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Le
dernier baiser de Mozart Pt. Montparnasse à partir du 07/09/16
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BRITANNICUS
de Jean Racine
mise en
scène Stéphane Braunschweig
|
****
Comédie Française
Tel 01 44 58 15
15
|
Comme si, pour la valeureuse comédienne, lhistoire se
répétait en ses meilleures options, Dominique Blanc est devenue
en quelques années, sous lempathie du public, lemblème
de lexigence racinienne assumée.
Si donc, en 2003, inaugurant les Ateliers Berthier où
lOdéon Théâtre de LEurope faisait alors,
avant pérennité, villégiature provisoire pour cause
de rénovation, Patrice Chéreau lui offrait le rôle de
« Phèdre » sur un plateau bi-frontal destiné
à la rendre poignante et forcément mémorable avec trois
Molières attribués à cette création pour sept
nominations dont la sienne, voici quaujourdhui la comédienne,
parvenue à pleine maturité de son Art, se voit engagée
comme Pensionnaire à la Comédie Française, restée
hors datteinte de son ambition professionnelle à ses débuts,
par celui-là même (Eric Ruff) qui restera « son Hippolyte
à vie » devenu, entre temps, Administrateur du
Français.
Et comme si les circonstances exceptionnelles se devaient de cumuler leur
hospice favorable, voilà que Stéphane Braunschweig passant
récemment de la direction du TNS à celle de la Colline pour
parvenir désormais à lOdéon, se voit également
confier, de manière concomitante, une nouvelle réalisation
de Britannicus sur les planches de Richelieu alors même quà
linstar de Patrice Chéreau en 2003, cest la première
fois quil monte ainsi une pièce classique.
Et donc, pour ces deux projets raciniens à treize années
dintervalle, cest Dominique Blanc que chacun des deux metteurs
en scène de renom se choisit comme lélue de leur vision
artistique respective. Le succès est dautant plus au rendez-vous
que, cette fois-ci, leur muse attitrée débute son
interprétation dAgrippine en étant nouvellement
auréolée du Molière 2016 de La Comédienne pour
son incarnation de Madame de Merteuil dans « Les Liaisons
dangereuses ».
Ceci dit, rien ne semble spécialement pouvoir distraire lartiste
toute heureuse de cette configuration stellaire aussi favorable à
son égard, si ce nest de maintenir sa concentration sur la tache
dévolue de rendre à Racine la force dimpact de ses
alexandrins.
Il est dailleurs, à ce sujet, étonnant dobserver
que, selon une démarche totalement opposée concernant la diction
adoptée, Anne Delbée, issue pareillement de la Comédie
Française, officie au même moment au Théâtre de
la Contrescarpe dans « Racine ou la Leçon de
Phèdre » en faisant chanter le vers en un
jusquau-boutisme enflammé à lincandescence sans
quaucune autre alternative ne puisse trouver grâce à ses
yeux.
A contrario, le parti pris adopté par Stéphane Braunschweig
à lintention de ses dix interprètes est, lui,
darticuler lalexandrin de la manière la plus naturelle,
la moins emphatique voire même, la plus prosaïquement proche du
langage quotidien.
Ce paradoxe fondamental entre deux prises en charge artistique du vers
racinien peut fort bien se résoudre, au niveau du spectateur sensible
à toute énergie engagée dans son flux absolu, par une
égale considération à part entière rendant
légitime et justifiée lappréciation
équitable.
Sur la scène de la Maison de Molière, un duo féminin
de classe entoure Dominique Blanc. Clotilde de Bayser est une Albine tout
en compréhension persuasive et protectrice; quant à Georgia
Scalliet, sa Junie ne cesse de séduire par tant de dignité
imposant le respect indicible.
Du côté des hommes se jouent les manuvres du Pouvoir
ne rencontrant sur leur chemin que la seule réelle force
différenciée et déterminée dAgrippine.
