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MISS NINA SIMONE
d'après
Gilles Leroy
mise
en scène Anne
Bouvier
avec Jina Djemba, Valentin de
Carbonnières & Julien Vasnier
|
****
Théâtre du Lucernaire
|
Ce spectacle inspiré par le roman éponyme de Gilles Leroy,
coadapté par la comédienne Jina Djemba et la réalisatrice
Anne Bouvier doit être dabord défini, si le spectateur
souhaite lapprécier à sa juste valeur, par ce quil
nest pas et ne veut surtout pas être, à savoir un biopic
dédié à la chanteuse Nina Simone.
Ceci étant admis et bien compris, il suffit alors de lire la note
dintention de la metteuse en scène pour simprégner
dune « sorte dultime voyage que rien ne peut
arrêter » où celle-ci souhaite créer un univers
onirique porté par la musique, le chant et lintime relation
nouée par lartiste et son intendant fictif.
A ce titre, il est alors pertinent daffirmer que cette création
de théâtre musical est une réussite à la fois
subtile, transgressive et pathétique.
En effet si, sur la scène du Théâtre Rouge, la mezzo
soprane y aborde une dizaine de chansons parmi les plus réputées
de son répertoire, par quelques-uns de leurs extraits ingénieusement
jaugés, cest pour mieux analyser la relation de dépendance
destructrice générée entre lartiste douée
et son double « la femme désappointée » à
travers limage virtuelle de son faire-valoir et souffre-douleur (Valentin
de Carbonnières) affectivement martyrisé et dont
lincarnation romanesque permet de rendre compte des affres de la
bipolarité sans autre perspective que la lente déchéance
de la Diva somatisant une pathologie objective.
Faudrait-il cacher une telle destinée et ne considérer que
la période faste où tous les espoirs de succès étaient
envisageables pour cette Légende du Jazz qui pensait posséder
un charisme similaire à La Callas et souhaitait devenir la première
concertiste classique noire ?
A contrario, percevoir lenjeu tragique dun telle carrière,
où cette ambition initiale fut bloquée par le racisme
institutionnel et que, de ce fait, lalternative « Blues /
Jazz » menant au succès international naurait
été que la conséquence, par dépit, dun
pis-aller artistique de revanche, pourrait effectivement donner à
penser que la maladie maniaco-dépressive de la chanteuse aurait
été ainsi programmée de manière
sociétale.
Au demeurant, le travail de recherche scénographique résultant
de deux années de collaboration intensive entre la comédienne
et sa metteuse en scène, est donc dautant plus abouti si le
spectateur accepte de mettre entre parenthèses son admiration sans
borne pour limmense Nina Simone et dentrouvrir son regard sur
lincommensurable désespoir dans lequel celle-ci fut plongée,
en guise de rançon à son succès absolu mais en
porte-à-faux.
Effectivement, le chant de Nina Simone reste superbement gravé
à jamais dans les mémoires humaines, digitales et autres sillons
vinyles ou numériques
Sans doute dailleurs, pourrait-on se contenter de lécouter
ainsi dans une satisfaction inégalée mais, néanmoins,
il est également passionnant découter la voix très
performante de Jina Djemba, voluptueusement accompagnée
détrangeté par le multi-instrumentiste Julien Vasnier,
venir illustrer les ressorts cachés de la création artistique
au sein de contradictions ô combien paradoxales.
Theothea le 08/05/18
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LES ONDES MAGNETIQUES
de &
mise
en scène David
Lescot
avec
Sylvia
Bergé, Alexandre Pavloff, Elsa Lepoivre, Christian Hecq, Nâzim
Boudjenah, Jennifer Decker, Claire de La Rüe du
Can & Yoann Gasiorowski |
****
Théâtre du
Vieux-Colombier
|
A lheure présente où les ondes
électromagnétiques sont décriées par ceux qui
en craignent la dangerosité de flux à proximité des
antennes relais, il est délicieusement désuet de se replonger
à une époque, encore récente, où celles-ci
étaient peu à peu apprivoisées par des aficionados qui
en revendiquaient le libre accès pour une utilisation radiophonique.
Des antennes émettrices mobiles pouvaient ainsi servir de liens
de transmission pirate à tous les précurseurs qui
sessayaient, dès les années 70, à diffuser sur
ces nouveaux faisceaux hertziens une idéologie marginale en totale
rupture avec le discours institutionnel qui jusque-là sétait
approprié lusage exclusif des ondes.
La décennie 80 débutait ainsi avec le premier septennat
de François Mitterrand accompagné dès les premiers mois
dun souffle libertaire dont la légalisation des radios locales
privées pouvait être le symbole mais qui, par la suite,
mènerait inexorablement au tournant de la rigueur en 1983.
Cest ce contexte qua voulu faire ressurgir David Lescot alors
même que les idéaux de parole libre de lépoque
allaient bientôt se trouver confrontés aux réalités
mercantiles concomitantes.
