabilaire amoureux »
célébrant en alexandrins sa Célimène mais cest
aussi, présentement, celui de Claire Guyot qui, pour sa première
mise en scène officielle, soffre lambition dune
interprétation politique de la fameuse tragi-comédie !
Cest ainsi que celle qui, notamment, menait ses
« drôles de type » en récital en 2013
déjà au XXème Théâtre, faisait duo de
Music-hall avec Morganne au Temple en 2011 et surtout mena la troupe de Mamma
Mia à Mogador en 2010, endossant au pied levé le rôle
de Donna joué par la suite plusieurs mois en alternance, cette
égérie donc, cest Claire Guyot qui, en retrait du plateau,
a dirigé ici sa propre équipe de comédiens dans une
réalisation audacieuse, pertinente et pleine dhumour.
Si le texte de Molière quelque peu allégé, est
respecté à la rime près, cest par contraste
grâce à la scénographie, les lumières et la direction
dacteurs que se dessinera le point de vue sociopolitique mis en exergue,
ne cherchant pas tant la comparaison personnalisée avec
lactualité quà mettre en valeur les attitudes,
les postures et les comportements très similaires dune époque
à lautre, en loccurrence du Roi Louis XIV à notre
Présidence républicaine.
Lobjectif artistique est effectivement de donner à entendre
les motivations, les intentions, les compromissions décrites par
Molière tout en donnant à voir des personnages modernes en
situation contemporaine de réflexion et dorganisation
stratégiques.
Dressant ainsi une perspective critique entre la Cour royale et
laréopage de la République, Claire Guyot laisse à
penser que quelle que soit lévolution des fonctions exercées,
celles-ci sont constamment incarnées par des êtres humains dont
la moindre parcelle dinfluence, de conquête, de pouvoir, est
toujours bonne à prendre quand elle nest pas lunique objet
des préoccupations de chacun sur léchiquier.
Ils sont huit sur scène à faire acte de parodie
déterminée mais conduite avec subtilité. Leur énergie
représentative voir charismatique est à hauteur des rires
déclenchés en réaction à tant de vanité
plus ou moins dissimulée. Julie Cavanna et Pierre Margot forment
ce couple tiré à hue et à dia par les forces complexes
de lIdéal et de la Séduction.
En effet, de la Passion à la Misanthropie, il ne pourrait y avoir
quun pas, celui de se retrouver face à la vérité
du miroir ! Mais au-delà de ce dernier, se trouve désormais
en prochain point de mire pour Claire Guyot « La Locandiera, le
musical » où elle sera à la fois co-auteure et
interprète principale !
Très belle perspective à la suite de ce Misanthrope digne
dun coup dessai si bien transformé !
Theothea le 27/04/16
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ANNA KARENINA
d"après
Léon Tolstoï
mise en
scène Cerise Guy
|
****
Théâtre 14
Tel
01 45 45 49 77
|
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Dernière
au Théâtre 14 - photo ©
Theothea.com
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UND
de Howard
Barker
mise en
scène Jacques Vincey
|
****
Théâtre des Abbesses
Tel
01 42 74 22 77
|
Le 24 juillet 2015, dans le cadre de Paris Quartier dété,
Nathalie Dessay effectuait la dernière représentation de
lAthénée avant travaux de rénovation pour une
année.
Ainsi, à quelques encablures de lOpéra, La «
Diva » faisait ses premiers pas de comédienne en quatre soirées
parisiennes avant que demmener son « UND » en tournée
qui, en ce mois de mai 2016, la fait séjourner durant une quinzaine
Montmartroise, au Théâtre de la Ville/Abbesses.
Pour son coup dessai sur les planches théâtrales, la
célèbre soprano a eu linstinct de choisir une pièce
hors normes qui ne résisterait pas aux explications didactiques.
Ce texte de Howard Barker, traduit en français par Vanasay Kamphommala,
sera désormais et pour toujours celui de La fameuse « débutante
» quinquagénaire, par ailleurs tellement expérimentée
en spectacles musicaux de toutes sortes, car la création focalisée
de Jacques Vincey, à lappui totalement fascinant dune
scénographie originale de Lorry-Dupuy, marque les esprits quils
soient rationnels ou non, en prenant date dans limaginaire de chacun.
En effet, « jouer » le compte à rebours de la
déchéance, telle une statue drapée de sa toge flamboyante
sur son piédestal carcéral, en attente dun « Godot
» tant espéré et pourtant si redouté, au sein du
fracas de blocs de glace la ceinturant dune camisole invisible au cours
de leurs chutes incessantes sous prétexte de fonte thermique, est
en soi une performance inégalée, inégalable et quen
fait personne jamais ne cherchera à lui disputer.
Nathalie Dessay ose lindicible car ce texte lui a parlé
personnellement, au-delà du sens des mots trébuchants et des
maux supputés, tant par la musique quils suscitent que par la
quête transgressive quils impliquent.
Bien quirrésolvable à une première approche,
la lecture de cette supplique féminine lui a paru suffisamment onirique
pour que lartiste lyrique ait eu envie de sen emparer pour sen
parer « littéralement » et surtout « viscéralement
».
Dorénavant, la cantatrice pourra aborder nimporte quel texte
de nimporte quel dramaturge, avec la conviction et la force quen
proférer sa signification et sa valeur intrinsèques, cest,
avant toute chose, le « vivre » essentiellement par
lintérieur de soi-même !
Theothea le 11/05/16
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LE PORTRAIT DE DORIAN
GRAY
de Oscar
Wilde
mise en
scène Thomas Le Douarec
|
****
Comédie des Champs-Elysées
Tel 01 53 23 99
19
|
Thomas Le Douarec est un véritable magicien du spectacle vivant;
ses mises en scène sont imprégnées dune
intensité luxuriante; sa direction dacteurs dune
sensualité prégnante, son propre jeu dune aisance empathique.
