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ELECTRE / ORESTE
« Electre / Oreste » Jouet des dieux selon Ivo Van
Hove à La Comédie-Française
de
Euripide
mise en scène Ivo Van Hove
avec
Claude
Mathieu, Cécile Brune, Sylvia Bergé, Éric
Génovèse, Bruno Raffaelli, Denis Podalydès, Elsa Lepoivre,
Julie Sicard, Loïc Corbery, Suliane Brahim, Benjamin Lavernhe, Didier
Sandre, Christophe Montenez, Rebecca Marder, Gaël Kamilindi et les
comédiens de lacadémie de la Comédie-Française
Peio Berterretche, Pauline Chabrol, Olivier Lugo, Noémie Pasteger,
Léa Schweitzer |
****
Comédie Française
/ Salle Richelieu
|
|
© Jan Versweyveld coll.
Comédie-Française
|
En point focal, voici le trou noir des pulsions meurtrières sous
forme de bunker monolithique au centre du plateau de la salle Richelieu
annonçant lapogée de cette création sur la scène
antique du Théâtre dEpidaure programmée pour deux
représentations festivalières en juillet 2019.
Entre-temps, aura été projetée sur grand écran
cinématographique (Réseau Pathé Live) la captation du
spectacle en quatre séances dédiées dont la première
en direct.
Ces deux étapes de rencontre supplémentaire sous
présentation différenciée avec un public ainsi
considérablement élargi auront forcément pesé
dans les choix initiaux de réalisation et autres modalités
scénographiques.
En effet, depuis
« Antigone »
en anglais sous linstigation de Juliette Binoche,
« Vu du
pont » dArthur Miller avec Charles Berling et récemment
« Les
Damnés » de Visconti de nouveau à laffiche
de La Comédie-Française, Ivo van Hove tournait autour de son
projet dune Tragédie grecque radicale impliquant le retour aux
sources, celles des dieux de lOlympe présidant aux commandes
de la destinée humaine.
Emergeant de la boue, le voilà donc trônant ce poste de
domination démiurgique, telle une chambre noire révélatrice
dont la porte dentrée aspirerait lensemble des pulsions
menant lêtre humain par le principe violent du désir brut
que la mythologie aura sans doute réussi davantage à attiser
quà réguler.
Bien sûr, le Chur et le Coryphée auront tout le loisir
de danser au seuil de cet accès opaque du Panthéon en des
chorégraphies rituelles accompagnées dun quatuor de
percussionnistes réparti à cour & jardin en fond de scène
afin de tenter damadouer la puissance divine ou ses représentants
mais les arguties prévalant à la défense dElectre
& Oreste auront bien du mal à se faire entendre tant lengrenage
de la violence meurtrière naura cessé de progresser
dintensité alors que le processus de vengeances réciproques
se nourrissant de lui-même naurait en définitive pas
dautre issue que la destruction générale.
Cela aura donc débuté selon lassassinat du père
par lamant de son épouse auquel auront répondu le parricide
puis dans la foulée le matricide et ensuite, comme langoisse
du passage à lacte aura eu inéluctablement des
répercussions sur létat mental de ses commanditaires
et de leurs bras armés, un état de folie sest installé
au sein des protagonistes face auquel Oreste (Christophe Montenez), Pylade
(Loïc Corbery) son ami, et Electre sa sur auront perdu peu à
peu tout sens commun.
Clytemnestre, leur mère haïe & sa sur
Hélène, interprétées successivement par Elsa
Lepoivre chercheront le compromis entre bons sentiments et raison
détat stratégique mais rien ny fera; la haine
engendrée dans la prise de conscience dElectre sera tellement
puissante que sa force de conviction surmontera la multiplicité des
mises en garde.
Suliane Brahim semble ainsi prendre lensemble du drame sur ses
épaules en arpentant les planches avec une furie habitée et
déterminée soulevant les scrupules de son frère comme
fétu de paille.
Tous ainsi englués dans la boue consciencieusement étalée
sur les planches, épaisse, gluante et pénétrante seront
en proie comateuse à ce délire sanguinolent en rouge et noir
dont la différenciation sociale bleu & beige accusera à
peine la dominante symbolique.
