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Marie-Paule BELLE

       En    Bref...    etc...Thea     "F. FORESTI /  Les Félins m'aiment bien"

La  Lettre   d'  EN COULISSE  Janv. 05

   

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THEA BLOGS                    Recherche   par mots-clé                    THEA BLOGS

   

DECEMBRE

de  Maury Yeston

mise en scène    David Fischer

 Choix des Chroniques ****

Théâtre du Renard

Tel:  01 42 71 46 50 

 

 - DECEMBRE  - 
  de  Maury Yeston  
  mise en scène: David Fisher  
  avec Isabelle Georges  
  Théâtre du Renard

                    Photo libre de droits  -  production

      

Lorsqu'elle interprétait "Ne me quitte pas" de Jacques Brel dans "Et si on chantait ?", c'était peut-être le seul moment de son précédent spectacle où il était possible de douter de la justesse du sentiment exprimé!...

En effet Isabelle Georges, la surdouée du music-hall que les grandes productions devraient s'arracher alors que celle-ci ne cesse de perfectionner ses compétences d'artiste complète, conservait alors un déficit du tragique inversement proportionnel à un savoir-faire exclusivement positif!...

En osant maintenant s'abandonner sur scène à la souffrance morale, en intégrant la douleur comme une composante pouvant faire partie de sa palette de comédienne, en acceptant de laisser passer sur son visage spontanément souriant les affres du désarroi, en laissant à l'émotion le temps d'installer ses failles jusque dans un regard en peine, Isabelle Georges réussit désormais à crédibiliser l'indicible reliant l'âme du public à la sincérité du sentiment exhibé sous les projecteurs!...

Dans "Décembre" les pas de danse, l'énergie, les paillettes constituent une toile de fond derrière laquelle une femme s'effondre, s'égare, rêve, se cherche pour découvrir de nouveaux liens avec la pulsion de vie!...

Accompagnée au piano par Stan Cramer, selon une inspiration Schubertienne de Maury Yeston, la voix d' Isabelle Georges ose la gravité autant que la sensibilité poétique d'une dizaine de chansons jouant avec l'émoi amoureux à la fois tacite et ludique!...

La mise en scène de David Flesher au Théâtre du Renard suggère une perspective scénique située de l'autre côté du rideau rouge, là où les applaudissements s'estompent dans le brouhaha de la salle qui se vide!...

L'imaginaire peut alors s'évader vers des rencontres improbables mais nourri de vérités fondatrices que la chorégraphe Lilja Hermannsdottir saura accompagner d'une discrète sensualité en ruptures!...

En esquissant son aura, en réfrénant son charisme de show-woman, Isabelle Georges atteint dans l'intimité d'un spectacle pour happy-few, la dimension humaine d'une étoile, c'est-à-dire cet univers où la frustration se sublime en appréciation attisée par l'attente des créations artistiques à venir!...

Theothea le 13/01/05

J'ETAIS DANS MA MAISON ET J'ATTENDAIS QUE LA PLUIE VIENNE

de  Jean-Luc Lagarce

mise en scène    Joël Jouanneau

 Choix des Chroniques ****

Théâtre Cité Internationale

Tel: 01 43 13 50 50

   

 Les Portraits de Cat.S  
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Cinq femmes prostrées dans l'hébétude de l'impensable sont en errance sur le plateau de La Galerie (Cité internationale) tout jonché de feuilles mortes et comme veillées par une chandelle vacillante perdue là-bas dans un coin!...

Eparses quelques caisses, un chambranle d'armoire et rien d'autre que le désespoir, celui qui s'abat sur le destin d'une attente interminable se soldant en définitive par un constat d'échec absolu!..

De la plus ancienne à la plus jeune, Catherine Hiegel, Mireille Perrier, Cécile Garcia-Fogel, Océane Mozas et Sabrina Kouroughli habitent les rôles de lignée familiale avec l'espoir infini du retour du (petit-)fils et frère prodigue autrefois parti en révolte contre le père décédé depuis!...

Et voilà qu'un sac de voyage peut-être même de marin aurait fait irruption ce matin dans la maisonnée à bout de bras d'un zombie semblant parvenir à l'étape ultime d'une vie sans nom!...

Ainsi serait-il revenu celui dont l'attente aurait mystifié ses soeurs, sa mère et sa grand-mère au point d'y consacrer la totalité de leurs ambitions ici-bas!...