Cette utopie collective réalisée à laide de
supports techniques, ancêtres des réseaux sociaux actuels, essaimait
alors dans une passion partagée de lémetteur au
récepteur, du speaker à lauditeur et dun quidam
à lautre !
En effet, cette appropriation sociétale avait valeur
demblème en même temps quelle reliait potentiellement
de manière horizontale le citoyen à son alter ego.
Dans un espace bi-frontal recomposé au sein du Vieux-Colombier,
la scénographie dAlwyne de Dardel, délibérément
foutraque, réunit de manière disparate les vinyles, posters,
photos et autres revues vintage disposés sur les murs et quelques
linos encadrant un studio de fortune et sa salle de conférence tout
en formica dédié.
La troupe de la Comédie Française y est représentée
par des pointures enclines à des performances parodiques telles Elsa
Lepoivre, Jennifer Decker, Nâzim Boudjenah, Alexandre
Pavloff ou Christian Hecq pour névoquer ici que
leurs personnages fantasmés dans ce simulacre quarantenaire sous
fréquence modulée.
Que nous reste-t-il donc de cette période à la fois si proche
de nos souvenirs alors même qu'elle est définitivement
révolue ?
Sans doute une nostalgie parfaitement en phase avec un amateurisme de
bon aloi permettant de singer les professionnels de la communication tout
en respirant la soif dune expression sans frontières autres
que celles de limagination au pouvoir.
Cela valait bien lastucieuse création hertzienne dune
pièce de Théâtre sous mise en scène analogique
!
Theothea le 06/06/18
|
LES PARISIENNES
Récital
Revival
mise
en scène Stéphane
Jarny
avec Arielle Dombasle, Helena Noguera,
Mareva Galanter & Inna Modja
|
****
Théâtre des Folies
Bergère
|
Chronique en cours
d'élaboration
« 24 heures sur 24, la vie serait bien dure, si lon
navait pas le Pop-Club avec José Arthur » 43 secondes
de bonheur pour un générique qui a sévi sur les antennes
de France Inter de 1965 à 2005... chanté par Les Parisiennes,
groupe de quatre jeunes femmes constitué par Claude Bolling dès
1963 et perdurant jusque 1970 : Raymonde Bronstein, Anne Lefébure,
Hélène Longuet & Anne-Marie Royer.
Concomitante aux Yéyés, cette formation chorale appuyée
par une musique issue du Jazz fit les beaux jours du renouveau engendré
par les sixties tout en les accompagnant de multiples tubes ayant depuis
imprimé la chanson populaire, ainsi par exemple : « Il fait
trop beau pour travailler », « On fait peur aux
garçons » ou encore « Un tout petit
pantin » adaptation de « Pupett on the string »
de Sandie Shaw.
Cest en 2017 que Laurent Ruquier eut lidée de reformer
le groupe originel en lactualisant avec des personnalités
féminines daujourdhui déjà bien
identifiées et tout en sassurant du bon mariage harmonique de
leurs voix respectives : Arielle Dombasle, Mareva Galanter, Inna Modja &
Helena Noguerra.
Un premier album est sorti en avril avec 15 chansons de lépoque
réinterprétées et arrangées selon les critères
des sonorités contemporaines, annonçant une tournée
hexagonale pour la fin de lannée en cours après avoir
effectué une dizaine de concerts aux Folies Bergère en mai
- juin.
Soutenues par une formation orchestrale à
larrière-scène, les quatre choristes-danseuses
accompagnées dautant de partenaires masculins font ensemble
tout à la fois revue et récital où
légèreté, fantaisie et humour visent le bon tempo et
la bonne dynamique dun tel spectacle revival à sketchs.
Tout en fulgurances comme au Music Hall, le patrimoine initié par
Claude Bolling va revisiter ces formidables années où le baby
boom était en plein adolescence et où linsouciance faisait
office de viatique à la bonne humeur générale
en tout cas, cest le souvenir emblématique quen draine
jusquà nous, la mémoire collective.
Les filles rivalisent en toilettes, coiffures et autres délires
vestimentaires de ces années progressistes; elles sont pimpantes,
souriantes, espiègles tout en préservant un féminisme
davant-garde complice avec la futilité du genre.
Les représentations aux Folies Bergère ont majoritairement
satisfait lengouement et le feeling parisien; reste donc maintenant
à séduire la France profonde à lautomne mais
également lOlympia en décembre.
A suivre donc....
Theothea le 07/06/18
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LA MADELEINE
PROUST
Les Adieux à la Scène
de,
mise
en scène &
avec Lola Sémonin
|
****
Dernière le 3 juin 2018
L'Olympia
|
Après cette tournée d'Adieux à la Scène,
je vais me consacrer à l'écriture et m'offrir ce luxe de prendre
le temps.