Laurent Stocker (Néron) et Stéphane Varupenne (Britannicus)
saffrontent, en apparence, à fleurets mouchetés mais
la monstruosité de labus de pouvoir est en marche inexorable
et cest donc la tâche brillante et cynique de Burrhus (Hervé
Pierre) et de Narcisse (Benjamin Laverhne) que de se partager les
stratégies dinfluences respectives pour en finir ou non avec
le passage à lacte meurtrier.
Cest autour dune immense table de négociations que
se tracteront toutes les tribulations diplomatiques autant que sarcastiques
se référant scénographiquement aux perpétuels
conciliabules décisionnels auxquels souscrit volontiers la Modernité
davantage désemparée que convaincue face à ses propres
choix par défaut.
Métaphorique plus que jamais, ce
« Britannicus » se présente donc comme une parabole
aboutie de lère Ruff, en première étape de son
administration du Français, par ailleurs récompensée
pour « 20000 lieues sous les mers » par le Molière
2016 de la Création visuelle.
Theothea le 31/05/16
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JE SUIS
FASSBINDER
de Falk Richter
mise en
scène Stanislas Nordey & Falk Richter
|
****
Théâtre de la Colline
Tel 01 44 62 52
52
|
|
photo
© Jean-Louis Fernandez
|
A la Colline en ce mois de mai, nous sommes tous, de fait, « Fassbinder
» mais nous pourrions tout aussi bien être « Pasolini »
ou « Godard » selon que lauteur, en loccurrence Falk
Richter, pratiquant lautofiction, se projeta en un échange
existentiel avec lune des figures tutélaires des seventies
rejaillissant métaphoriquement sur la contemporanéité.
Celui-ci est donc auteur mais également co-metteur en scène
avec Stanislas Nordey qui, lui, de surcroît, est acteur de ce spectacle
sans cesse en réécriture puisque porté en permanence
par les évènements du monde environnant.
Davantage en lien dialectique mettant à profit la réflexion
à apporter à la chose politique telle quelle se pratique
concrètement plutôt que sur une simple chronique témoignant
chronologiquement du réel, le texte tente dinterroger les enjeux
de société à la manière de Werner Rainer Fassbinder
qui, dune créativité prolixe, pouvait alors faire feu
de tout bois, pourvu quil y ait combustion signifiante !
Dans cette perspective, Falk Richter a choisi daxer sa démarche
théâtrale en la fondant sur linterview filmé que
Fassbinder fit de sa propre mère lorsque lAllemagne était
en état durgence face aux actes de terrorisme perpétrés
par la bande Baader-Meinhof.
Ainsi, en menant une enquête similaire concernant ceux ayant
secoué la France récemment, le parallélisme sera poursuivi
au sujet des méthodes défensives et de larsenal juridique
à adopter afin que lordre républicain puisse être
sauvegardé autant à léchelle de la Nation que
du Citoyen.
Sur toile de fond contextuelle, la scénographie et
linterprétation sassocient en une mascarade transgressive
voire subversive telle que les années soixante-dix avaient eu
lopportunité de susciter en inventant la révolution des
murs intégrant la Pop-culture.
Il faut dire que les cinq comédiens sen donnent à
cur joie sur le plateau de la Colline organisé tel un
kaléidoscope de lexpression audio-visuelle se référant
au différentiel de cette quarantaine dannées tout au
long de laquelle le son et limage seraient peu à peu devenus
prévalents sur lécrit.
Ainsi, Laurent Sauvage incarnant avec tempérament la mère
de Fassbinder est le plus souvent en prise idéologique avec son rejeton
de 30 ans investi par Stanislas Nordey toujours aussi superbement
démonstratif et distancié : A eux deux cest sûr,
le verbe fait mouche à satiété !
Au sein de ce jeux de rôles interchangeables, Judith Henry et
Eloïse Mignon se partagent malignement la voix du féminisme
bafoué par les "hordes de barbares" aux portes de lEurope ;
du moins le duo mâle précédent leur accorde-t-il cette
fonction éminemment morale, actualisée en boucle par une
médiatisation exacerbée.