Mais alors qu'il repose maintenant plongé dans un sommeil sans sursis isolé dans sa chambre, voici le temps des regrets qui surgit en boomerang de destinées déniées par elles-mêmes sans pouvoir comprendre le sens du sacrifice non identifié!...

A la recherche du temps perdu, il n'y aurait rien eu à trouver!...

Le drame est là, brutal et sans appel!...

Interprétations et distanciation magistrales non sans humour décalé dans le ton et la gestuelle viennent corroborer le texte de Jean-Luc Lagarce dans une mise en scène fantasmatique de Joël Jouanneau, créée l'été dernier à Bussang sur la scène du théâtre du peuple, grande ouverte sur la forêt des Vosges!...

Theothea le 18/01/05

LE NON DE KLARA

de  Soazig Aaron

mise en scène    Carole Drouelle

 Choix des Chroniques ****

Espace Rachi

Tel: 01 42 17 10 38

 

 - LE NON DE KLARA  - 
  de  Soazig Aaron  
  mise en scène: Carole Drouelle  
  avec Delphine Cheverry & Philippe Superbie.  
  Espace Rachi

Photo libre de droits  -  production

      

Etirée telle une sculpture de Giacometti, la marionnette conçue par le scénographe Morgan en s'articulant autour des ressorts et rouages cachés de son squelette est la véritable médiatrice pour l'adaptation au théâtre du texte de Soazig Aaron, prix Emmanuel-Roblès et bourse Goncourt du premier roman 2002.

Autour d'elle et à ses soins, deux comédiens Delphine Cheverry (Angélika) et Philippe Superbie (Alban) vont s'exercer à la maïeutique en coordonnant le (non)retour de Klara à la vie comme dans une réappropriation des affects après le traumatisme absolu!...

Pantin jeté aux camps de la mort, la remontée par paliers à la surface des faits bruts devrait amener la marionnette à  décharger Klara d'un fardeau existentiel pour recouvrer le cours de sa destinée interrompue entre 42 et 45.

Cependant la résistance aux pulsions de vie va empêcher Klara de se frayer la voie vers une résilience progressive. Morte à elle-même, sa volonté déterminée sera de disparaître définitivement du champ des possibles au regard de Victoire, le bébé confié dans l'urgence, trois ans auparavant au départ de la rafle!...

La seule issue supportable serait de faire table rase du passé pour inventer une nouvelle identité en rupture totale avec toute mémoire et toute transmission de vie; néanmoins la romancière conclura cette période: "Klara comme un chantier"!...

A l'espace Rachi à Paris où après Casablanca, Fresnes et Choisy, la mise en scène de Carole Drouelle, jouant avec l'emboîtement et l'ajustement pêle-mêle de tables et autres caisses, permet aux deux comédiens de suivre le journal de bord d'Angélika en confrontant leurs voix entre objectivité et subjectivité!...

Pour un non ou pour un oui ? De l'un à l'autre, si peu à énoncer mais si grave à assumer face à cette quête dans l'indicible!...

Theothea le 20/01/05

LA VERSION DE BROWNING

de  Terrence Rattigan

mise en scène    Didier Bezace

 Choix des Chroniques ****

Théâtre de la Commune

Tel: 01 48 33 16 16

 

 Les Portraits de Cat.S  
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En pénétrant au théâtre de la Commune dans la pénombre d'un amphithéâtre aux pupitres de bois, les prémices des réminiscences scolaires saisissent d'emblée le spectateur plongé dans l'émotion du huis clos éducatif!...

De fait, Didier Bezace ne lui offrira pas d'autre échappatoire que celle de connaître et ressentir les affres subis par Andrew Crocker-Harris, professeur émerite de grec ancien et latin, en proie à une incompréhension de ses pairs le poussant à tomber malade et à s'exclure de l'institution enseignante!...

Si quelques tentatives d'un collègue pragmatique Franck Hunter, professeur de sciences ou celles d'un élève Taplow en retard sur le programme, devraient contribuer à maintenir Andrew la tête hors de l'eau, a contrario une dépression latente cumulée aux assauts indélicats du chef d'établissement et surtout le double jeu de sa propre épouse, vont excercer jusqu'à l'étouffement toute possibilité d'estime de soi, malgré la palette des titres universitaires obtenus au cours de la carrière!...

