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TOUT VA BIEN
de
mise en scène
avec
Anne
Roumanoff |
****
Théâtre
Olympia
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"Tout va presque
Bien"
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MONSIEUR X
« Monsieur X » Pierre Richard fantasmé par
Mathilda May à LAtelier
de & mise en scène
Mathilda May
avec
Pierre
Richard |
****
Théâtre
de l'Atelier
|
"Je veux créer une pièce à sa dimension, un grand
spectacle hybride où tout est parlant : le geste bien sûr, mais
aussi les images, les objets, la nature, la musique et les sons.
Inspirée par le « personnage » Pierre Richard, jy
invente des rêveries qui se mêlent à la vie de tous les
jours. Le monde de Monsieur X devient alors un endroit doù
surgiraient des événements surréalistes ou drôles,
magiques ou mystérieux, comme un voyage en impression dans un quotidien
qui ne parviendrait pas à en cacher toute labsurdité.
Ainsi s'exprime, dans ses intentions de création, Mathilda May
qui signait ainsi son troisième spectacle en tant qu'auteure - metteuse
en scène après "Open Space" & "Le Banquet" qui,
précisément, avaient emballé Pierre Richard alors même
que celui-ci devenait concomitamment source d'inspiration pour le troisième
opus de la réalisatrice.
En effet, cette entente empathique entre Mathilda May & Pierre Richard
était devenue, en quelques échanges autour d'un verre, comme
un signe de reconnaissance réciproque qui, à cet instant de
leurs parcours professionnels respectifs, leur apparaissait avec la pertinence
et l'évidence d'un dessein artistique à partager en commun.
Mathilda arriverait dans ce spectacle burlesque avec force matériaux
sensoriels qu'elle mettrait au service d'un imaginaire onirique où
vidéo, son, lumières, effets spéciaux, costumes,
marionnettes, accessoires etc... viendraient supplanter le texte dont, à
l'instar des 2 projets précédents, elle ne voudrait s'encombrer
au profit d'un univers où seul le borborygme aurait son mot à
dire.
En effet, à elle seule Mathilda May a inventé un genre
scénographique dont d'illustres prédécesseurs tels Chaplin,
Keaton ou Tati ont tour à tour façonné la conceptualisation
dans une gestuelle universelle et intemporelle.
Peintre d'un quotidien magnifié par la perception sensitive de
son environnement en éveil permanent, l'anti-héros de cette
rêverie serait comme le double du comédien qui l'interprète
surfant au plus près de sa propre sincérité.
Objets inanimés avez-vous donc une âme ? En fait, la question
ne se pose même pas, tout dans ce petit studio sous les combles semble
avoir acquis sa marge d'autonomie au point que chaque déplacement
de chaise, glissement de tiroir, utilisation de balai, ouverture de robinet,
fermeture de verrou... est propice à représentation fantasque,
à surgissement sonore, à actualisation de la mémoire,
bref, tout fait sens dans cet univers où nous ne pénétrons
non par effraction mais sur l'invite d'une main tendue à passer de
l'autre côté du miroir, là où effectivement les
mots ont abandonné leur codification fallacieuse de lien social.
Place désormais à la magie du ressenti dans le labyrinthe
de ses émois contradictoires.
Dans ce placenta originel, Pierre Richard s'avère disponible tel
un poisson dans l'eau ayant ainsi trouvé à 84 ans le
véritable tempo de sa démarche artistique en pleine
adéquation avec son feeling et sa sensibilité
émotionnelle.
Cette rencontre avec l'intuition de Mathilda May est tout simplement
fabuleuse. Parce que c'était elle, parce que c'était lui !...
Tous ceux qui auront la chance de voir ce spectacle conserveront d'une
façon indélébile l'étonnement de découvrir
la réalité prosaïque comme une simple illusion d'optique
qu'il est urgent de transgresser... pour le salut d'une humanité en
reconquête de ses vibrations internes.
Theothea le 10/01/20
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PIEGE pour Cendrillon
« Piège pour Cendrillon »
dédoublée par lamnésie de son alter
ego
« Piège pour Cendrillon » engluée dans la toile
d'une araignée très noire
de
Sébastien Japrisot
mise en scène
Sébastien
Azzopardi
avec
Alyzée Costes, Nassima Benchicou, David Talbot & Aurélie
Boquien |
****
Théâtre
Michel
En Tournée prochaine
|
C'est dans la salle intimiste en sous-sol du Théâtre Michel
qu'a été repris '' Piège pour Cendrillon '', très
remarqué au Festival Off d'Avignon en Juillet 2018. Le roman éponyme
de Sébastien Japrisot - Grand prix de la Littérature
policière 1963 - avait déjà donné prise à
un film d'André Cayatte en 1965. C'est désormais sur scène
que ce polar labyrinthique décrivant une machination diabolique,
adapté par Aïda Asgharzadeh, nous fait frissonner durant 1 h
30.