En fou du roi (et pareillement compagnon) ou en trublion génial,
Thomas Gonzalez assure à lui seul la performance de brouiller, à
plaisir, les cartes de lentendement et de sexualiser à outrance
le débat au point de rendre notre époque actuelle presque aussi
psychédélique que celle de mémoire
post-soixante-huitarde.
Voilà donc un happening essentiel ne ressemblant à rien
de déjà connu, à la fois en prise de risque scénique
total et en même temps parfaitement structuré
à
linstar dun ovni du spectacle vivant en pleine démonstration
spéculative
fort réussie.
Theothea le 29 mai 2016
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photo
© Jean-Louis Fernandez
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LA
CANDIDATE
de Jean Franco
& Guillaume Mélanie
mise en
scène Raymond Acquaviva
|
****
Théâtre de La Michodière
Tel
01 47 42 95 22
|
Après « Panique au Ministère », « Lady Oscar
» et « Divina », voici donc, aujourdhui, la Reine Lear
candidate à la Présidentielle !
Dans la suite directe de sa mandature à la jeunesse et aux sports,
celle-ci va déclarer sa candidature sur un coup de tête, à
trois mois de lélection suprême, déclenchant ainsi
limmense stupéfaction de son équipe prise totalement
à contre-pied.
Avec les mêmes partenaires à une exception près
quen 2010, avec surtout le même duo dauteurs «
ministériels » bien aguerris à son style, avec un public
de plus en plus conquis par la place que lartiste est en train de se
forger dans le paysage théâtral hexagonal, Amanda Lear est
définitivement atteinte par le virus des planches.
Il faut dire que cette seconde pièce « en gouvernance
républicaine » est écrite de telle façon que chaque
réplique, de préférence courte et concise, fasse
mouche
si ce nest rire.
La parodie des mauvaises raisons à se lancer dans la politique
y est ici rassemblée en une sorte de manifeste à prendre des
vacances forcées au sein du ministère puisque, campagne
électorale oblige, il est nécessaire dêtre sur
la brèche jour et nuit.
Avec force transats, tenues de plage et lampe solaire réunis
secrètement en interne autour delle, cela devrait suffire pour
donner le change médiatique de son « engagement » à
ceux qui seraient tentés de croire à la réputation
dune ministre dilettante.
Et bien entendu, pendant cette période, son équipe de «
brain storming » et autres conseillers ramerait à tout va pour
communiquer à la presse lemploi du temps, les éléments
de langage, les principales lignes directrices du programme dont la candidate
naurait guère envie de sembarrasser inutilement.
Dailleurs, une dizaine de représentations plus en arrière,
licône ministérielle sest même autorisée
à inviter lensemble des élus des deux chambres parlementaires
à venir apprécier, à la Michodière, la charge
ironique inspirée par les fonctions étatiques.
Une quarantaine de députés et sénateurs ont eu
suffisamment dhumour perspicace pour accepter joyeusement cette invitation
se terminant en causerie conviviale lors dun cocktail daprès
spectacle.
Elle est comme çà Amanda Lear, professionnelle jusquau
bout des ongles avec les contraintes de la création artistique et
quelque peu provocatrice dans lexpression formelle.
Ainsi, sous légide dun partenaire, metteur en scène
pouvant faire office également de professeur dramatique, la
comédienne star est assurée dêtre bien encadrée
par la triple présence scénographique de Raymond Acquaviva
qui, en loccurrence, y joue le rôle le plus loufoque et irresponsable
de cette joyeuse bande.
En effet, quand la vie privée et notamment conjugale interfère
avec le protocole et les obligations institutionnelles, il est peu probable
que la vie de candidate puisse demeurer un long fleuve tranquille.
Mais, apparemment, les Français ne détestent pas être
choqués et, en tout cas, nen tiennent pas vraiment rigueur à
ceux de leurs représentants qui dérogent aux principes
légitimes pourvu quil y ait, en contrepartie, lArt et
la Manière
tellement présents en cette opportunité
électorale, ô combien divertissante à la Michodière
!