Maintenant que la fatalité est parvenue dans le camp des Atrides
devant décider de la manière dexécuter les assassins
de Clytemnestre, voici Apollon (Gaël Kamilindi) venant donner au final
le coup de grâce « salvateur » mais tellement inattendu
à ce stade du processus que lon est en droit de se demander
quel esprit sest vraiment joué des uns et des autres dans cette
vendetta récurrente qui, au demeurant, pourrait sapparenter
davantage à une Fable parodique quà une Tragédie.
Theothea le 12/05/19
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BRONX
" Bronx " Francis Huster magnifie l'excellence au Poche
Montparnasse
de
Chazz Palminteri
mise en scène Steve Suissa
avec
Francis Huster
|
****
Théâtre Poche
Montparnasse
|
Sept années plus tard, le tandem Suissa / Huster reprend son opus
initial afin de l'adapter à l'intimité du Théâtre
de Poche et en extraire une épure que la suppression scénographique
du décor au profit d'un écran de projection en toile de fond
rend de fait plus abstraite et par là même davantage
universelle.
Les deux artistes se complètent pour donner sens à
l'autobiographie de Chazz Palminteri à la manière d'un
« Rocky » que Sylvestre Stallone aurait su
précédemment, de son côté, rendre emblématique
et sensible à tous.
En effet, tel un boxeur dans la foulée de son entraînement,
Francis Huster retrouve ses gants selon une conduite disciplinaire sans
concession lui permettant d'interpréter, d'un coup d'un seul, 18
personnages se fondant en une entité unique grâce à la
magie d'une voix dont l'inflexion sert de palette différenciée,
ainsi qu'à celle d'une fluidité comportementale se substituant
à mille nuances gestuelles de même qu'à une rapidité
d'exécution que le transformisme pourrait consacrer en noblesse de
l'art théâtral.
Paré ainsi d'un talent poussé au-delà des limites
du jeu pour entrer dans une zone d'interprétation où l'instinct
du narrateur se sublime dans l'entendement et donc l'admiration du spectateur,
le comédien agit tel un funambule sur une ligne de crêtes où
l'inspiration exacerbée semble le guider en état
d'apesanteur.
Au service d'une pédagogie où le contradictoire sert d'aiguillon
à l'appropriation d'une expérience que l'enfant doit
nécessairement effectuer par lui-même, voici Cologio propulsé
dans le dilemme où la morale doit se confronter au pragmatisme en
respectant les valeurs de l'humanisme tout en acquérant ses galons
du savoir-faire, tiraillé entre Sunny, chef de gang opportuniste et
Lorenzo, son père éminemment vertueux, ainsi quen subissant
limmersion au sein d'un monde en butte à la médiocrité
générale.
En sept ans Huster & Suissa ont parcouru les multiples étapes
d'une conquête de lêtre scénique en soi que Francis
perçoit désormais comme une boucle se refermant sur une forme
dapogée stylistique.
Bronx serait donc cette pièce qui unirait en un geste créatif,
parce que c'était eux, le metteur en scène et son comédien
au cur dune orbite où, des
Bouffes Parisiens en 2012
au Poche Montparnasse en 2019, le remake aurait agi comme un supplément
d'âme à ce qui était pourtant déjà reconnu
à l'époque comme une performance d'acteur à nulle autre
pareille, devenant ainsi, aujourdhui, à loccasion de cette
re-création, la référence ultime de la perfection
libérée de tout artifice.
Theothea le 29/05/19
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MADEMOISELLE JULIE
« Mademoiselle Julie » Anna Mouglalis
magnétise LAtelier
de
August Strindberg
mise en scène Julie Brochen
avec
Anna
MOUGLALIS, Xavier LEGRAND, Julie BROCHEN |
****
Théâtre de
l'Atelier
|
Dun processus créatif à lautre en 2018, Anna
Mouglalis & Xavier Legrand ont changé de production et de metteur
en scène en charge du projet de cadrer leur « Mademoiselle
Julie ».