Le décor dépouillé de Juliette Azzopardi est efficace,
pratique et très symbolique. Une simple boiserie au papier peint terni
et rougi comme calciné aux larges feuilles semblables à des
flammes présente une béance en son milieu, trace d'un incendie
qui a ravagé la maison cossue du bord de mer, mais surtout cette ample
échancrure matérialise la mémoire fissurée de
la survivante défigurée, au visage reconstruit à coups
de greffes et de chirurgie esthétique, aux mains gantées pour
cacher les brûlures.
Ce mur troué est comme une clé dans ce huis clos essentiellement
féminin qui englobe tous les lieux du récit, toutes les
résurgences qui jailliront au fur et à mesure des investigations
que mènera la jeune victime devenue amnésique et qui tentera
de détricoter les noeuds d'un puzzle alambiqué.
Michèle dite Mi va tenter de mener une enquête pour
redécouvrir qui elle est avec l'aide de Jeanne Murneau, une gouvernante
qui l'a en grande partie élevée. Celle-ci, austère femme
vêtue de noir - ici vénéneuse Aurélie Boquien
- va s'efforcer de réveiller cette mémoire en lambeaux en lui
évoquant des scènes qu'elle a pu vivre autrefois.
Mais Michèle se rend compte que son passé a peut-être
été plus lourd que celui qui lui est révélé
d'autant plus que s'en mêle un avocat peu scrupuleux, amoureux transi
ou manipulateur de service qui embrouille les cartes à souhait,
incarné par un David Talbot assez désinvolte.
Quels étaient les rapports exacts entre Mi, c'est-à-dire
en principe Elle, très riche héritière d'une tante à
la tête d'une immense entreprise de chaussures, récemment
décédée et Dominique, dite Do, fille de la femme de
ménage de la famille et camarade d'enfance, disparue dans
l'incendie.
Pourquoi a-t-elle signé sans réfléchir '' Dominique
Loï '' et non '' Michèle Isola '' sur la fiche d'enregistrement
lorsqu'elle s'est présentée à la réception d'un
hôtel ? Serait-elle Do ? Mais alors pourquoi essaie-t-on de la faire
passer pour Mi.
Mi/Do & Do/Mi telles des notes de musique interchangeables. Mi et
Do deviennent les deux faces d'une même personne. Elle se dédouble
repliée sur son intériorité, confrontée à
elle-même, elle se sent abandonnée, les autres deviennent des
ombres maléfiques. Telle Cendrillon qui a égaré son
soulier de vair, elle perd pied.
Le spectateur est d'autant plus troublé que les scènes
fondamentales sont rejouées en inversant les rôles, alternant
ainsi les points de vue dans de nombreux flash-back qui orientent les souvenirs
de l'héroïne, la Rousse ou la Brune ?
Dans la première partie, Mi, capricieuse peste égoïste
est interprétée avec brio par une subjugante et sensuelle
Alyzée Costes dans sa robe Vichy rose bonbon (costumes Pauline
Yaoua-Zurini) et chaussée d'escarpins rouges, & Do par la piquante
et malicieuse Nassima Benchicou qui rivalisera de perversité et de
perfidie lorsqu'elle endossera la personnalité de Mi en seconde
partie.
A deux, elles se mimétisent mutuellement dans une relation de
dépendance attractive oscillant entre amitié, amour et haine,
se passant de la même façon la main dans les cheveux ou riant
de manière similaire et nous plongent dans le doute absolu.
Le spectateur jongle d'une hypothèse à l'autre, manipulé
par cette quête éperdue d'une vérité qui se
dérobe au fur et à mesure que les indices avancent mais sans
emporter l'entière approbation.
Et si cette quête n'était qu'une terrible introspection !
La rescapée se regardant dans le miroir d'une lucidité coupable
révélée par l'horreur des situations. Car ne serait-elle
pas finalement l'instigatrice d'un crime ou tout au moins la complice d'une
manigance ?
Dans cette pièce, tout est à double facettes : Les personnes
qui entourent la victime, tantôt aimantes tantôt perverses,
tantôt charmantes tantôt maîtres-chanteurs, tout fait double
questionnement : Suis-je Do suis-je Mi, suis-je la riche suis-je la pauvre,
suis-je victime suis-je coupable ? Ou les deux à la fois. L'incendie
provoqué, est-ce un accident ou un assassinat volontaire ? Une chose
appelle immédiatement son contraire, comme un écho dans un
mouvement perpétuel de va-et-vient.
Une musique anxiogène et lancinante avec des effets de lumières
permettent d'installer une atmosphère inquiétante sous un climat
froid, peut-être manque-t-il cependant un zeste de machiavélisme
dans ce thriller à suspense mis en scène par Sébastien
Azzopardi (directeur des Théâtres Michel & du Palais-Royal),
alors que l'avocat joué de manière souvent légère
retire un peu de souffre à ce duel cauchemardesque digne des «
Diaboliques » de Clouzot sur le plan cinématographique.