Theothea le 06/05/16
|
RENDEZ-VOUS
GARE DE L'EST
de & mise
en scène Guillaume Vincent
|
****
Théâtre du Rond-Point
Tel
01 44 95 98 21
|
|
photos
© Giovanni Cittadini Cesi
|
Actuellement, le spectacle vivant fait volontiers preuve dune
appétence pour les « seul(e) en scène »
basés sur une expérience intime liée à un fort
traumatisme ou une pathologie invalidante.
Il est significatif dobserver que ces thématiques
sexpriment en sidentifiant sur les planches de manière
plus ou moins autobiographique.
Ainsi, par exemple,
« Maligne »
se développe en un récit thérapeutique vital engageant
à cent pour cent lexistence de son auteure; par ailleurs
« Les
Chatouilles » trace la métaphore à
peine fictionnelle de lartiste se sauvant par son art dune
pédophilie subie en famille; pareillement
« Une
vie sur mesure » met en scène la
sublimation de lautisme à travers la passion de la batterie
pratiquée à lidentique dans sa propre adolescence par
linterprète; en synthèse parodique
« Ancien
malade des Hôpitaux de Paris » fait
fulgurance hilarante en fédérant les travers universels de
la relation médicale hospitalière universitaire avec le patient
en ressenti instrumentalisé.
Et voici donc « Rendez-vous Gare de lEst »
poursuivant un périple plébiscité depuis 2012, qui fait
résidence printanière au Rond-Point dans la salle Topor totalement
dépouillée et sous grande résonnance à linstar
de tout espace immobilier vide
à lexclusion ici de
lestrade dressée pour le public et de la chaise installée
à lintention de linterprète sappelant Emilie
comme son personnage en souffrance dune « PMD »
autrement dit « Psychose maniaco-dépressive »
autrement intitulée cliniquement
« Bipolaire ».
Ainsi, Emilie Incerti Formentini est la comédienne qui, depuis
la création à La Comédie de Reims, interprète
cette jeune femme, hospitalisée à plusieurs reprises à
Sainte-Anne, acceptant néanmoins durant quelques phases de stabilisation,
une suite dinterviews menés par Guillaume Vincent lors de
rendez-vous, dans un café proche de la gare de lEst, avec
lintention de questionner le vécu de cette maladie au jour le
jour.
Tirant de ces entretiens un récit recomposé au plus
véridique à destination dun auditoire élargi,
le metteur en scène déclare, a contrario de la réalisation
des spectacles cités plus haut, avoir délibérément
élevé une barrière hermétique entre la patiente
et lartiste la représentant sur scène, de façon
à préserver la subjectivité de la projection et, par
conséquent, sa personnalisation émotionnelle.
Le travail consiste notamment à maintenir la bonne distance en
évitant de surjouer afin de permettre au spectateur délaborer
librement son propre imaginaire au cours des cycles récurrents
dexcitation intense et de dépression profonde.
Ceci dit, en référence au texte lui-même, il nous
a semblé que les bénéfices secondaires paraissent prendre
une importance prépondérante dans le quotidien de cette malade,
lui procurant paradoxalement un pouvoir immense sur les évènements
et les gens formant son entourage.
Cependant, il apparaît tout aussi manifeste quEmilie est bel
et bien en détresse patente lorsque, se sentant submergée par
différents signaux sensoriels, elle ne parvient à maîtriser
ceux-ci quen les interprétant de manière
délibérément affabulatoire.
Au cur de cette maladie, se trouve ainsi mis en exergue
limpossibilité à appréhender la
« normalité » autrement quen amplifiant
par excès la perception du « réel » ou
au contraire en laffaiblissant jusquà le dénier.
Néanmoins en pratique, Emilie « la patiente »
paraît être bien encadrée par une équipe médicale
lui permettant dassumer ses propres décisions dans les
périodes où elle savère en mesure de les
prendre.
En contrepoint, le ton distancié à connotation humoristique
adopté par lautre Emilie « la
comédienne » pourrait aisément donner limpression
au spectateur que toutes ces tribulations existentielles ne résulteraient
que dune parodie de la Comédie humaine où chacun pourrait
calquer son comportement psychosocial au gré de son intérêt
immédiat.