En effet, après une première perspective en compagnie de
Gaëtan Vassart dont le teaser laissait apparaître une
scénographie plutôt extravertie, le duo perspicace décide
alors de faire appel à Julie Brochen qui ramène les protagonistes
vers une lutte plus intériorisée où lesprit se
bat, avant tout, contre lui-même.
Depuis le Conservatoire, Anna souhaitait incarner le rôle de la
jeune aristocrate; a contrario, Julie Brochen en sortant de cette même
formation, se méfiait de ce texte quelle jugeait très
noir.
Laspiration récurrente de lune allait néanmoins
convaincre la collaboration active de lautre dautant plus
aisément quayant travaillé récemment sur les
difficultés du couple, laccès à la pièce
de Strindberg apparaissait désormais à Julie Brochen plus
attrayant.
Anna Mouglalis, dont le timbre de voix semble faire écho sensitif
à celui de Fanny Ardant, avait envie de porter haut le désir
perçu du point de vue féminin mais Julie Brochen veillerait
à ce que son partenaire masculin, Xavier Legrand, ait toute latitude
à affirmer lautonomie de sa personnalité.
En effet, sachant que leurs relations homme / femme évolueraient
en permanence dans le contradictoire et le conflictuel, il était important
que chacun soit assuré de sa marge de manuvre.
La malignité de lauteur est davoir réussi à
intriquer les rapports de force entre Julie et Jean, non seulement au sein
de leur pouvoir réciproque de séduction mais surtout en laissant
le jeu de différenciation sociale sexercer dans toutes ses
composantes tirant à hue et à dia à la fois sur la
rationalité, la morale et la respectabilité mais aussi sur
la servilité, la condescendance et linstrumentalisation.
Magnétique, Julie se joue de Jean parce que, bien entendu, elle
sait leffet quelle produit sur lui, elle se rend compte de la
gêne que cela suscite, elle escompte que le statut de domestique mette
celui-ci en porte-à-faux et que labsence paternelle renforce
le trouble sur la confiance déléguée à son majordome;
bref, tout au long de cette nuit de la Saint-Jean, Julie ne boira
« pas uniquement » du petit lait à perturber sans
cesse les repères de la bienséance.
En contrepartie, le valet ne sen laisse point compter. Il a
lexpérience du métier pour lui; ce ne sont pas les
divagations excentriques et alcoolisées dune nymphomane
désorientée par sa rupture sentimentale récente qui
peuvent mettre à mal sa droiture bien quil nen soit pas
moins ce mâle disponible manifestant de plus en plus ouvertement son
objectif démancipation à moyen terme.
Toutefois, comme la dialectique argumentaire peut susciter des tendances
à faire fluctuer les opinions et les convictions de lune et
de lautre, que par ailleurs Kristin, la gouvernante, surveille plus
ou moins la fougue des débats, voire ces ébats, place donc
désormais à la valse du déséquilibre et du
dérapage incontrôlés sur le point de simmiscer
au cur du ring pour sy faire ostensiblement hara kiri.
Julie Brochen, de surcroît en charge scénique du rôle
de la gouvernante, tente de retenir les rênes des deux pur-sang
désemparés.
Saura-t-elle les brider et les faire revenir au petit matin en zone de
réalisme se pointant sous la lumière de laube
quaccompagnera la chanson de Gribouille « Dieu
Julie » ?
De fait, cest Strindberg qui décide de la chute nécessaire
à sa tragédie « naturaliste », mais ce
sont quand même Anna Mouglalis et Xavier Legrand qui auront pris à
témoin limmense scène en profondeur du Théâtre
de lAtelier pour en faire leur terrain de jeu passionné à
la manière dune corrida à dominante feutrée
de préférence.
Theothea le 05/06/19
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KEAN
de
Alexandre Dumas
adaptation Jean-Paul Sartre
mise en scène
Alain Sachs
avec
Alexis
Desseaux, Pierre Benoist, Sophie Bouilloux, Jacques Fontanel,
Frédéric Gorny, Eve Herszfeld, Justine Thibaudat &
Stéphane Titeca
|
****
Théâtre de
L'Oeuvre
reprise Théâtre de l'Atelier
|
Cette fois-ci, cest au Théâtre de lAtelier que,
depuis lautomne, trône Kean, la pièce maîtresse
écrite par Alexandre Dumas en 1836, mise en scène par Alain
Sachs.