Telle l'araignée qui tisse sa toile pour capturer ses proies, la
rescapée du drame est prise au piège des rets gluants, à
linstar du spectateur qui se débat tout au long de la pièce
dans ses fils de soie entremêlés. Une vraie pépite
théâtrale complètement dichotomique, truffée de
chausse-trappes !
CatS / Theothea.com le 27/01/20
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DIX ANS APRES
" Dix ans après " Chaises musicales conjugales au
Théâtre de Paris
de
David Foenkinos
mise en scène Nicolas Briançon
avec
Bruno Solo, Mélanie Page & Julien Boisselier
|
****
Théâtre de
Paris
|
Dans le prolongement de " l'heureux élu " où Bruno Solo
& Mélanie Page contribuaient à porter la verve "rentre
dedans" d'Eric Assous, voici qu'aujourd'hui Nicolas Briançon relaye
Jean-Luc Moreau pour inciter le duo de comédiens à mordre là
où ça fait mal, c'est-à-dire au coeur de l'orgueil que
chacun pourrait projeter ou subir, de façon perverse, dans le cadre
d'une relation de couple étendue à un partenaire tiers, en
l'occurrence Julien Boisselier.
Selon le format classique du triangle amoureux ici "inversé", car
mû par un mécanisme de rejet peu banal, voici que les deux
protagonistes mâles vont être tentés de prendre
alternativement leurs distances par rapport au personnage féminin
tant convoité qu'il leur serait respectivement nécessaire de
mettre sur fonction "pause" leur passion libidinale et affective par crainte
de s'y perdre totalement.
Tout se passe comme si ayant rencontré la femme parfaite, ils devaient,
tour à tour, s'en détacher en se permutant judicieusement
auprès d'elle de façon à assurer d'avance leurs propres
retours successifs déjà programmés.
Comme si une certaine forme de lassitude devait se régénérer
provisoirement, durant 10 ans par exemple, voici donc que, par opportunisme
phalocrate, les deux compères pourraient s'entendre comme larrons
en foire mais sans vraiment assumer les motivations de leurs comportements
déviants respectifs pour lun après lautre
conquérir et abandonner l'objet de leur désir le plus cher.
Face à eux, dans une composition remarquable de femme amoureuse,
attentionnée, charmante et sexy, voici Mélanie Page qui, en
toute candeur, subit les assauts de tels revirements dans une égalité
d'humeur confondante tant elle est convaincue de la sincérité
successive du comportement de ses amoureux tellement empressés de
se marier avec elle "pour le meilleur comme pour le pire". Il faut dire
qu'à ce dernier titre, la belle et douce va être pleinement
gâtée en gougaterie !....
Penchant, bien entendu, davantage sur la comédie humoristique que
sur le drame, les trois comédiens vont néanmoins faire la part
belle au réalisme de situations scabreuses que la permissivité
des moeurs contemporaines rend pleinement vraisemblable, tout au moins sur
le plan psychologique.
Combien de temps faudra-t-il tirer sur la corde de l'amour passion, pour
que celui-ci finisse par montrer des doutes sur la pertinence de relations
qui, en définitive, ne font que l'instrumentaliser plutôt que
de le vivifier ?
Sous la direction experte de Nicolas Briancon, les deux mâles jouent
leur partition en tandem de la volte-face à répétitions
se permettant peu à peu les coudées franches tellement leur
petite entreprise en déstabilisation semble promise à un avenir
radieux alors que la gente féminine synthétisée par
Mélanie Page se montre, elle, tellement irréprochable que c'en
est quasiment exaspérant pour ses deux partenaires qui devraient
néanmoins se méfier de l'eau qui dort avant que celle-ci ne
les renvoie mutuellement dos à dos dans les cordes du ring qu'ils
s'étaient, pendant des décennies, complu à installer.
Incarnée, illustrée et reflétée brillamment
par trois interprètes jusqu'au-boutistes, la lâcheté
masculine ne sort pas grandie d'une telle épreuve qu'elle semble
s'être infligée à elle-même pour le simple plaisir
de faire perdurer ou celui de renouveler un désir de possession
pérenne qu'il ne serait effectivement point possible de satisfaire
!
Théâtre le 03 /02/20
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FORUMS
de Patrick
Goujon, Hélène Grémillon & Maël Piriou
mise en scène
Jeanne Herry
avec
Véronique
Vella, Alain Lenglet, Jérôme Pouly, Julie Sicard, Claire de
La Rüe du Can, Bira ne Ba, Élissa Alloula et les voix de Florence
Viala, Suliane Brahim & Tara-Jay Bangalter |
****
Théâtre du
Vieux-Colombier
|
sans chronique publiée
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