La création, quatre mois auparavant, du « Portrait de
Dorian Gray », adaptée initialement à lune
des petites salles du Lucernaire, draine désormais, en sétant
installée récemment à la Comédie des Champs
Elysées, une reconnaissance publique grandissante, tant la
thématique à la fois fantasque, esthétique et
métaphysique est profondément significative mais tant, surtout,
est « tendance » laspiration vaine à la
beauté infinie que Thomas le démiurge transforme en carrosse
à fantasmes musicaux exaltants.
Avec Caroline Devismes et Arnaud Denis en prestigieuses têtes
daffiche, les représentations senchaînent dans une
alternance offrant la présence différenciée de Lucile
Marquis & Valentin de Carbonnières permettant dinsuffler,
à chacune dentre elles, une dynamique toujours plus
fructueuse.
Comment un tableau se substituant à lâme dun
jeune Apollon représenté sur toile va prendre en charge, à
la fois, les stigmates du temps qui passe ainsi que ceux de
lévolution de la mauvaise conscience lui laissant ainsi le loisir
fallacieux dapprécier, au sein de sa personnalité
objectivement incarnée, les vertus de la jeunesse éternelle
?
Comment accepter de contempler dans le miroir pictural virtuel la preuve
tangible de la dégénérescence du tissu humain ainsi
que, surtout, celle de la très haute idée de soi-même
se flétrissant à vue dil alors que, concomitamment,
la jeunesse et la beauté du corps humain y resteraient ancrées
en leurs apothéoses respectives ?
Ce désir de mettre sur pause et ainsi de figer le film du narcissisme
exacerbé, se présente de fait comme lacte transgressif
du désespoir non assumé engendrant bien des malheurs alentours
et multiples souffrances à légard de la personne de Dorian
Gray dont Oscar Wilde, auteur, devait pressentir que ceux-ci pourraient fort
bien lui revenir brutalement en boomerang.
Cependant la nature humaine est ainsi faite que des réseaux
dinfluence travaillant à son insu ou non en tâche de fond
plus ou moins destructrice, il lui est souvent difficile voire impossible
de percevoir clairement la ligne de conduite à tenir pour rester en
phase positive avec soi-même.
La réalisation scénographique est absolument réjouissante
car elle semble jouer avec les codes de léthique alors quen
fait elle se joue des velléités de lego à se sublimer
lui-même.
Dailleurs, à lissue des saluts, des rappels et des
applaudissements, Thomas Le Douarec, sous prétexte de présenter,
à juste titre, chacun des acteurs, improvise un petit speech sur la
qualité intrinsèque du public ce soir là, en écho
duquel chacun des spectateurs se prend au plaisir certain davoir
assisté à un moment privilégié quil lui
sera fort tentant de sceller définitivement en une vérité
de linstant immuable.
Et oui, le syndrome « Dorian Gray » du statu quo
idéalisé persiste plus que jamais en chacun dentre nous
!
Theothea le 04/05/16
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CA N'ARRIVE PAS QU'AUX
AUTRES
de &
mise en scène
Nicolas Martinez & Benoît
Moret
|
****
Café de la Gare
Tel
01 42 78 52 51
|
Nominé comme révélation Molières, Nicolas
Martinez partage laffiche de « Çà narrive
pas quaux autres » avec Benoît Moret, à la fois en
tant que co-auteurs, co-metteurs en scène et donc ensemble
interprètes.
Leurs partenaires féminines Pascale Oudot et Ariane Boumendil leur
donnent bien du fil à retordre durant la représentation mais
ils nont à sen prendre quà eux-mêmes
puisquils leur ont créé délibérément
des rôles de compagnes décalées voire
déjantées.
Ceci dit, les quatre personnages nont rien à senvier
mutuellement car ils sont tous au top dun délire surréaliste
où chacun sexprime avec ses failles existentielles.
En bref, un couple provincial reçoit à domicile un couple
bobo venant visiter leur maison villageoise avec lintention de
lacheter dans un double élan opposé du retour à
la campagne pour lun, à la ville pour lautre
Cette
rencontre va attiser les ressentiments enkystés dans les
profondeurs.
En piste depuis septembre 2015 au Café de la Gare, cette pièce
ainsi écrite à deux mains semblent rassembler, condenser et
même synthétiser tout ce que les deux auteurs ont acquis
dexpérience au sein de la Troupe de Pierre Palmade.
Cest une véritable réussite car le spectateur est
véritablement happé depuis la première jusquà
la dernière seconde dans une sorte de train d'enfer où la
comédie côtoie allègrement la tragédie que lon
pressent progressivement comme de plus en plus imminente.
Il faut dire que Nicolas Martinez tient son monde à sa main et
à ses humeurs, soufflant alternativement le chaud et le froid. Sa
façon de maintenir en permanence une tension psychologique obligeant
les trois autres protagonistes à sadapter à son ton
débonnaire ou inquisiteur, à son empathie feinte ou non, à
sa constance ou à ses ruptures de rythme, capte à ce point
lattention des spectateurs que ceux-ci ressentent viscéralement
lenjeu de chaque instant vécu sur scène.
Très impressionnant et forcément hilarant ! Et si donc cela
ne soustrait en rien le talent à lunisson de ses trois partenaires,
cela constitue effectivement en soi une réelle «
révélation » qui pourrait être récompensée
ou non lors de la prochaine cérémonie des Molières
2016.
Theothea le 27/04/16
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