Après un succès destime au Théâtre 14
en début dannée, elle avait fait lobjet dune
reprise estivale au Théâtre de lOeuvre. Récoltant
un vrai triomphe, elle est à nouveau programmée jusquau
seuil de lannée prochaine.
Sous-titrée « Désordre et génie », cette
pièce de théâtre se fonde sur la vie dEdmond Kean,
génial comédien britannique (1787-1833) qui connut une immense
popularité en tant quacteur shakespearien et qui, au début
du XIX ème siècle, faisait déplacer les foules londoniennes
pour lacclamer au Théâtre Royal de Druny Lane.
Homme puissant, orgueilleux, cynique et insolent, menant une vie pleine
dexcès et complètement dissolue, se moquant des contingences,
il était surnommé le « cabot divin ».
Il a fortement inspiré Alexandre Dumas qui a créé
ce personnage afin que celui-ci soit interprété par limmense
comédien français de lépoque Frédérick
Lemaître au Théâtre des Variétés.
Un rôle musclé qui, plus tard, attira Pierre Brasseur. Ce
dernier le reprit au Théâtre Sarah Bernhardt, en 1953, après
que la pièce d Alexandre Dumas fut modernisée par le
philosophe existentialiste, auteur de « LEtre et le Néant
», Jean-Paul Sartre.
Puis ce fut au tour de Jean-Paul Belmondo, pour son retour sur les planches
en 1987, de ravir cette forte personnalité avec la faconde et le charisme
quon lui connaît.
Aujourdhui, cest Alexis Desseaux qui incarne ce personnage
au charme dévastateur, hanté jusquà lobsession
par Roméo, Hamlet, Macbeth et consorts. Bien que manquant un peu
dépaisseur, ce comédien en revêt les habits avec
une maîtrise pleine de gouaille impertinente.
Arrogant à souhait, il provoque, fanfaronne, changeant dhumeur
comme de chemise, séduit les femmes qui lentourent, jeune
débutante intrigante, prête à tout (ici séduisante
Justine Thibaudat) ou la comtesse Elena (Sophie Bouilloux, qui surjoue les
coquettes), épouse de lambassadeur du Danemark.
Alexis Desseaux sidentifie-t-il à Kean dans son essence ou
joue-t-il simplement à être le personnage avec la distance
suffisante pour que celui-ci ne lui colle pas à la peau ?
Car la pièce pose la question que Kean, acteur intense, se posait
: quand il interprétait ces rôles, était-il dans le jeu
pur ou était-il lui-même ? « On est acteur comme on est
prince: de naissance » réplique-t-il. Un duo dacteurs pour
cette constante dualité: Le comédien est-il en vérité
lui-même ou bien les divers personnages quil incarne ?
A limagination flamboyante dun Dumas se mêle la
réflexion sartrienne sur « Lêtre et le
paraître » parvenant à submerger Kean qui, torturé
par cette sempiternelle interrogation, explosera en pleine représentation
dOthello.
A la face du public et du prince de Galles, son rival, il chavire et
dévoile les sentiments profonds et cachés dun homme qui
se dissimule constamment sous le masque théâtral.
On passe ainsi de la comédie à la tragédie, de la
fervente adulation et des applaudissements nourris quand il jouait un personnage
aux sifflets désapprobateurs et hostiles quand il se dépouillera
de ses apparats de scène. Soulignons dailleurs les ravissants
costumes de Pascale Bordet qui signe aussi laffiche dun Kean
hautain dans une pose alanguie tenant un verre de vin sur un doigt. Fragile
équilibre avant la chute !
A force de mélanger vie et scène dans la fièvre des
coulisses, Kean finira par perdre ses illusions, il veut être aimé
pour lui-même et non pour une superficielle apparence. Mais nest-il
pas, pourtant, à la hauteur de tous ces grands rôles fascinants
?