Il est indéniablement difficile pour un non soignant professionnel,
confronté à un tel récit par définition totalement
subjectif, de pouvoir faire la part réelle entre ce qui est
« subi » et ce qui est délibérément
« voulu » par la patiente. La clef intrinsèque
de cette maladie se trouve sans doute au sein dun tel nud de
complexités.
En tout état de cause, la performance de la comédienne est
remarquable car, en position assise quasi permanente sur sa chaise, son
phrasé, sa tonalité et ainsi que son expressivité vont
servir de support éminemment productif à la compréhension
interprétative quen fait le spectateur emporté dans les
montagnes russes de la pensée en pleine effusion vacillante.
Theothea le 09/06/16
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ANCIEN MALADE DES
HÔPITAUX DE PARIS
de Daniel
Pennac
mise en
scène Benjamin Guillard
|
****
Théâtre de L'Atelier
Tel 01 46 06 49
24
|
Nominé en « seul(e) en scène » pour
les Molières 2016, Olivier Saladin, le fameux ex-Deschiens, est en
piste depuis près de trois années avec
son « Ancien malade des Hôpitaux de Paris »,
titre prenant tout son sens savoureux au final de la pièce mais qui,
à première vue, nétait pas spécialement
annonciateur dune soirée hilarante et pourtant !
Cest donc Daniel Pennac qui est lauteur de cette pièce,
parue en 2012, aux éditions Gallimard avant que de trouver son trublion
de génie à la hauteur dune folle nuit passée à
travers les services dun CHU, complètement déstabilisés
par un cas tellement atypique quil pourrait fort bien remettre en question
plus dune carrière de mandarin.
Ce conte est à la fois suffisamment délirant pour être
pris en tant que parodie bienveillante à légard de
lInstitution Médicale pétrie de bonnes intentions à
légard des patients dont elle a la charge mais sans jamais oublier
que sa responsabilité engage également la notoriété
des soignants notamment dans leur cursus hiérarchique bardé
de mérites reconnus et sanctionnés par des honneurs professionnels
très convoités.
Et bien entendu le bristol, la prestigieuse carte de visite personnelle
dun de ses futurs détenteurs privilégiés, pourrait
aisément virer à lattrait obsessionnel quun interne
ou « faisant office dinterne » imaginerait se concocter
à la face du monde médusé.
Bref, le fantasme de la reconnaissance par ses pairs est encore la meilleure
motivation que lêtre humain ait à sa portée pour
parvenir à une haute estime de soi-même.
Cest ainsi que durant cette invraisemblable nuit hospitalière,
un candidat, doté de cette soif de vanités mal placées,
va être confronté par un autre de ses congénères,
embarqué de lautre côté du miroir sociétal
mais tout aussi déterminé dans sa perspicacité à
vouloir démontrer, au sein de la chaîne des thérapies,
la réalité dun hiatus qui devrait être lié
à la pertinence du diagnostic appliqué à la souffrance
du patient plutôt quà lambition infinie du chef
de service.
La prestation dOlivier Saladin est plus que remarquable; elle est
même tellement pertinente que son jeu de rôles valsant du
« prétendu malade qui ne se sent pas très
bien » à ceux successifs de tous les responsables en veille
au CHU, cette nuit-là, en situation de responsabilité
partagée, se trouve pour le coup à « mourir de
rire » tant au sens propre que figuré
en tout cas
du point de vue du spectateur abasourdi par tant de « verdicts
sans appel » devant être remis en question dès la
phase thérapeutique suivante.
On le comprend aisément; Olivier Saladin côtoie joyeusement
la pratique médicale durant une heure un quart dhorloge comme
Monsieur Jourdain fait de la prose à son insu et cest
précisément dans cette candeur néophyte que pourra
sopérer le lien improbable entre aspirant chirurgien
& éventuel garagiste, en conséquence du
« rêve identitaire » réalisé de facto
par le patient.
Mais où vont donc se nicher les vocations tardives ?
Theothea le 14/06/16
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