Du temps pour lire, pour rêver, pour regarder pousser
les fleurs et tomber la neige.
Du temps pour ne rien faire.
Du temps pour écrire.
J'entendrai toujours vos rires, je vous imaginerai me lire.
Je resterai liée à vous, à toi, merveilleux public
toujours au rendez-vous, que je ne cesserai de remercier.
Moi aussi, comme la Madeleine :
"J'aurais jamais cru que j'allais être vieille si jeune
!"
Lola Sémonin
|
L'IDIOT
de Fiodor
Dostoïevski
mise
en scène Thomas Le
Douarec
avec
Arnaud Denis,
Thomas le Douarec & Gilles Nicoleau en alternance,
Caroline Devismes, Fabrice Scott, Marie Lenoir, Marie Oppert, Solenn Mariani,
Daniel-Jean Colloredo, Bruno Paviot |
****
Théâtre 14
|
Dans ce même Théâtre 14, vingt ans auparavant, Emmanuel
Dechartre prenait le visage du Prince Mychkine selon une
mise en scène de Jacques
Mauclair. Son attitude placide et bienveillante à légard
de son entourage créait une sorte de présence-absence autour
du personnage suscitant en retour une perception détrangeté
distanciée.
En semparant de ce même rôle aujourdhui, Arnaud
Denis compose un être tourmenté subtilement christique mais
davantage interventionniste sur les lacunes dun monde en perdition.
Il y a une dimension messianique dans son interprétation, un peu
comme sil était en charge de toute la misère du monde.
Cependant, le rayonnement du Prince est tel que tous ceux qui
lapprochent ne peuvent éviter de se poser pour eux-mêmes
la question de lindifférence morale face à leurs
intérêts immédiats. En contrepartie sa maladie,
dont non seulement il ne se cache pas mais dune certaine manière
en revendique les troubles, force chacun à se positionner en une
oscillation incessante entre candeur pathologique et hyper sensibilité
éclairée.
De lidiotie caractérisée à la crise
dépilepsie, lensemble du syndrome pourrait être
à charge dune déviance du jugement et rendre ainsi marginale
linfluence du Prince sur les êtres et les choses mais cest
tout le contraire qui se produit:
En effet, parvenu à une période de rémission, celui-ci
est sur le retour dun long traitement psychothérapique en Suisse
afin de rejoindre sa Russie natale et cest donc en convalescent, certes
vulnérable et fragile, quil va reprendre son identité
sociétale, fort de toutes ses découvertes sur lui-même
et sur les autres.
Demblée, cela inspire le respect empathique et cest
ainsi en philosophe par défaut quil renoue avec les comportements
pour le moins contradictoires de ses contemporains.
Que ce soit du côté de ses fréquentations masculines,
Rogojine (Thomas Le Douarec ou Gilles Nicoleau), Lebedev (Bruno Paviot) et
autres généraux de rencontre opportune (Daniel-Jean Colloredo),
cest sur la nécessité de replacer
« lhumain » au centre des valeurs éthiques
que se focalise la mission de Mychkine.
Quant à ses deux fascinations amoureuses du moment, Aglaé
Ivanova (Marie Oppert) et Natassia Philippovna (Caroline Devismes), celles-ci
se partagent les attraits dun homme dont la sensibilité
exacerbée ne peut se résoudre à trancher sans éprouver
doutes, remords et frustrations.
Il faut dire que les deux jeunes femmes, chacune au sein de leurs propres
terrains de conquête, jouent lune avec les sentiments privés,
lautre avec les susceptibilités collectives pour subjuguer plus
ou moins délibérément ce représentant de la gent
masculine pris ainsi dans un étau libidinal duquel il ne parvient
point à se soustraire.
Roman de plus de mille pages, « LIdiot » de
Fiodor Dostoïevski constitue lune des références
existentielles suprêmes de la littérature Russe; sa traduction
et son adaptation théâtrale posent, à chaque nouvelle
création, les mêmes questions dadéquation avec
luvre originelle.
Il apparaît quici la légitimité de la démarche
artistique se concentre en une seule et même personne: En effet, Thomas
Le Douarec assume à la fois le texte francophone et la mise en scène
théâtrale, tout en jouant le rôle de Rogojine, frère
du prince, en alternance.
Son axe dramaturgique essentiel est celui « dun homme
tendu vers le bien mais harcelé par le mal ». Sa conviction
idéologique admettrait que « Sans la foi, lhomme est
une fatalité pour lhomme
Même quand il est bon
! » En bref, il souhaiterait que le spectateur sorte de
la salle « réveillé ».
Mission pleinement accomplie sous linterprétation
« idéale » dArnaud Denis et lensemble
de la compagnie Le Douarec aiguisée à vif au scalpel du
ressenti.
Theothea le 11/06/18
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