Ainsi lorsque la sphère privée de nature hypersensible rejoint une vie professionelle carapacée par le savoir en un carcan où la différenciation entre être et paraître n'est plus accessible, le bourdonnement de l'acte ultime semble se rapprocher avec une sourde évidence!...

Dans cette perspective l'auteur aura dû lutter avec ses propres démons pour éviter le piège manichéen soit du happy end soit du ressentiment fatal, en optant pour une issue indécise laissée à l'appréciation subjective du public!...

En effet convaincu que le sens du théâtre doit se prolonger dans celui de la création dramatique, c'est dans l'implicite et la suggestion, préférant le mutisme à la parole que Terence Rattigan cultive l'instinct, selon lui inné, qui autorise le dramaturge au bénéfice d'une schizophrénie sous contrôle, d'être le spectateur de sa propre pièce!...

A l'instar de l'ambivalence régnant sur "La ville dont le prince est un enfant", Didier Bezace va s'emparer de cette incertitude latente pour laisser planer sur les personnages l'équivoque des mots face à la vulnérabilité des consciences!...

Comme si le metteur en scène osait débusquer entre les lignes de la dramaturgie, les forces inconscientes laissées délibérément en friche!...

Theothea le 17/01/05

HEDDA GABLER

de  Henrik Ibsen

mise en scène    Eric Lacascade

 Choix des Chroniques ****

Théâtre de l'Odéon Berthier

Tel: 01 44 85 40 40

 

 Les Portraits de Cat.S  
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Récemment Hedda Gabler était une schizophrène composée par Emmanuelle Seigner sous la direction de Roman Polanski au théâtre Marigny; quant à Isabelle Huppert, elle était la prodigieuse interprète de 4.48 Psychose  mis en scène par Claude Regy aux Bouffes du Nord.

Aujourd'hui Hedda et Isabelle se confondent sous le regard scrutateur de Eric Lacascade aux ateliers Berthier Odéon, comme s'il s'agissait d'une entité en défenses antisismiques!...

Loin de vouloir abolir toutes secousses internes qui mèneraient inéluctablement la femme fatale au geste ultime, le metteur en scène organise symboliquement autour de l'actrice tous les garde-fous censés la protéger d'elle-même pour mieux révéler ce que serait la vacuité d'un projet voué à la seule logique dépressive:

Isabelle Huppert n'est pas, ne sera pas cette Dame aux camélias inaccessible subissant l'idéologie castratrice d'un temps révolu mais davantage cette jeune femme contemporaine mal à l'aise se prenant par inadvertance au jeu des influences là où d'autres joueraient à la roulette russe par désoeuvrement!...

Claudiquant sur des espadrilles à talons incommodes, la comédienne s'emmêle la démarche pour mieux disséminer ses leurres aux quatre coins d'un espace ludique dissimulant l'eau et le feu dans la transparence compacte du verre et sous les oripeaux de canapés médiocres!...

Cernée par un chemin de ronde (dés)annonçant les visiteurs - Jörgen Tesman (Pascal Bongard), Julie Tesman (Elisabetta Pogliani), Brack (Jean-Marie Winling), Eilert Lövborg (Christophe Grégoire), Mme Elvsted (Norah Krief) - en direction ou en partance de la zone d'irradiation, Hedda reçoit leurs doléances ou confidences en brusquant l'opportunité des conflits d'intérêt!...

En tête chercheuse résolue, elle saisira le précieux manuscrit de l'ex-soupirant et néanmoins auteur en devenir pour mieux annoncer dans la dévastation de l'autodafé, suicide et infanticide se masquant à l'avance sous l'acte manqué!...

Un massacre en touches successives que rien n'explique si non par la beauté du geste supputé, comme celui d'une post-adolescente idéaliste, davantage manipulatrice que romantique!...

Isabelle Huppert n'était pas vraiment attendue dans ce registre!...

C'est précisément en déconcertant d'emblée le célèbre drame bourgeois d'Henrik Ibsen qu'après l'entracte, l'ensemble du puzzle tourne ainsi au sacrifice antique pour mieux en célébrer le surréalisme tragique dont l'ensemble des fils non-existentiels se seraient tramés à l'insu de tous!...

Aux rappels, la comédienne a le sourire mélancolique de celle qui, ayant divergé les mécanismes d'un piège trop bien ciblé, renvoit la fatalité en miroir de ceux qui la contemplent!...

Theothea le 19/01/05

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