Dans une mise en scène fluide qui manquerait un tantinet de relief,
la pièce nous offre avant tout une incroyable variation sur lart
du Comédien, un vibrant hommage à la passion dêtre
acteur et une exploration sur la quintessence du Théâtre comme
jeu de miroirs sur soi-même.
CatS / Theothea.com le 23/11/19
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PETIT ELOGE DE LA NUIT
« Petit éloge de la
nuit » Pierre Richard en céleste plénitude à
La Scala
de
Ingrid Astier
mise en scène Gérald Garutti
avec
Pierre Richard
|
****
Théâtre La
Scala
|
En reprenant ce spectacle initié par Ingrid Astier pour une
création en 2017 avec résidence dun mois au
Théâtre du Rond-Point en salle Topor à moins de cent
places et réussir aujourdhui à séjourner quatre
semaines à La Scala avec une jauge six fois plus importante, Pierre
Richard confirme un véritable tournant dans sa carrière
artistique.
Avec sa gueule de pâtre grecque buriné sous 85 ans
dâge, le comédien a désormais acquis une relative
confiance dans sa nouvelle destinée, bien encouragée par des
rencontres bénéfiques à ses multiples talents dont certains
encore cachés au grand public.
Osera-t-il, en effet, dans quelque temps affronter le rôle du
« Roi Lear » exhorté par Gérald Garutti
non sans avoir mené auparavant à terme le projet enthousiasmant
que lui prépare Mathilda May à la suite de son fameux
« Banquet » consacré par deux récents
Molières ?
Continuant deffectuer ses déplacements urbains en moto et
fort dune forme physique fringante, le voici arpentant, dansant,
virevoltant et même sautant sur et alentours de la vaste scène
quadrilatère balisée en profondeur par un giga écran
où sont projetées fantasmagories et autres songeries nocturnes
concoctées selon des vidéos, films et autres scénographies
illustrées de lumières oniriques ou stellaires.
De méditations embrumées en pensées utopiques, se
décline lunivers de la nuit quune ivresse latente recompose
à souhait selon les états dâme de chaque instant
conceptualisé par la réalisation de Garutti devenu en quelque
sorte ce mentor garant de linter-connectivité entre les deux
faces du Pierrot lunaire & solaire.
Ainsi, Ingrid Astier ayant suscité en 2015 la rencontre entre le
metteur en scène Shakespearien et lacteur
« burlesque », le trio constitua demblée
un triangle créatif que Pierre Richard qualifia disocèle.
A Ingrid, le soin dimaginer et de concevoir leur triple approche
autour de son abécédaire thématique noctambule
(Folio/Gallimard), à Gérald, celui de réunir les
pièces du puzzle littéraire, musical, cinématographique
et surtout théâtral pour engendrer un voyage élégiaque
dédiée à la Nuit, à Pierre, de rendre accessible,
transparent et disponible lensemble de ses dons artistiques pour une
éclosion magistrale.
Alors appelant fort opportunément Poe, Baudelaire, Maupassant,
Desnos, Miller, Neruda, Michaux, Kundera et consorts
à la rescousse
des contemplations, sensations, rêveries et autres spleens engendrés
par les sortilèges de lobscurité vespérale et
symbolisés avec grâce par la flânerie chorégraphique
récurrente de la danseuse Marie-Agnès Gillot, voici quen
point dorgue va apparaître au final, pour une diffusion presque
intégrale, la formidable chanson de Bashung « La nuit je
mens » dabord écoutée dans lintimité
dun poste de radio portatif, amplifiée ensuite à
lensemble du dispositif acoustique de la salle.
Pour célébrer ce moment divin quasi hors du temps réel,
Pierre Richard prend place dans une alvéole échancrée
en plein centre de la scène où il va pouvoir sétendre
« confortablement » dans une écoute délectable
et jubilatoire
cigare et coupe de champagne à la main...
Oui ! Victor Hugo avait effectivement vu juste : « Le rêve
est laquarium de la nuit ! ».
Theothea le 13/06/19
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